Nommée à la tête du Conseil supérieur des programmes, Souad Ayada va-t-elle bouleverser l'école ?

Nommée à la tête du Conseil supérieur des programmes, Souad Ayada va-t-elle bouleverser l'école ?© Martin BUREAU / AFP Source: AFP
L'épreuve du baccalauréat en philosophie, juin 2017

Ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer a amorcé une remise en cause des politiques précédentes. A cet effet, il a nommé Souad Ayada à la tête du Conseil supérieur des programmes. Elle aura notamment la mission de réformer le bac.

La mission s'annonce exigeante pour Souad Ayada. Nommée ce 23 novembre par le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, à la tête du Conseil supérieur des programmes (CSP). La philosophe devra réconcilier les programmes scolaires avec les professeurs.

Souad Ayada aura en effet la charge de contribuer à remonter la place actuellement désastreuse de la France dans les différents classements PISA ou de l'OCDE. Se fiant au modèle d'excellence de Singapour, en tête des classementsJean-Michel Blanquer souhaite ainsi mettre les mathématiques au coeur des programmes. Souad Ayada aura donc probablement la lourde responsabilité de réconcilier les têtes blondes avec cette discpline.

Elle succède à Michel Lussault qui avait démissionné en septembre 2017 pour des divergences idéologiques. Jean-Michel Blanquer lui avait alors rétorqué dans plusieurs médias dont RTL : «Je suis dans un travail d'organisation de l'Education nationale pour que tous les enfants sachent lire, écrire, compter et respecter autrui à la sortie de l'école primaire. Si ça gêne monsieur Lussault, ce n'est vraiment pas grave qu'il s'en aille».

Vers un nouveau bac

Créé en 2013, le CSP a réécrit les programmes de la maternelle jusqu'en troisième, un outil pour la pensée dite «pédagogiste». Jean-Michel Blanquer a même reçu le surnom de l'anti-Najat Vallaud-Belkacem pour son opposition à cette philosophie, appliquée par l'ancienne ministre de l'Education nationale, dont l'un des principaux penseurs est Philippe Meirieu.

D'ailleurs, Florence Robine, ancienne directrice de la Direction générale de l'enseignement scolaire, sous le ministère de Najat Vallaud-Belkacem, résume peut-être le plus clairement le concept central du pédagogisme, lors d'une conférence le 20 septembre 2015 : «Il faut être capable de mettre des élèves en autonomie sans le professeur. Oui, c'est possible. On n'a pas forcément besoin d'un enseignant pour apprendre [...] Les élèves, dans certains cas, apprennent mieux en se parlant les uns les autres qu'en écoutant le professeur.»

Dans cette lignée, la réforme du collège 2016 a été le principal cobaye de cette pensée, intégrant des enseignements interdisciplinaires en classe inversée (où l'enseignant est réduit au rôle d'animateur). Parmi les exemples, les élèves pouvaient s'exerçer à s'imaginer en Harry Potter dans une partie de quidditch. Des enseignements particques interdiscplinaire (EPI) qui avaient pour conséquence logique de réduire le nombre d'heures d'enseignement des matières fondamentales (histoire, français et mathématiques).

Néanmoins, le prochain objectif du CSP sera de se pencher sur les contenus enseignés au lycée et notamment ceux qui sont liés à l'obtention du baccalauréat. En effet, le 16 octobre sur BFMTV Jean-Michel Blanquer avait affirmé vouloir rebâtir le diplôme pour un nouveau bac en 2021.

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