Coups, viol, urine : Tariq Ramadan confronté au témoignage effrayant d’une victime présumée

Coups, viol, urine : Tariq Ramadan confronté au témoignage effrayant d’une victime présumée© Sia Kambou Source: AFP
Tariq Ramadan en 2011

Le 2 février, l’islamologue Tariq Ramadan a été déféré au parquet de Paris en vue d’une mise en examen pour viol après confrontation, le 1er, avec une victime présumée qui a évoqué des faits de viol, violence et humiliation insoutenables.

Passage à tabac, sodomie, viol avec un objet, traction par les cheveux… «Christelle» (nom d'emprunt), victime présumée de Tariq Ramadan en 2009, a accepté de faire face à celui qu'elle considère être son bourreau, durant trois heures et demie d’interrogatoire le 1er février. L’homme a ensuite été déféré au parquet de Paris dans la nuit du 1er au 2 février. La victime présumée, elle, a fait des révélations au magazine Vanity Fair, lui confiant sa version d’une nuit tragique.

Rendez-vous avait été pris le 9 octobre 2009 à Lyon, avant une de ses conférences, au Hilton, dans le bar de son hôtel. Christelle, une femme handicapée par un accident de voiture, convertie à l'islam, et le prédicateur avaient entretenu pendant plusieurs mois une relation virtuelle. Après 30 minutes au bar, il lui aurait demandé de monter dans sa chambre pour plus de discrétion.

Il avait des yeux de fou, la mâchoire serrée qu’il faisait grincer de gauche à droite

Selon Christelle, dans la chambre, la romance virtuelle devient cauchemar. Le prédicateur apparaît la chemise sortie du pantalon. «J’étais glacée d’effroi. Il était droit comme un "i". Il avait des yeux de fou, la mâchoire serrée qu’il faisait grincer de gauche à droite, Il avait l’air habité comme dans un film d’horreur. Terrifiant, terrifiant, terrifiant», s'est-elle remémorée. Elle aurait voulu sortir, il se serait mis à la tabasser en lui donnant des gifles au visage, sur les seins, des coups de poing dans le ventre.

Plus tu vas crier, plus ça va m’exciter et plus je vais cogner 

Elle aurait hurlé et pleuré, il lui aurait rétorqué : «Plus tu vas crier, plus ça va m’exciter et plus je vais cogner donc un conseil : ferme-la.» Il l'aurait sodomisée de force, l'aurait traînée par les cheveux jusqu’à la salle de bain et lui aurait uriné dessus. Puis il serait parti à sa conférence avec les vêtements de Christelle dans un sac, en lui ordonnant : «Sois sage. Je donne des instructions. Si tu fais quoi que ce soit, je serai immédiatement averti et ça se passera mal.» Elle dit avoir attendu qu’il revienne, mais suite à ces faits, elle n’aurait nourri que haine et vengeance envers lui.

Désolé pour ma violence. J’ai aimé. Tu veux encore ? Pas déçue ?

Le lendemain, Tariq Ramadan lui aurait envoyé un message dont elle a montré une capture d’écran à Vanity Fair : «J’ai senti ta gêne... Désolé pour ma violence. J’ai aimé. Tu veux encore ? Pas déçue ?» 

La cicatrice de Tariq Ramadan, un détail troublant 

L’accusatrice est-elle crédible ? Est elle une femme fragile et érotomane susceptible d’inventer de toutes pièces une histoire ? L’avocat de Tariq Ramadan, contacté par Vanity Fair, a dit qu’il ne connaissait pas l’existence de cette femme. Toutefois Tariq Ramadan a bien reconnu avoir entretenu une relation virtuelle avec Christelle. Le Parisien rapporte que l’islamologue a reconnu une relation de séduction mais nié tout acte sexuel. Selon le quotidien, il a bien correspondu avec la victime présumée, il l'a bien rencontrée à Lyon, mais d'après lui leur rencontre n’aurait duré qu’une demi-heure et il ne lui aurait pas demandé de monter dans sa chambre. 

Toujours selon Le Parisien, Christelle a évoqué un détail troublant lors de la confrontation avec Tariq Ramadan du 1er février : une cicatrice sur le corps de l'islamologue, dont elle n’aurait pu connaître l'existence sans l’avoir vu nu. Tariq Ramadan a bien confirmé en être pourvu.

Tariq Ramadan est visé par deux plaintes pour viol et agression sexuelle en France. Il a été mis en garde à vue le 31 janvier «dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte à Paris des chefs de viols et violences volontaires». Le 20 octobre dernier, l'ancienne salafiste devenue militante laïque Henda Ayari avait aussi publiquement accusé l’islamologue suisse de l'avoir violée en 2012. Mais cette dernière a refusé d'être confrontée à lui.

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