Harcèlement : en pleine affaire Weinstein, les politiques enchaînent les maladresses

Harcèlement : en pleine affaire Weinstein, les politiques enchaînent les maladresses© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT Source: AFP
L'Assemblé nationale en juillet 2017

Depuis la déferlante de scandales d'agressions sexuelles et l'apparition du hashtag «#BalanceTonPorc» sur la toile, les politiques français ont été maintes fois interrogés sur la question. Certains ont eu des réponses pour le moins hésitantes.

Les affaires d'agressions et harcèlement sexuels continuent de défrayer la chronique depuis que le cas du producteur de cinéma hollywoodien Harvey Weinstein a mis le feu aux poudres et l'apparition du hashtag controversé #BalanceTonPorc. Nombreux ont été les hommes politiques à s'exprimer sur la question. Certains ont répondu de manière quelque peu maladroite.  

Jean Lassale : «c'est parti d'une main aux fesses et maintenant, je suis pratiquement un violeur notoire»

Le 15 octobre dernier, l'ex-candidat à la présidentielle Jean Lassale a été accusé par la directrice de la communication du Parti communiste (PCF) Julia Castanier de lui avoir mis une main aux fesses dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

Interrogé sur RTL, Jean Lassale s'est défendu d'une façon plutôt inattendue. S'il affirme n'avoir «aucune mémoire, ni du moment, ni du lieu et surtout du geste», il dit être tellement perturbé par ces accusations qu'il en ferait des cauchemars : «Chaque nuit depuis cette histoire, je me réveille la bouche pleine de bile, je rêve que j'ai la main sur ma mère, la main sur ma sœur, la main sur ma fille», a-t-il déclaré.

«Mille excuses pour celles et ceux que j'ai pu blesser [...] c'est parti d'une main aux fesses et maintenant, par l'inflammation, je suis pratiquement un violeur notoire», a-t-il ajouté avant de conclure : «Ça, ce n'est pas moi, ça me révolte et ça me fait remonter la bile.»

Gérard Collomb : «Oui, ça dépend [...] est-ce qu’il faut dénoncer les pédophiles ?»

Le 19 octobre dernier sur France Info, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb s'est vu demander s'il fallait dénoncer les harceleurs. La réponse fut pour le moins hésitante. Et pas vraiment claire. 

«Oui, ça dépend … enfin, je veux dire qu’entre le fait de pouvoir flirter et le fait de pouvoir harceler, il me semble y avoir des différences. Quand on voyait le producteur de cinéma [Harvey Weinstein], ce n’était pas du flirt, c’était de l’imposition donc là oui il y a une barrière à mettre, et qui doit être mise de manière extrêmement ferme. Je vous signale que la même question s’est posée vis-à-vis des pédophiles : est-ce qu’il faut dénoncer les pédophiles ? Bah à un moment donné, oui. On voit que partout, il faut dénoncer les pédophiles», a déclaré Gérard Collomb.

Michel Sapin : «Il ne faut pas confondre une maladresse avec une agression sexuelle. La maladresse, elle peut arriver à tout le monde.»

L'ex-ministre des Finances de François Hollande avait été accusé en 2016 par les journalistes Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri d'un fait de harcèlement sur la première dont il aurait fait «claquer l'élastique de la culotte», alors qu'elle portait un pantalon taille basse. Interrogé le matin du 24 octobre sur RTL, Michel Sapin a visiblement voulu remettre les choses au clair.

«Il ne faut pas confondre une maladresse avec une agression sexuelle. Il ne faut pas confondre un crime comme le viol avec autre chose. La maladresse, elle peut arriver à tout le monde. On s'en explique et on s'excuse. Mais il ne faut pas tout confondre sinon je pense qu'on porte atteinte à ce combat pour le droit des femmes qui est absolument indispensable», a-t-il déclaré.

Christine Boutin : «La grivoiserie fait partie intégrante de l'identité française.»

L'ancien ministre du Logement Christine Boutin, qui vient d'annoncer son retrait de la vie politique, a estimé lors d'une conférence de presse que le mouvement anti-harcèlement #Balancetonporc était susceptible d'«abîmer» la relation homme-femme. Et d'ajouter que la «grivoiserie» faisait partie de l'identité française. Pour l'ancien ministre du Logement, il est tout a fait regrettable que les femmes en viennent à avoir des «a priori» dès qu’elles reçoivent un compliment.

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