Syrie : la France veut (de nouveau) imposer le départ de Bachar el-Assad

Syrie : la France veut (de nouveau) imposer le départ de Bachar el-Assad© Sana Sana Source: Reuters
Bachar el-Assad, président de la Syrie

Le président de la commission de Défense de l'Assemblée nationale, Jean-Jacques Bridey (LREM), estime qu'un maintien au pouvoir de Bachar el-Assad en Syrie, n'est «plus d'actualité»... même si Emmanuel Macron soutenait le contraire en juin 2017.

Alors qu'une intervention militaire en Syrie sous l'égide des Etats-Unis devient de plus en plus concrète, Jean-Jacques Bridey, membre de La République en marche (LREM) et président de la commission de Défense de l'Assemblée nationale, a jugé le 12 avril que l'hypothèse d'un maintien au pouvoir de Bachar el-Assad en Syrie n'était «plus d'actualité», après l'attaque chimique présumée à Douma du 7 avril. «Ça fait sept ans que ça dure, ça fait sept ans que la communauté internationale n'est pas en capacité de trouver des solutions, donc il faudra trouver une solution, mais l'hypothèse que Monsieur Bachar el-Assad reste au pouvoir après ce massacre-là n'est plus d'actualité», a déclaré Jean-Jacques Bridey sur CNews.

«Il faut le punir et il faut démolir, détruire toutes les capacités d'armes chimiques», a ajouté Jean-Jacques Bridey, pour qui l'opération militaire des occidentaux en Syrie «aura lieu». Il a également confirmé la responsabilité de Bachar el-Assad dans l'attaque présumée de Douma, malgré le manque de preuves. Avec ces déclarations, la France semble poursuivre ses zigzags quant à sa position géostratégique en Syrie.

Il y a quelques mois, en septembre 2017, le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, assurait, lors d'une visite en Russie, avoir une position légèrement différente. Il considérait effectivement que le départ de Bachar el-Assad «n’était pas un préalable» mais que celui-ci n'était pas «la solution et l'aboutissement du processus politique» en Syrie. La France semblait alors ménager la chèvre et le chou, estimant que la lutte contre Daesh était prioritaire.

Emmanuel Macron, pour sa part, peu après son élection à la présidence de la République, attestait le 21 juin 2017, dans un entretien pour huit quotidiens européens (Le Figaro, Le Temps, Le Soir, Süddeutsche Zeitung, The Guardian, Corriere della Sera, El Pais et Gazeta Wyborcza) avait signifié sa position. «Le vrai aggiornamento [mise à jour] que j'ai fait sur ce sujet, c'est que je n'ai pas énoncé que la destitution de Bachar el-Assad était un préalable à tout», avait alors déclaré le président français. En outre, il affirmait que «personne ne [lui avait] présenté son successeur légitime». Une prise de position qui tranchait par rapport à celle qu'il avait énoncée lors de sa campagne présidentielle, en prônant «une intervention militaire» contre le président syrien : «Bachar el-Assad n'en est pas à son premier crime. Si les faits se confirment, il faut une intervention militaire internationale [...] On ne peut pas laisser ce qui s'est passé sans sanction», avait-il développé lors d'une émission sur France 2, à propos de l'attaque chimique du 3 avril 2017 dans la ville syrienne de Khan Cheikhoun.

Invité à préciser sa pensée après cette réplique, il l'avait développée en trois points : premièrement, il souhaitait que l'ONU prenne des sanctions contre le gouvernement syrien. Deuxièmement, il souhaitait une intervention «diplomatique» de «toutes les parties», dont la France, afin d'obtenir un départ de Bachar el-Assad. Troisièmement, Emmanuel Macron rejetait l'option d'une intervention unilatérale française en Syrie, mais n'était pas contre une option militaire sous l'égide de l'ONU, contre le gouvernement syrien, ainsi que Daesh.

L'ancien président de la République François Hollande, quant à lui, avait longtemps fait du départ de Bachar el-Assad un préalable à la résolution du conflit syrien, dans une posture ni Daesh, ni Assad. En novembre 2015 à Moscou, il déclarait en effet que le président syrien n'avait «pas sa place dans l'avenir de la Syrie». La France opérerait-elle aujourd'hui un retour à la position «hollandienne» ?

Lire aussi : 2011-2018 : l'évolution de la position française dans le dossier syrien

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