Trahison pour la gauche, clarification selon LR et le FN : le soutien de Valls à Macron fait réagir
En déclarant qu'il voterait pour le candidat d'En Marche !, l'ex-Premier ministre s'est attiré les huées de ses camarades socialistes. Pour la droite et le FN, ces propos confirment qu'Emmanuel Macron est l'héritier de François Hollande.
L’annonce par Manuel Valls de sa décision de voter Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle – confirmant des rumeurs relayées par la presse depuis plusieurs semaines – est loin d’avoir laissé la classe politique française indifférente.
En premier lieu, le leader d’En Marche a félicité l’ex-Premier ministre pour son soutien. Néanmoins, le candidat à la présidentielle a semblé tenir à se distancier de cet allié potentiellement embarrassant, en soulignant son attachement au «renouvellement des visages [et des] méthodes». Une manière de rappeler que son projet ne correspond pas à la simple poursuite du quinquennat Hollande.
Sur Manuel Valls "Je serai et je resterai le garant du renouvellement politique et des visages" @EmmanuelMacron#E1Matinpic.twitter.com/Yi8LlA53NF
— Jeunes avec Macron (@JeunesMacron) 29 mars 2017
Chez les socialistes non-vallsistes : colère et écœurement
Les réactions d’indignation et de dégoût ont fusé, à gauche, après la déclaration du 29 mars de Manuel Valls. L’ex-ministre de l’Economie et candidat malheureux à la primaire de la gauche, Arnaud Montebourg, s’est ainsi fendu d’un tweet particulièrement tranchant : «Chacun sait désormais ce que vaut un engagement signé sur l'honneur d'un homme comme Manuel Valls : rien.»
Chacun sait désormais ce que vaut un engagement signé sur l'honneur d'un homme comme Manuel Valls : rien. Ce que vaut un homme sans honneur.
— ☰ Arnaud Montebourg (@montebourg) 29 mars 2017
De même, dans une série de tweets passionnés, le membre du bureau national du Parti socialiste (PS) Gérad Filoche a qualifié Manuel Valls de «traître» et de «reître borné & parjure», et a appelé à son exclusion du parti.
il faut une réunion extraordinaire du Bn et du Cn du PS et exclure Valls et les autres traitres immédiatement, défendre le socialisme et PS
— Gerard Filoche (@gerardfiloche) 29 mars 2017
Valls ni social ni démocrate, reître borné & parjure, au service de l'Ami des Riches (BP)
— Gerard Filoche (@gerardfiloche) 29 mars 2017
Dans la même veine, le député socialiste des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci a dit de l’ex-chef du gouvernement qu’il faisait honte à sa famille politique, tandis que la députée des Hautes-Alpes (PS) Karine Berger a qualifié de «minable» le comportement de Manuel Valls.
L'attitude de #valls est honteuse @BFMTVpic.twitter.com/2YN1dBJYp9
— Patrick Mennucci (@patrickmennucci) 29 mars 2017
Un seul adjectif ce matin pour qualifier le comportement de Manuel Valls : minable
— Karine Berger (@Karine_Berger) 29 mars 2017
«Manuel Valls, en trahissant sa famille politique, montre qu’il n’a peut-être jamais cru en sa famille politique», a de son côté estimé le député des Hauts-de-Seine Alexis Bachelay, soutien de Benoît Hamon, sur BFMTV.
Plus sobre, le chef du PS Jean-Christophe Cambadélis s’est dit attristé par cette nouvelle, et a appelé ses camarades au calme. «Notre candidat, après la primaire et la convention unanime des socialistes, est Benoît Hamon. Il doit représenter tous les socialistes, les radicaux et tous les écologistes», a-t-il également rappelé dans son communiqué, sans évoquer d’éventuelles sanctions contre Manuel Valls.
[CP] Ma réaction suite à la déclaration de Manuel Valls ➡️ https://t.co/p412C21mPWpic.twitter.com/RfwZ75iaLh
— Jean-Chr. Cambadélis (@jccambadelis) 29 mars 2017
Quant à la principale victime des déclarations de Manuel Valls, le candidat du PS Benoît Hamon, il avait dénoncé dès le soir du 28 mars un «ralliement» en forme de tentative de «mise à mort», anticipant l’annonce de son ancien collègue au gouvernement.
A l'issue de cette dernière, le directeur de campagne de Benoît Hamon, Mathieu Hanotin, s’est félicité sur BFMTV que ce «feuilleton insupportable» prenne fin, décrivant le «dernier acte d'une tentative un peu minable de sabotage» de la campagne du vainqueur de la primaire.
Valls «fidèle à ses idées plutôt qu’à son parti» pour le porte-parole d’En Marche !
Du côté des partisans d’Emmanuel Macron, l’interprétation de la décision de Manuel Valls est évidemment tout autre. Le député socialiste et macroniste de l'Eure, François Loncle, a par exemple estimé sur BFMTV que l’ex-Premier ministre avait «plac[é] l’intérêt de la République au-dessus de toute considération». Pour le député, en effet, le candidat d’En Marche ! a plus de chance de contrecarrer un second tour Fillon-Le Pen que Benoît Hamon.
VIDEO - Benjamin Griveaux (En Marche) salue le choix de Valls et critique l'utilité des primaires https://t.co/lvn6KnfsoBpic.twitter.com/tkHidUdLSJ
— BFMTV (@BFMTV) 29 mars 2017
Le porte-parole d’En Marche !, Benjamin Griveaux, s'est quant à lui réjoui (sur BFMTV toujours) que Manuel Valls se soit montré «fidèle à ses idées plutôt qu’à son parti».
Lire aussi : Emmanuel Macron, «porte de sortie» des élus d'un parti socialiste en souffrance ?
Pour la droite, une nouvelle preuve du «hollandisme» de Macron
Les Républicains ont réagi d’une seule voix aux déclarations de Manuel Valls : pour les responsables de droite, celles-ci confirment qu’Emmanuel Macron n’est autre que le perpétuateur du quinquennat Hollande. «Avec le ralliement de Manuel Valls, il est clair désormais que le gouvernement Hollande joue les prolongations. Besoin d'alternance !», a ainsi lancé le candidat de la droite à la présidentielle, François Fillon.
Avec le ralliement de Manuel Valls, il est clair désormais que le gouvernement Hollande joue les prolongations. Besoin d'alternance !
— François Fillon (@FrancoisFillon) 29 mars 2017
De même, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a considéré que le vote annoncé de Manuel Valls pour le leader d’En Marche ! prouvait qu’Emmanuel Macron était bien «l’héritier du hollandisme».
"Avec le soutien de Valls les choses sont claires : Macron est l'héritier du hollandisme" #franceinfo
— Laurent Wauquiez (@laurentwauquiez) 29 mars 2017
Une analyse similaire à celle du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes Eric Ciotti…
Les socialistes qui ont abimé la France autour de #Hollande voient en #Macron l'homme qui va maintenir le système #PolMat@LCPpic.twitter.com/3e7n813ksx
— Eric Ciotti (@ECiotti) 29 mars 2017
… et à celle du député des Français de l’étranger, Thierry Mariani.
Valls votera #Macron ... choix logique! . Chaque jour, la supercherie #Macron devient plus évidente. Dur réveil pour ceux qui le suivront !!
— Thierry MARIANI ن (@ThierryMARIANI) 29 mars 2017
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Mépris des électeurs et pépertuation du système, pour le FN
Les cadres du Front national (FN) ont interprété plus ou moins de la même manière l’annonce de Manuel Valls. «Macron c’est le Système, le bilan, la continuité», a ainsi martelé sur Twitter Florian Philippot, tout en relevant le reniement par Manuel Valls de ses propres engagements.
#Valls : zéro parole vis-à-vis des électeurs de la primaire. Et la confirmation que Macron c'est le Système, le bilan, la continuité.
— Florian Philippot (@f_philippot) 29 mars 2017
«Macron n'est qu'une réincarnation [de François Hollande] !», a estimé Marion Maréchal-Le Pen…
L'ancien 1er ministre de #Hollande votera donc pour l'ancien ministre de l'économie de Hollande. #Macron n'est qu'une réincarnation !
— Marion Le Pen (@Marion_M_Le_Pen) 29 mars 2017
… tandis que pour David Rachline, le candidat d’En Marche ! incarne le «système» et «tous ceux dont les Français ne veulent plus».
Le ralliement de #Valls confirme que #Macron est bien le candidat officiel du système et de tous ceux dont les Français ne veulent plus !
— David Rachline (@david_rachline) 29 mars 2017
Enfin, Nicolas Bay, secrétaire général du FN, a souligné le «mépris du verdict des urnes» dont avait fait preuve Manuel Valls, en refusant de soutenir le vainqueur de la primaire, comme il l'avait pourtant promis.
En apportant son soutien à Macron,#Valls confirme son mépris du verdict des urnes,y compris dans sa propre famille politique #BourdinDirect
— Nicolas Bay (@nicolasbayfn) 29 mars 2017
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