Charles Beigbeder : la classe politique, obstacle majeur à l'alternance en 2017 ? (VIDEOS)

© Bertrand Guay Source: AFP

Entrepreneur et membre du think tank français Avant Garde, Charles Beibeder livre pour RT France ses recommandations au gouvernement : retour aux frontières nationales, fin de l'ingérence internationale et surtout... Renouveau politique.

«Nous fournissons gratuitement, humblement notre travail à tous ceux qui veulent participer à l’alternance en 2017» prévient d’emblée Charles Beigbeder, présentant son «réseau d’idée», Avant Garde. L’objectif, en revanche, est ambitieux puisqu’il propose de refaire de la France un grand pays. Et pour cela, l’intellectuel annonce qu'il fournit un travail d’analyse et de réflexion à l’opposé des manœuvres politiques et politiciennes.

Les partis politiques sont devenus des machines électorales où on ne pense plus

Entre critique et dialogue avec les formations politiques

Pour le penseur, la classe politique, qui «a tendance à s’auto-reproduire» se pose en véritable obstacle aux réformes dont aurait besoin la France. Et ce ne sont pas les sujets qui manquent, puisque Beigbeder cite, en vrac, terrorisme, crispations identitaires, flux migratoires, école ou encore modèle de famille traditionnel.

En effet, les professionnels de la politique qui enchaînent ou cumulent les mandats empêcheraient le processus de renouvellement, poussant les grands partis à proposer toujours les mêmes mesures tièdes. A l’inverse, déplore-t-il, les positions originales ou iconoclastes peinent à se frayer un chemin dans la sphère du pouvoir.

La classe politique a tendance à s'auto-reproduire

Dès lors, sur différentes questions, Avant-garde se propose de pratiquer le «lobbying», c’est-à-dire de faire remonter l’information aux politiques. Pour cela, le groupe de réflexion prône le dialogue avec des personnalités ouvertes, même issues de grands partis, tels que Laurent Wauquiez des Républicains ou Nicolas Dupont-Aignan de Debout La France.

Politique étrangère «chaotique» et ingérence «contre-productive»

Concernant les positions internationales adoptées par la France, celles-ci sont tout bonnement «chaotiques», déplore Beigbeder, ajoutant qu’elles ne sont pas sans conséquences négatives. A l'inverse du gouvernement, l’intellectuel en appelle à la prudence et à ne pas agir dans les pays arabes comme il le fait aujourd’hui. Faisant référence à des territoires de non-droits qu’il faudrait reconquérir au sein du pays, il ajoute que le gouvernement ferait mieux de régler ses propres problèmes plutôt que de s’immiscer dans ceux des autres pays. 

Remettons en ordre notre propre jardin avant d’aller voir dans celui des autres

Critique de la politique étrangère et de l'ingérence de la France

Un appel au retour des «vraies» frontières

S’exprimant au sujet du débat sur la déchéance de nationalité, Charles Beigbeder estime que la mesure pourrait être bonne, si les frontières nationales n’étaient pas devenues de véritables passoires dans le cadre de l’espace Schengen, qu’il qualifie en outre d’«échec total». En effet, selon lui, la déchéance de nationalité n’a de sens que dans l’hypothèse où la personne déchue ne pourrait plus, ensuite, revenir sur le territoire.

La déchéance de nationalité aurait un sens si les frontières nationales n'étaient pas des passoires

Dès lors, le Français estime que le gouvernement devrait, dans un premier temps, fermer les frontières afin de protéger ses propres citoyens. A cet égard, il qualifie de «scandale» les déclarations du Premier ministre Manuel Valls au lendemain des attentats du 13 novembre, selon qui les Français devaient se préparer «à d’autres attentats» contre lesquels l'Etat ne pouvait rien faire. Pour Beigbeder, c’est clair :

Valls aurait dû démissionner après avoir tenu ce discours

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Pour autant, le penseur rappelle que sa conception de la fermeture des frontières ne signifie pas un renfermement sur soi-même, comme cela serait communément admis dans la pensée unique. Au contraire, il affiche des convictions économiques purement libérales qu’il estime cohérentes avec des frontières étanches.

Le droit d'asile vient de la chrétienté française

Interrogé sur la crise migratoire traversée par les pays européens, l’intellectuel rappelle que celui-ci vient historiquement de France, lorsque Saint-Louis accorda l’asile aux chrétiens persécutés. Dès lors, il ne prône pas le refus catégorique d’accueillir les réfugiés fuyant les pays en guerre. Au contraire, explique-t-il, il faut continuer à l’accorder, et de manière plus rapide, mais les personnes à qui l’asile est refusé doivent, elles, quitter le territoire.

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«Le FN a un programme économique quasi-marxiste»

Enfin, Charles Beigbeder explique que son think tank propose ses idées à l’ensemble du spectre politique, du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon au Front National de Marine Le Pen. A cette dernière, il reconnaît d’ailleurs une certaine volonté de «coller à la réalité», «comme chez Nicolas Dupont-Aignan», précise-t-il. Toutefois, il ajoute qu’un véritable «océan» sépare le programme économique du FN, qu’il présente comme étatiste et quasi-marxiste, à celui, beaucoup plus libéral, qu’il prône au sein d’Avant Garde.

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