Liberté de la presse : 33e place pour la France, un progrès menacé par la loi contre les fake news

Liberté de la presse : 33e place pour la France, un progrès menacé par la loi contre les fake news© LIONEL BONAVENTURE Source: AFP
Pour RSF, le paysage médiatique français est dominé par de grands groupes industriels, une situation entraînant des conflits et faisant peser une menace sur l'indépendance éditoriale

39e en 2017, la France est remontée de six places dans le classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse. Toutefois, l’annonce d’un projet de loi pour lutter contre les fake news inquiète RSF.

Pour son classement 2018 de la liberté de la presse dans le monde, Reporters sans frontières (RSF) a amélioré la note attribuée à la France.

39e en 2017, l'Hexagone occupe désormais la 33e place. Il se place derrière la Norvège (en tête), l'Allemagne (15e) ou l'Espagne (31e) mais devant le Royaume-Uni (40e), les Etats-Unis (45e) ou l'Italie (46e). «Si la presse est globalement libre et plutôt bien protégée par la loi, le paysage médiatique français est largement dominé par de grands groupes industriels dont les intérêts se trouvent dans d'autres secteurs», nuance le communiqué de Reporters sans frontières au sujet de la France.

Autre inquiétude pour RSF, «l’annonce d’un projet de loi pour lutter contre les fausses nouvelles», souhaité par Emmanuel Macron et le gouvernement. Un projet qui «a suscité de vifs débats», selon RSF.

En effet, Christophe Bigot, avocat spécialisé en droit de la presse, faisait remarquer le 4 avril sur notre antenne que ce projet de loi était «inutile» puisqu'il existait déjà en France «des instruments dans le droit de la presse qui permettent de lutter contre ce qu'on appelle les fake news». L'avocat s'était aussi interrogé sur «la constitutionnalité de ce projet de loi» et avait alerté sur les risques d'atteinte à la liberté de la presse eu égard à la difficulté dans certains cas de prouver qu'une information est fausse.

Le texte est actuellement étudié par le Conseil d'Etat et devrait être présenté à l'Assemblée nationale le 11 juin. Le gouvernement s'est fixé pour objectif de rendre le texte opérationnel avant les élections européennes de 2019.

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