Attentat des Champs-Elysées : l’auteur avait été arrêté le 23 février mais libéré faute de preuves

Attentat des Champs-Elysées : l’auteur avait été arrêté le 23 février mais libéré faute de preuves© Reuters TV
Premières images après l'attaque perpétrée le 20 avril au soir à 21h sur les Champs Elysées à Paris.

L'enquête révèle que le terroriste qui a tué un policier sur les Champs-Elysées avant d'être abattu est un Français de 39 ans, qui faisait déjà l'objet d'une enquête antiterroriste. Un second suspect pourrait être lié à l'attaque.

Le 20 avril vers 21h, sur les Champs-Elysées, un homme a ouvert le feu sur un camion de police, tuant un policier avant d'être à son tour abattu par les forces de l'ordre. 

«L'identité de l'attaquant est connue et a été vérifiée», a déclaré devant la presse, près du lieu de l'attaque, le procureur de la République de Paris, François Molins. Mais il s'est refusé à la dévoiler, en raison des nécessités de l'enquête ouverte par le parquet antiterroriste. L'homme a semblé avoir agi seul lors de l'agression, et des investigations sont en cours pour établir «s'il a bénéficié ou pas de complicités», a ajouté François Molins.

Selon des information obtenues par Le Parisien, l'assaillant serait âgé de 39 ans et s'appellerait Karim C. Il était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers et avait été arrêté le 23 février, avant d'être remis en liberté par la justice faute de preuves suffisantes, selon des sources proches de l'enquête.

Une perquisition a été menée le 20 avril au soir à Chelles en Seine-et-Marne au domicile de l'assaillant, titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l'attaque.

Il avait déjà été condamné à plusieurs années de prison pour tentatives d'homicide volontaire sur un policier, un élève gardien de la paix et le frère de celui-ci, lors d'une course poursuite en 2001 en Seine-et-Marne.

Pendant cette course-poursuite, il a percuté une voiture à l'intérieur de laquelle se trouvaient deux personnes, avant de tenter de prendre la fuite à pied. Il a pourtant été rattrapé par le conducteur de la voiture et son frère, élève gardien de la paix, muni d'un brassard «police». Le suspect avait alors tiré deux balles, les blessant grièvement au thorax. Il avait été arrêté peu après et placé en garde à vue sous un faux nom.

Deux jours plus tard, il avait grièvement blessé un policier qui le sortait de sa cellule et dont il avait saisi l'arme, faisant feu à plusieurs reprises.

Il avait reconnu les faits lors de son procès en appel. En première instance en 2003 devant une cour d'assises, il avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Pourtant, en 2005, sa peine a été reduite de cinq ans.

L'attaque a été presque aussitôt revendiquée par Daesh. «L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abou Youssef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique (EI)», selon un communiqué publié par son organe de propagande Amaq.

Pourtant, Karim C. n’a à priori rien à voir avec la Belgique, étant né à Livry-Gargan (Val de Marne) et résidant à Chelles, où la police a fait ses perquisitions.

Le groupe terroriste aurait-il commis une erreur dans son annonce ? Un autre suspect devait-il agir hier ? Les enquêteurs se penchent toujours sur ces questions.

Un second suspect lié à l'attaque ?

Le 21 avril, le ministère de l'Intérieur a indiqué qu'un second homme que les autorités suspectent d'être en lien avec l'attaque des Champs-Elysées s'est présenté dans un commissariat d'Anvers en Belgique.

«L'homme faisant l'objet d'un avis de recherche diffusé par les autorités belges s'est présenté dans un commissariat d'Anvers», a déclaré à l'AFP, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

D'après les médias belges, le suspect qui s'appelle Youssouf El Osri serait arrivé en France de Belgique le 20 avril au matin par le train Thalys. Le lien de cet homme âgé de 35 ans avec l'attaque des Champs-Elysées n'a pas été confirmée, mais l'hypothèse est sérieusement étudiée.  

Le 20 avril, la police belge avait averti son homologue française de l’arrivée de Youssouf El Osri, originaire de la ville d'Anvers et réputé dangereux.

Dans son message adressé aux autorités françaises, la police belge a révélé qu’au cours d’une perquisition au domicile anversois de Youssouf El Osri, elle avait trouvé un billet de Thalys à destination de Paris réservé pour le jeudi 20 avril à 6h. 

Des cagoules et des armes ont également été retrouvées. Les autorités françaises ont transmis le message vers différents de leurs services avec la mention «Individu très dangereux en route vers la France».

Lire aussi : Paris : Les premières images après des coups de feu sur les Champs-Elysées

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