Nucléaire, transports... Quand la radicalisation des salariés touche des secteurs sensibles

Un employé entre dans une zone restreinte de la centrale nucléaire de Flamanville © Benoit Tessier Source: Reuters
Un employé entre dans une zone restreinte de la centrale nucléaire de Flamanville

Depuis les attentats de janvier, les entreprises françaises sont devenues plus sensibles à la présence de salariés radicalisés, surtout lorsqu’il s’agit de secteurs stratégiques comme le nucléaire. La vigilance s'est accrue depuis le 13 novembre.

Lors d'une réunion du Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) qui s’est tenue le 6 octobre dernier, Christophe Quintin, haut-commissaire de défense à la sécurité nucléaire, a affirmé que des employés ne pouvaient désormais plus accéder aux centrales à cause de leur appartenance à la mouvance islamiste radicale.

Cité par le JDD, Michel Lallier, représentant de la CGT au HCTISN, a confirmé que Christophe Quintin avait «bien parlé de radicalisation même si sa réponse était évasive. On ne saura jamais exactement à cause du secret-défense».

Yannick Rousselet, représentant de Greenpeace a déclaré à l’hebdomadaire que le haut-commissaire «a même reconnu que ces gens n'avaient pas commis de délit et qu'il y avait une part d'arbitraire dans leur décision». Une personne par semaine se verrait interdire l’accès aux centrales en moyenne pour motif de dérives religieuses, soit quelques dizaines de cas par an.

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Interrogé sur BFM TV au sujet du phénomène de la radicalisation au sein de la SNCF, Guillaume Pepy, a expliqué que «lorsque les services de lutte antiterroriste repèrent quelqu’un qui est à la SNCF, ils ne donnent pas la fiche S, mais ils donnent l’information que telle ou telle personne doit faire l’objet d’une “mesure particulière”, entre guillemets».

Concernant les mesures prises à l’encontre de ces personnes, le patron de la SNCF précise qu'elles ne se sont «pas licenciées», mais que si elles travaillent sur un «poste d’aiguillage, un service de sûreté armé ou comme conducteur de train», elles sont alors mutées, sans préciser dans quel secteur de l’entreprise.

Le phénomène est aussi prégnant à la RATP, où l’un des kamikazes du Bataclan, Samy Amimour, a travaillé durant 15 mois avant de démissionner en 2012. Interrogé par le Parisien, Jacques Eliez, secrétaire général de la CGT, affirme que ces «problèmes» restent un «épiphénomène», affirmant qu’il «n’y a ni plus ni moins de radicalisation qu’ailleurs».

Pourtant, le quotidien affirme que, selon ses informations, la compagnie serait l’une des sociétés qui emploierait le plus de personnes faisant l’objet d’une fiche S. Jérôme Harnois, directeur de cabinet du PDG de la RATP affirme que «dès que les autorités informent» l’entreprise, elle prend « les décisions qui s’imposent». Un agent de la sûreté a même été licencié à cause d'une décision administrative lui interdisant le port d’arme.

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Parmi les perquisitions administratives menées depuis l’instauration de l’état d’urgence, certaines ont été menée en «zone piste» dans des vestiaires d’entreprise de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Ainsi, des «éléments de prosélytisme avancé et de faibles signaux de radicalisation» ont pu être mis à jour après la fouille de 2 100 casiers d’employés de l’entreprise Servair, une filiale d’Air France, rapporte le Groupement de gendarmerie des transports aériens».

Les locaux des entreprises Air France Cargo et Fedex ont également fait l’objet de perquisitions, qui pourraient déboucher, selon une source aéroportuaire, sur le fait «que les titulaires des casiers suspects se voient retirer leurs badges d’accès à la zone réservée». La même source a précisé qu’après les attentats de janvier, une «dizaine d’employés travaillant sur la plateforme se sont vus retirer leur badge parce qu’ils avaient une pratique religieuse radicale ou étaient en contact avec des radicaux» et qu’une «cinquantaine de premières demandes» de badge ont été refusées après enquête.

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