Valls refuse de rallier Hamon et entérine la dislocation de la gauche

Valls refuse de rallier Hamon et entérine la dislocation de la gauche © Philippe Wojazer Source: Reuters

Devant ses soutiens, l'ex-Premier ministre a évoqué le «sectarisme» du candidat de gauche, tandis que ce dernier, en plein JT de TF1 à parlé de «trahison» à son encontre. Au PS, rien ne va plus et Emmanuel Macron pourrait tirer les marrons du feu.

C'est dit : Manuel Valls ne parrainera personne. «Je ne quitte pas le PS mais donner mon parrainage serait une contradiction incompréhensible avec mes engagements», a déclaré Manuel Valls le 14 mars devant 300 partisans à l'assemblée.

L'ex-Premier ministre avait pourtant bel et bien assuré, à l'issue de la primaire, qu'il soutiendrait le candidat vainqueur. Il était question, alors, de rester bon perdant et de ne pas laisser tomber son parti. Mais dans un retournement de situation, le 14 mars, Manuel Valls s'est littéralement déchaîné au sujet Benoît Hamon : «Je ne peux pas me retrouver dans ce que je considère comme une dérive [...] Nous ne pouvons pas accepter une gauche qui se replie sur elle-même et parfois dans une forme de sectarisme.» Les mots sont forts et sonnent comme un véritable affront.

Il a ensuite ajouté : «Nous ne voulons ni du FN, ni d'un second tour Fillon-Le Pen [...], mais que le camp progressiste, la gauche, l'emporte.» N'y aurait-il pas là une allusion à Emmanuel Macron ? Au regard de l'hostilité manifestée par l'ex-Premier ministre envers Benoît Hamon, cela ne serait pas étonnant.

«Trahison» VS «sectarisme» : les termes d'un divorce consommé

Face à ces propos de Manuel Valls, le vainqueur de la primaire de la gauche a eu du mal à cacher sa déception : «Moi, je ne me sens pas trahi, mais sans doute les électeurs de la primaire se sentent-ils aujourd'hui trahis», a affirmé Benoît Hamon.

Et d'ajouter : «Je suis dans une situation particulière, puisque celui que j'ai battu devant les électeurs, selon des modes de délibération parfaitement transparents, décide de ne pas parrainer ma candidature.» Benoît Hamon affirme avoir été «surpris» par la décision de Manuel Valls. «Comment lutter efficacement contre le Front national quand on ne respecte justement soi-même pas le verdict des urnes ?», a-t-il lancé à l'encontre de son ancien rival.

L'ex-Premier ministre n'en démord pas. Ayant vraisemblablement à l'esprit le souvenir de ses déboires avec les frondeurs du PS dont Benoît Hamon faisait partie, il a visiblement du mal à digérer les accusations de trahison à son encontre. «Je n'ai aucune leçon de responsabilité ou de loyauté à recevoir», a-t-il en effet martelé. 

A un peu plus d'un mois du Premier tour de la présidentielle, alors qu'à droite, les candidats, que pourtant tout opposait durant leur primaire, ont décidé d'enterrer la hache de guerre, la gauche, elle, apparaît plus que jamais divisée, minée par ses conflits internes.

Après plusieurs semaines de turpitudes, en plein scandale de l'Affaire Fillon, les Républicains semblent avoir compris que, s'ils voulaient avoir une chance de l'emporter, la dernière des choses à faire était de lâcher le candidat de leur parti.

A gauche, François de Rugy a choisi de rallier Emmanuel Macron, Sylvia Pinel hésite toujours, Manuel Valls quitte le navire. Benoît Hamon, qui a bien du mal à démarrer sa campagne se retrouve pour le moment bien seul. 

Pendant ce temps, Macron snobe les vallsistes

S'il y en a bien un qui peut jubiler, c'est Emmanuel Macron. Le candidat d'En Marche ! a indiqué à plusieurs reprises que son parti restait ouvert à tous ceux qui souhaitaient le rejoindre. Et, devant une telle débâcle de la gauche, il a même pu se permettre quelques petits sarcasmes. 

Interrogé sur l'éventualité de ralliements du côté de Manuel Valls, Emmanuel Macron avait déclaré non sans ironie que son mouvement n'était pas une «maison d'hôtes», ajoutant ne pas vouloir consacrer son temps à parler des vicissitudes de partis qui ne l'intéressaient pas.

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Ce petit tacle aux vallsistes a évidemment entraîné une justification de la part de l'ex-Premier ministre qui, comme pour ne pas perdre la face, a assuré qu'il gardait son indépendance. «Il ne s'agit pas de négocier, de se rallier ou de rejoindre une "maison d'hôte". Ce n'est pas le sujet. Nous devons rester groupés et rassemblés. Sur le fond», a-t-il martelé.

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