La France soulève une nouvelle fois la question de la radicalisation islamiste

© Denis Balibouse Source: Reuters

Au lendemain de la série d’attaques terroristes, de nombreuses sources évoquent de multiples prétextes susceptibles d’avoir provoqué cette tragédie. Mais pour Catherine Shakdam, le but des terroristes est de contrarier les musulmans en Europe.

Le président français a déclaré cette après-midi que les attaques de Paris avaient été organisées à l’étranger avec l’aide de tiers à l’intérieur du pays. Mais ce n’est pas une nouvelle pour le gouvernement qui sait depuis longtemps que beaucoup d’Européens sont partis au Moyen-Orient faire le djihad rentrent en Europe. Ces derniers mois, plus de 200 djihadistes seraient rentrés en France.

D’après les estimations, plus de 3 000 Européens luttent aux côtés de Daesh en Syrie et en Irak, dont 1 430 Français. Le renseignement français surveille déjà 3 000 personnes liées aux réseaux radicaux. Jusqu’à 7 000 autres présentent «un risque de radicalisation».

La radicalisation en Europe

A la fin du mois d’octobre, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait déjà révélé qu’en un an et demi, 571 Français avaient rejoint la Syrie ou l'Irak. Il a aussi précisé que 16% des radicalisés étaient des mineurs issus «des milieux populaires, animés par un sentiment de frustration et de haine, développant un goût pour les théories complotistes et le sentiment que les musulmans sont maltraités».

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«Parmi les personnes radicalisées que nous avons identifiées, 16% ont moins de 18 ans, et 85% de ces mineurs ont même rejoint des organisations terroristes en Irak ou en Syrie», a mis en évidence Bernard Cazeneuve.

Mais si le gouvernement ne peut que constater la hausse du nombre des personnes radicalisées, la spécialiste du Moyen-Orient, Catherine Shakdam, croit que le but des terroristes est de contrarier les musulmans en Europe et de les montrer les uns contre les autres.

«Ils savent que la terreur a privé un grand nombre de musulmans de leurs droits et maintenant, ils viennent pour exploiter ce phénomène. Voilà l’idée principale. Comment peut-on pousser les sociétés occidentales contre l’Islam ? Comment faire de l’islam cet agent de l’étranger qu’il faut abattre. Beaucoup de musulmans se sentent aujourd’hui en colère et frustrés parce qu’ils sont contraints de répéter qu’ils ne sont pas associés à cette terreur mais on les blâme quand même pour ces actes terroristes. Beaucoup d’entre eux pourraient décider de sauter le pas, en se disant «si je ne peux pas me faire entendre et bien, je vais devenir celui que tout le monde croit que je suis». Tout le problème est là. La société et les politiciens ont refusé de créer un espace où l’on peut tenir de véritables discussions, constructives, et mettre fin à cette instrumentalisation de la terreur», a-t-elle confié dans une interview sur RT.

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