Manuel Valls, futur médiateur de la crise catalane ?

Manuel Valls, futur médiateur de la crise catalane ? © JOSEP LAGO Source: AFP
Manuel Valls lors d'un meeting du Parti socialiste de Catalogne en 2014

Le maire LR de Perpignan a appelé à une médiation française de la crise catalane qui serait menée par l'ex-Premier ministre Manuel Valls. Mais ce dernier a déjà une opinion bien tranchée sur le sujet.

«Il faut une médiation de la France avec des hommes d'Etat comme Manuel Valls. Je fais donc appel à une médiation avec quelqu'un qui a été Premier ministre, qui a une crédibilité et qui a des racines à la fois espagnoles et catalanes, Manuel Valls», a déclaré lors d'un entretien téléphonique à l'AFP le maire de Perpignan Jean-Marc Pujol, concernant l'indépendance de la Catalogne.

Pour Jean-Marc Pujol, il est nécessaire de dépasser les clivages droite-gauche et d'offrir une «sortie par le haut» à la crise en entre Madrid et Barcelone.

Le département des Pyrénées-Orientales a longtemps été une partie de la Catalogne. Il est devenu français en vertu du traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 par les royaumes de France et d'Espagne. Sa population reste attachée à sa culture, mais elle est dans son immense majorité éloignée des revendications indépendantistes qui existent de l'autre côté de la frontière.

Pour Valls, une proclamation d'indépendance de la Catalogne serait «une folie»

Mais, interrogé sur l'indépendance de la Catalogne sur RMC le 6 octobre, l'ancien Premier ministre, natif de Barcelone a déclaré que ce serait «une folie».

«L'Espagne, ça n'a rien à voir avec la France. Ce sont des grandes régions puissantes avec une forte identité. La Catalogne a une autonomie qu'on ne peut même pas imaginer en France. [...] Il y a une vraie autonomie qui est respectée par l'Espagne», a développé Manuel Valls.

«Défaire l'Espagne, c'est-à-dire un Etat-nation [...], c'est défaire l'Europe. Et si on ouvre la boîte de Pandore, demain c'est le Pays basque, et après c'est le Pays basque français, et après c'est l'Italie du Nord, et après c'est la guerre», a jugé le député.

«Je trouve que l'Europe et les dirigeants européens devraient parler de ce qui se passe en Espagne, pas pour être des intermédiaires, mais pour dire ça n'est pas possible», a-t-il jugé.

Tony Blair, un candidat au poste ? 

D'après le site britannique Express.co, l'ancien Premier ministre de Grande-Bretagne Tony Blair se serait proposé comme médiateur dans cette crise. L'intéressé ne s'est pas encore exprimé.

Tony Blair s'est illustré comme négociateur lors des accords du Vendredi Saint avec l'Irlande du Nord en 1998, mais aussi en tant qu'envoyé spécial du Quartet au Moyen-Orient afin de faciliter le dialogue entre Israélien et Palestiniens entre 2007 et 2015. Le bilan de son action sur sept ans a fréquemment été critiqué pour son manque d'avancées concrètes sur le terrain.  

Le gouvernement espagnol avait rejeté le 4 octobre l'appel du président indépendantiste catalan à une médiation tant qu'il continuerait à menacer de faire sécession. Carles Puigdemont avait fait appel à une médiation internationale, affirmant avoir reçu «plusieurs propositions» que Madrid n'avait pas acceptées.

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