Quels sont les quatre prétendants à la direction du Parti socialiste ?

Quels sont les quatre prétendants à la direction du Parti socialiste ?© Charles Platiau Source: Reuters
Qui mènera la bataille la rose au poing ?

Le 27 janvier, le conseil national du Parti socialiste a validé quatre candidatures pour briguer la tête du PS : Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Luc Carvounas et Emmanuel Maurel. Quatre hommes pour quatre lignes politiques distinctes ?

Une bataille de coqs s'ouvre pour prendre le poste de Premier secrétaire du Parti socialiste lors du congrès du 7 et 8 avril. Si la candidature de l'ancienne ministre Delphine Batho a été rejetée faute de parrainages suffisants, celles de Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Luc Carvounas et Emmanuel Maurel ont été validées par la commission préparatoire du congrès, le 27 janvier. L'objectif pour le futur patron du PS : redonner vie à un parti moribond depuis la débâcle des élections de 2017. Toutefois, les quatre prétendants ont-ils de réelles différences idéologiques ? Petite présentation.

Stéphane Le Foll : le plus macronien ?

Proche de François Hollande durant le quinquennat précédent, Stéphane Le Foll a été son ancien ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement entre 2014 et 2017. Il a d'ailleurs toujours assumé cette loyauté.

Assumant durant la campagne présidentielle sa proximité idéologique avec Emmanuel Macron, son acte de candidature en janvier avait suscité logiquement des réactions de la part de certains socialistes. Ceux-ci lui reprochaient d'avoir gagné sa circonscription législative en juin 2017 sans avoir lutté contre un candidat de La République en marche (LREM). L'élu local PS Thomas Puijalon avait d'ailleurs accusé Stéphane Le Foll d'avoir remporté celle-ci pour avoir réussi «à dealer» cette victoire avec le nouveau président de la République.

Toutefois, Stéphane Le Foll a bien tenté de se détacher d'Emmanuel Macron en se montrant critique quant à la réforme de la fiscalité. Le député de la Sarthe propose d'occuper ainsi l'espace entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Et, pour cela, il compte s'appuyer sur sa «notoriété» qui lui donnerait «la force et la solidité pour permettre [au PS] d'être audible dans le débat politique», a-t-il déclaré lors d'une récente rencontre avec des militants à Poitiers, selon des propos relayés par Centre Presse.

En août 2017, pour définitivement tourner la page de la déroute de Benoît Hamon lors de la présidentielle et des législatives, il avait notamment suggéré de changer le nom du Parti socialiste pour «Les Socialistes».

Olivier Faure, le représentant du «club des quadras»

Comme Stéphane Le Foll, Olivier Faure a réussi à résister à la défaite générale des socialistes lors des législatives. Député de la Seine-et-Marne, âgé de 49 ans, il fait partie de cette dizaine de députés socialistes qui appartiennent au «club des quadras» (comme l'appellent les milieux politiques et médiatiques), unis pour remporter le congrès d'avril. Lui ne souhaite pas incarner un espace entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Il préfère récupérer ces socialistes qui se sont peu à peu éloignés du parti pour recréer le grand courant, grappillant par conséquent des deux côtés.

Parmi ses soutiens de poids, Olivier Faure peut compter sur la maire de Lille, Martine Aubry.

Comme Stéphane Le Foll, Olivier Faure défend en partie le quinquennat de François Hollande : «Le cœur de notre identité, hier comme aujourd’hui, c’est la lutte contre les inégalités. Nous en avons fait reculer certaines pendant les années où nous avons gouverné», déclare-t-il dans une interview pour Le Monde.

Son objectif sera clairement «de rompre avec un fonctionnement centré sur le national» et «l'entre-soi "solférinien"» en prenant appui sur les administrations socialistes locales :  «Allez voir ce qui se passe à Nantes, Rennes, Lille, Strasbourg, Paris ou Clermont-Ferrand, dans nos départements ou nos régions, et vous aurez une autre image de ce qu’est la gauche. Il faut s’appuyer sur nos expériences territoriales», assure-t-il.

Luc Carvounas, pour une alliance «arc-en-ciel»

Premier candidat officiellement déclaré, Luc Carvounas avait défendu Manuel Valls durant la primaire socialiste de 2017. Après la victoire de Benoît Hamon, il avait intégré son équipe de campagne pour la présidentielle. Le député du Val-de-Marne souhaite désormais incarner une «ligne social-démocrate, écologique et européenne» avec le «cap du progrès partagé».

Pour Libération, il s'affirme «clair sur les alliances», soit «une union de la gauche, rose, rouge et vert ; une gauche arc-en-ciel». Et pour se démarquer d'Emmanuel Macron, il se déclare «dans l’opposition, point, sans chercher d’adjectif».

Voulant ressusciter la gauche plurielle, victorieuse lors des législatives de 1997, Luc Carvounas assure qu'il entend, en tant que Premier secrétaire, «donner plus de place [aux] militants, [aux] fédérations» et, surtout, «remettre le mandat de maire au cœur [du] projet [socialiste]».

Emmanuel Maurel, le représentant de la ligne Mélenchon-compatible ?

Parmi les quatre candidats, Emmanuel Maurel est peut-être celui qui représente idéologiquement le mieux le courant «frondeur» du dernier quinquennat, celui de l'aile gauche du PS. En effet, Emmanuel Maurel a notamment soutenu Arnaud Montebourg durant la primaire. Libération le présente aussi comme un ami de Jean-Luc Mélenchon et il ne ferme pas la porte à des alliances avec les Insoumis.

Le député européen rappelle que le PS n'est plus la grande force du passé qu'il était et doit donc s'unir avec les autres mouvements de gauche : «Moi aussi, je souhaite que le Parti socialiste redevienne central à gauche, mais aujourd’hui ce n’est pas le cas et on va devoir se rassembler à gauche si on souhaite gagner en 2022», a-t-il notamment confessé à Libération. Pour Le Dauphiné, il ajoute vouloir retrouver l'essence idéologique du socialisme : «Le partage des richesses au cœur de notre identité reste d’actualité. Le PS redeviendra central à gauche s’il renoue avec les classes populaires et moyennes qui se sont détournées de lui. Il ne faut oublier ni d'où l'on vient, ni pour qui on se bat», constate-t-il.

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