Notre-Dame-des-Landes : défilé de bâtons pour défendre la ZAD contre l'aéroport (VIDEO)

© Stephane Mahe Source: Reuters

Des milliers d'opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) se sont rassemblés le 8 octobre sur la «Zad» [Zone à défendre], bâton à la main, pour montrer leur détermination intacte en dépit des rumeurs d'évacuation.

Selon les estimations, la manifestation a regroupé de 12 800 (préfecture) à 40 000 (organisateurs) manifestants. A la fin du mois de février 2016, une autre manifestation, organisée aux alentours de la ZAD, cette zone où doit être construit le nouvel aéroport de Nantes et que les manifestants comptent défendre, avait rassemblé de 15 000 à 50 000 opposants, respectivement selon la préfecture et les organisateurs. 

«Nous sommes plus de 40 000. [...] C'est la preuve que les gens sont déterminés à venir défendre la ZAD si nécessaire», a réagi Dominique Fresneau, coprésident de l'Acipa, principale association d'opposants. «On voulait vraiment faire cette manifestation avant» l'échéance fixée par le gouvernement pour l'évacuation, «les prévenir qu'on serait là», a-t-il précisé.

Cette mobilisation organisée au coeur de la zone d'aménagement différé – une zone de de 1 650 hectares située à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes – se veut une réponse à la menace d'expulsion proférée par les forces de l'ordre.

Peu après 10h, trois cortèges émaillés de pancartes «Ni travaux, ni expulsions» ou «Touche pas à mon campagnol» se sont succédés dans une ambiance bon enfant, pour converger en milieu de journée vers un grand champ proche de la ferme de Bellevue, l'un des soixante lieux de vie de la ZAD, a constaté une journaliste de l'AFP.

«Des bâtons, pas des avions», ont chanté les protestataires de tous âges, le visage souriant mais déterminés. Avant de scander «Nous sommes là, nous serons là», tout en frappant le sol de leurs bâtons, interrompus de temps à autre par le bruit d'un hélicoptère de la gendarmerie survolant la zone.

Marquer la mobilisation

«Nous voulons leur dire [au gouvernement et aux partisans du projet] : "Est-ce que vous avez bien mesuré l'énormité du soutien qu'a la ZAS dans toute la France et au-delà"?», a expliqué à l'AFP Geneviève Coiffard, l'une des organisatrices du rassemblement.

«Le bâton, c'est le bâton du voyage, de la protection, des troupeaux. Ce n'est pas le bâton de la défense. En cas d'agression, on va faire le serment de venir le reprendre», a-t-elle poursuivi, avant de mettre en garde : «On est sur le symbole, mais c'est une détermination sans faille.»

L'ancienne ministre Cécile Duflot a confié à la presse avoir «fait une promesse en plantant [son] bâton comme des milliers et des milliers de personnes venues défendre cette zone humide».

L'opposition à la construction de ce nouvel aéroport est «un combat de longue date des écologistes», a rappelé la candidate à la primaire du parti Europe Ecologie Les Verts (EELV) pour la présidentielle. «La consultation a eu lieu. C'était une défaite pour ceux qui s'opposent à l'aéroport mais ça ne résout pas encore la question», a-t-elle ajouté, citant les recours judiciaires encore en cours et la procédure d'infraction lancée par Bruxelles en 2014.

Autre candidat à la primaire écologiste, Yannick Jadot n'a pas dit autre chose : «Plus le gouvernement envoie le signal tout à fait absurde qu'il faut faire cet aéroport et plus il faut marquer notre mobilisation», a-t-il lancé, prévenant que la France «se mettrait dans l'illégalité à poser le premier caillou».

Les festivités devaient se poursuivre dans la soirée avec des lectures et des concerts. Les opposants ont en outre prévu d'organiser le 9 octobre une «formation géante à la défense» de la ZAD.

En suspens depuis l'automne 2012 et la dernière tentative d'expulsion des «zadistes», les travaux peuvent officiellement démarrer depuis la publication le 14 septembre des derniers arrêtés préfectoraux. Selon les opposants, on n'a jamais été aussi proche d'une décision d'évacuer la ZAD de ses quelque 300 occupants, Manuel Valls ayant promis le démarrage des travaux pour l'automne.

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