A Paris et en province, journée de mobilisation contre les réformes de Macron

A Paris et en province, journée de mobilisation contre les réformes de Macron© Twitter @Dorian_RTFrance

Le 22 mars, les fonctionnaires et les cheminots seront dans la rue pour protester contre la réforme de la fonction publique et du transport ferroviaire. Une manifestation qui fera figure de test pour Emmanuel Macron et son gouvernement.

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  • La police annonce le chiffre de 115 000 manifestants tandis que la CGT parle de 400 000 personnes mobilisées sur tout le territoire.

  • On arrive à la fin de la manifestation parisienne. Le cortège des cheminots arrive place de la Bastille.

  • Selon les premières estimations de la CGT, les manifestations du 22 mars ont réuni 400 000 personnes en France et 40 000 à Paris.

  • Alors que des heurts ont éclaté en marge de la manifestation parisienne, le défilé se poursuit dans la bonne humeur. Dans les cortèges, l'ambiance est bon enfant. 

  • Une agence d'assurance Axa a été vandalisée en marge de la manifestation.

  • Les affrontements se poursuivent en marge de la manifestation : Des centaines de projectiles ont été lancés sur la police.

  • Deux étudiantes expliquent pourquoi elles manifestent aujourd'hui, dans une interview réalisée par l'Unef lors d'une transmission Periscope.

  • La manifestation arrive à la place de la Bastille.

  • Des gaz lacrymogènes sont actuellement utilisés par la police pour disperser les manifestants.

  • La police utilise des canons à eau pour disperser des groupes de casseurs.

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Le 22 mars sera un véritable test pour le gouvernement. Après avoir réussi la réforme du code du travail – sans trouver sur son passage une opposition frontale massive –, celui-ci devrait être confronté à une mobilisation plus importante.

En effet, toute la fonction publique est appelée à manifester et à faire grève contre les réformes de la fonction publique et du transport ferroviaire. L'enjeu est de taille : faire plier le gouvernement sur les différentes réformes qui menacent, selon les syndicats, le service public. Un motif de colère que réfute notamment le secrétaire d'Etat à la fonction publique, Olivier Dussopt, interrogé par l'AFP : «La qualité du service public n'est pas menacée par les projets portés par le gouvernement.»

Devant ces projets de réforme, les syndicats ont un éventail fourni de revendications :

  • Au sein de la fonction publique, les syndicats réclament le dégel de la valeur du point d'indice (qui sert au calcul de la rémunération), l'abrogation du jour de carence et davantage qu'une compensation de la hausse de la CSG.
  • Ils mettent aussi en garde contre une remise en cause du statut de la fonction publique, avec le recours accru aux personnels contractuels et la mise en place de plans de départs volontaires. «Le gouvernement actuel cherche à faire 13 milliards d’économies d’ici 2022 en supprimant 120 000 postes de fonctionnaires et en lançant un plan de départs volontaires. Cette suppression massive de postes entraînera l’abandon de missions de service public», fustige le syndicat des enseignants SNUipp-FSU.
  • Quant aux cheminots, ceux-ci ciblent l'ouverture à la concurrence de la SNCF – véritable point de départ à la privatisation selon les syndicats – et un transfert aux Régions notamment du financement des lignes peu rentables et fréquentées, «ce qui va entraîner d’immenses inégalités territoriales, une dérégulation tarifaire et des fermetures de lignes en masse», selon un communiqué de Sud-Rail. Les syndicats s'inquiètent aussi de la fin des embauches avec le statut des cheminots ou du fait que ne soit pas abordé le problème de la dette de la SNCF (environ 50 milliards) qui, selon eux, devrait être reprise par l'Etat.

Le cortège des cheminots et les syndicats de fonctionnaires (employés des hôpitaux, enseignants, contrôleurs aériens, etc.), défileront séparément. Plus de 140 manifestations de fonctionnaires sont annoncées en France.

Côté politique, la gauche a retrouvé un semblant d'unité avec un appel commun à manifester d'une douzaine de partis, d'EELV au NPA en passant par le PCF, Generation.s ou La France insoumise, dont le dirigeant Jean-Luc Mélenchon participera au cortège, selon son entourage.

Le Parti socialiste, tenu à l'écart de cette initiative, sera également mobilisé : son nouveau premier secrétaire Olivier Faure, présent, a appelé les militants à rejoindre la manifestation.

En outre, le président du parti souverainiste Les Patriotes, Florian Philippot, a affirmé qu'il participerait à la manifestation nationale.

Si le monde syndical semble, cette fois-ci uni, de même que la classe politique de gauche, reste à savoir si l'opinion publique sera convaincue par les revendications et les grèves, qui impacteront tant l'école que les transports, et si la mobilisation prendra une ampleur similaire au vaste mouvement social de 1995. Le président Emmanuel Macron et son Premier ministre pourront aussi jauger la popularité de leur politique de réformes à tour de bras, un an après leur arrivée au pouvoir.

Dans tous les cas, signe peut-être que l'inquiétude règne au sein de l'exécutif, une bataille de communication a déjà été lancée. Sur France Info, le 18 mars, Bruno le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, avait ainsi prévenu les syndicats que face aux grèves, «oui, nous [le gouvernement] tiendrons». 2018 marquera-t-elle un tournant dans la bataille sociale et politique ?

Lire aussi : Le ministre Jean-Michel Blanquer l'assure, la France n'a «pas besoin de grève»

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