Villipendé par Nadine Morano, Rachid Nekkaz va payer une amende anti-niqab dans sa circonscription

Rachid Nekkaz, en juin 2011.© DENIS CHARLET Source: AFP
Rachid Nekkaz, en juin 2011.

Alors que l'ex-ministre de droite a appelé à l'expulsion de l'entrepreneur algérien, connu pour aider les femmes verbalisées pour port du voile intégral en France, celui-ci a décidé de régler une nouvelle amende anti-niqab sur les terres de l'élue.

«En réponse aux graves déclarations de l'eurodéputée Nadine Morano, qui exige l'expulsion de France et le blocage de tous les comptes bancaires de Rachid Nekkaz, ce dernier viendra payer personnellement la 1 171e amende anti-niqab ce vendredi 14 octobre à 15h à la trésorerie de Toul, fief de Nadine Morano dans le département de Meurthe-et-Moselle», a indiqué à la presse l'entrepreneur et homme d'affaires algérien, mardi 12 octobre.

Dans un tweet du lundi 10 octobre, l'eurodéputée du parti Les Républicains (LR) appelait les autorités françaises à interdire de territoire français Rachid Nekkaz, en raison de son engagement à régler les amendes infligées aux femmes portant le burka ou le niqab.

«Ce type de réaction permet au monde de voir le vrai visage de la France»

Contacté par RT, Rachid Nekkaz s'est dit peu affecté par la déclaration de Nadine Morano à son encontre : «Je suis habitué à ce genre de propos depuis quelques années, ça ne me dérange absolument pas. C’est pour ça que j’ai renoncé à ma nationalité française : ce pays a tourné le dos aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité».

L'homme de 44 ans, né en France, est même allé plus loin, se félicitant d'entendre la responsable des Républicains appeler à son renvoi du territoire français : «Je suis très content qu’il y ait ce type de réaction, car de cette façon, le monde entier peut voir quel est le visage de la France en 2016 : un visage islamophobe, un visage qui n'est pas humain».

Selon lui, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy sait pertinemment que l'opinion publique française «n’aime pas le niqab» – ni les personnes prêtes à payer des amendes anti-niqab – et en profite pour «mettre de l'huile sur le feu». Et si vendredi prochain, le 14 octobre, l'homme d'affaires compte payer une énième amende anti-voile intégral dans le fief de l'eurodéputée de droite, à Toul, c'est «pour lui dire qu’elle ne [lui] fait pas peur». 

Rachid Nekkaz, un habitué des coups médiatiques

Le militant algérien est un habitué des polémiques : en août, il s'était engagé à payer lui-même les contraventions au titre d'arrêtés municipaux interdisant le burkini, et avait organisé en septembre une manifestation devant l'appartement d'un dirigeant algérien à Neuilly-sur-Seine, afin d'exiger des explications sur les soupçons de corruption pesant sur ce dernier.

Lire aussi : Rachid Nekkaz : «Les élus français ne veulent plus de l'islam et des musulmans en France»

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