Russie : un premier accord trouvé dans l'affaire Baring Vostok qui laisse espérer la fin du conflit

- Avec AFP

Russie : un premier accord trouvé dans l'affaire Baring Vostok qui laisse espérer la fin du conflit© EVGENIA NOVOZHENINA Source: Reuters
Phillipe Delpal lors d'une audience à Moscou (avec Michael Calvey au premier plan)

Un premier pas a été franchi vers la résolution de l'affaire Baring Vostok, un conflit financier sur fond d'accusation de fraude qui avait provoqué l'emprisonnement, en 2019, d'un Américain et d'un Français.

Un accord a été trouvé ce 28 octobre concernant le volet commercial de l'affaire Baring Vostok. De quoi laisser présager d'une approche plus conciliante de la justice russe dans le volet pénal du dossier. Le banquier russe Artiom Avetissian et le fonds d'investissement Baring Vostok, où travaillaient notamment son cofondateur américain Michael Calvey et son collègue français Philippe Delpal, étaient empêtrés depuis plusieurs années dans un bras de fer au sujet du contrôle de la banque Vostotchny.

Ainsi le banquier et le fonds d'investissements ont annoncé avoir «réglé leur différend commercial», portant sur des accusations de fraude de plus de 2,5 milliards de roubles (environ 27 millions d'euros au taux actuel). Dans cet accord, les parties s'engagent à retirer «toutes les plaintes devant les tribunaux russes et étrangers et à arrêter les arbitrages», ce qui pourrait prendre «environ deux mois». 

Plus tôt dans la journée, la banque Vostotchny, contrôlée désormais par Avetissian, avait indiqué que Baring Vostok rembourserait les 2,5 milliards de roubles, et qu'elle renoncerait ensuite aux poursuites pénales. 

Au cœur de cette affaire réside aussi le destin judiciaire de Michael Calvey, Philippe Delpal et plusieurs de leurs collègues russes arrêtés et placés en détention en février 2019. Si Michael Calvey avait été libéré et placé en détention surveillée dès avril de la même année, Philippe Delpal était resté six mois en prison et reste assigné à résidence depuis. Plusieurs de leurs collègues sont restés encore plus longtemps détenus.

Dans un communiqué commun, cité par l'AFP Artiom Avetissian et Baring Vostok, ont précisé mercredi que l'accord ne «concerne en rien la procédure criminelle» en cours contre les financiers. L'enquête pénale venant de se terminer, le procureur général a d'ailleurs approuvé ce mercredi l'acte d'accusation et a déposé plainte, ce qui pourrait entraîner prochainement le début du procès.

L'affaire a ébranlé les milieux d'affaires

A l'origine de l'affaire: un conflit entre le fonds et un ex-allié, Artiom Avetissian, au sujet d'un investissement dans Vostotchny. Dès le début, Baring Vostok a affirmé que les procédures judiciaires russes étaient une tentative de pression d'Avetissian pour mettre la main sur la banque, insistant sur la nature commerciale et non pénale du litige. 

Ce dossier a secoué les milieux d'affaires occidentaux en Russie et des voix économiques influentes ont soutenu publiquement la cause des deux hommes d'affaires étrangers, investisseurs respectés présents en Russie depuis de nombreuses années. Baring Vostok est pour sa part l'un des plus anciens investisseurs occidentaux en Russie. L'affaire était remontée jusqu'à Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine, qui avait prononcé publiquement des mots conciliants tout en soutenant que la justice devait faire son travail.

Cette affaire «a été un des événements les plus néfastes de l'histoire économique de la Russie et a directement conduit à l'annulation ou à la suspension d'investissements étrangers en Russie», a affirmé à l'AFP Chris Weafer, fondateur de la société de conseil Macro Advisory, spécialiste de la Russie.

Selon Weafer, «le tribunal n'était pas disposé à classer l'affaire pénale, ni même à l'examiner dans un procès tant que le différend initial entre les actionnaires ne serait pas réglé». Celui-ci étant désormais réglé, l'analyste s'attend désormais à ce que «l'affaire soit close» rapidement et que les deux hommes soient libérés de toute obligation judiciaire.

Si Chris Weaer salue le signal «très positif» donné par l'avancée de mercredi, il affirme que les «détails de l'accord» et la «rapidité de la procédure pénale» seront suivis avec intérêt par les milieux d'affaires en Russie, échaudés par les mésaventures du fonds d'investissements.

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