Hamon vs Valls : le choc des programmes des deux finalistes de la primaire de la gauche

Hamon vs Valls : le choc des programmes des deux finalistes de la primaire de la gauche© JOEL SAGET Source: AFP
Benoît Hamon et Manuel Valls

Revenu universel, laïcité, loi travail, crise migratoire, cannabis... Les points de désaccord entre les deux vainqueurs du premier de tour de la primaire de la gauche ne manquent pas ! Voici les mesures clés des deux socialistes, thème par thème.

Loi travail : la fracture

La fameuse loi El Khomri est l'un des points de discorde essentiels entre les deux candidats. Si l'ancien Premier ministre, qui a défendu (à coups de 49.3) ce texte, ne souhaite logiquement pas revenir dessus, Benoît Hamon n'est pas de cet avis.

«J'abrogerai immédiatement la loi Travail. Je rétablirai la hiérarchie des normes», a promis l'ex-ministre de l'Education nationale.

Revenu universel : l’étendard d’Hamon

C’est LA mesure phare de Benoît Hamon : un revenu versé sans condition à l’ensemble de la population, devant atteindre, à terme, 750 euros mensuels.

Manuel Valls propose plus modestement de fusionner tous les minimas sociaux en un «revenu décent», accordé sous conditions de ressources aux personnes majeures résidant en France.

Laïcité : Valls le «dur» contre les «accommodements raisonnables» d’Hamon

C’est bien connu, la laïcité est un principe sacré pour l’ex-Premier ministre – si bien que celui-ci compte inscrire dans la Constitution une charte de la laïcité, afin de lutter «contre tous les communautarismes».

A contre-courant, Benoît Hamon prône des «accommodements» avec la laïcité, pour permettre à l’islam en France «de trouver une place semblable à celle des autres religions».

International : la Palestine divise

En matière de relations internationales, Hamon et Valls sont d’accord sur une chose : Donald Trump et Vladimir Poutine constituent une menace pour le monde !

Pour le reste, un dossier oppose clairement les deux hommes : la Palestine. Hamon défend en effet la reconnaissance immédiate d’un Etat palestinien, contrairement à Valls, qui avait lancé en juin dernier, depuis Tel Aviv : « Dire aujourd'hui que nous reconnaîtrons l'Etat palestinien, c'est acter par avance l'échec de notre initiative.»

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Crise des migrants : Merkel comme modèle... ou repoussoir ?

Le «frondeur» Hamon n’a pas du tout apprécié le traitement de la crise des migrants par le gouvernement français, que défend quant à lui – sans surprise – l’ancien Premier ministre. Et le député des Yvelines a fait entendre sa colère, lors d’un meeting en décembre : «Je voudrais dire ma honte, lorsqu'un Premier ministre issu des rangs de la gauche est allé tancer une chancelière allemande […] pour lui dire de ne pas en faire autant dans l'accueil […] des migrants.»

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Cannabis : la légalisation, c’est Hamon

Franche opposition des deux candidats… sur le cannabis. Hamon est pour sa légalisation, «pour tuer tous les trafics», tandis que Valls s'oppose à une telle initiative.

«Si vous légalisez le cannabis, vous aurez un cannabis plus dur», avait assuré, expert, l’ex-chef du gouvernement, lors du deuxième débat de la primaire de la gauche.

PMA : les deux candidats presque d’accord

La procréation médicale assistée (PMA) semble convaincre les deux socialistes : Hamon propose d’ouvrir celle-ci aux couples de femmes, alors que Valls, plus modéré, prône l’organisation d’un débat sur le sujet.

Les deux hommes sont en revanche opposés à la gestation pour autrui (GPA).

Impôts : Hamon contre les robots

Les deux hommes de gauche comptent alléger les impôts des foyers les moins aisés : pour ce faire, Valls entend «poursuivre» la baisse de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes et populaires, tandis qu’Hamon préfère augmenter le nombre de tranches de cet impôt, afin de le rendre plus progressif.

Mais la vraie originalité du député des Yvelines en matière fiscale ne réside pas là : Hamon compte instaurer… une «taxe sur les robots intelligents». Celle-ci viserait à compenser les pertes de cotisations sociales liées au remplacement des humains par des machines.

Ecologie : Valls ne veut pas aller plus loin

L’idée de fiscalité écologique est défendue par Hamon, mais rejetée par Valls. Ce dernier, en outre, soutient le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui a fait l'objet d'intenses mobilisations et de vifs débats à gauche, tandis que son adversaire s’y oppose.

Autre engagement «vert» d'Hamon : sortir du diesel d’ici 2025.

Europe : pour ou contre le Ceta ?

La règle budgétaire européenne – la limitation à 3% du déficit public pour chaque Etat membre –, Valls y est attaché. Hamon, lui, souhaite lancer un moratoire sur le sujet.

Le Ceta (traité de libre-échange UE-Canada) sépare également les deux hommes : Valls est pour, Hamon contre. Tous deux se retrouvent, néanmoins, sur leur opposition au Tafta (le pendant euro-américain du Ceta).

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