Sondage : les Français favorables à l’âge de départ «pivot» sont ceux qui ne sont plus concernés

Sondage : les Français favorables à l’âge de départ «pivot» sont ceux qui ne sont plus concernés Source: AFP
Des Franciliens attendent leur correspondance sur un quai de la gare de RER de Châtelet-les Halles à Paris le 13 décembre 2019, alors que la France entre dans le neuvième jour de grève contre la réforme des retraites.

Selon un sondage réalisé après la présentation du projet de réforme par le Premier ministre, les Français les plus favorables au projet de réforme sont ceux qui ne sont pas concernés. Mais dans le détail, la confusion règne.

C’est surtout parmi les Français âgés de plus de 65 ans – la classe d’âge la moins directement concernée par le projet de retraite par points – que l’on trouve le plus de partisans (67%) de cette réforme, selon une enquête d’opinion réalisée par l’institut Elabe et publiée le 11 décembre par le site BFMTV.com

Mais parmi ceux âgés de moins de 50 ans, seuls 41 à 45% (selon les classes d’âge) y sont favorables tandis qu'entre 50 et 64 ans les avis sont partagés (49% vs 49%). 

Socialement, 54% des actifs se déclarent opposés à la réforme, mais une séparation se forme entre d’un côté les ouvriers et les employés (56% opposés) et les professions intermédiaires (60% opposés), et de l’autre les professions intellectuelles et supérieures qui sont une courte majorité à se dire favorables (53%). Les salariés du secteur public sont majoritairement opposés à la réforme (65% opposés) alors que ceux du secteur privé sont plus partagés (48% favorables et 52% opposés).

De plus, alors que la majorité des Français (56%), toutes tranches d’âges d’actifs confondues est convaincue que le nouveau système ne permettra pas de bénéficier d’un niveau pension équivalent au système actuel, une autre majorité s’est révélée favorable à la plupart des mesures annoncées – ou promesses faites – par le Premier ministre le 11 décembre.

Clivage générationnel et politique

Une seule de ces mesures est majoritairement refusée (par 54% des Français) : l’«âge pivot», c’est-à-dire un départ possible à 62 ans, mais avec une décote du montant de la pension. Mais les retraités, qui ne seraient donc pas concernés par cette mesure, y sont majoritairement favorables (62%).  

Sur la question de l’«âge pivot» les opinions varient également en fonction des sympathies politiques. Les électeurs revendiqués de François Fillon l’approuvent à 70%, ceux d’Emmanuel Macron à 63%, ceux de Benoît Hamon à 44%, ceux de Marine Le Pen à 35% et ceux de Jean-Luc Mélenchon à 26%.

Enfin, l’étude réalisée par Elabe pour BFM TV montre que la majorité (54%) des Français approuvent le mouvement social, mais que, paradoxalement, 51% souhaitent qu’il prenne fin contre 47% souhaitant sa poursuite.

64% des moins de 24 n'ont pas une idée claire du système actuel

En outre, ce sondage, comme d'autres qui l'ont précédé, laissent deviner une certaine perplexité voire une grande confusion chez les interviewés.

Par exemple, deux études réalisées par l’institut de sondages IFOP en 2018 à peu de temps d’intervalle et sur des échantillons comparables faisaient apparaître des résultats très nuancés par rapport à la question d’un système de retraite par capitalisation.

Selon l’une de ces études, réalisée pour le compte de la Fondation pour l’innovation politique, une seule classe d’âge est majoritairement favorable (52%) à ce système de retraite qui existe notamment aux Etats-Unis – celle des 18-24 ans. Mais cette étude fait aussi apparaître que 64% de cette tranche d’âge déclare avoir une «idée peu claire» ou «pas du tout claire» du système actuel.

On peut légitimement se demander si ce sentiment général de confusion par rapport à ce qui existe, ce qui est connu et ce qui est promis en matière de retraite, n'a pas été entretenu par le principal promoteur du projet de réforme. Ainsi, le 22 novembre, à Nesle, dans la Somme, deux semaines avant le début de la mobilisation, le président de la République Emmanuel Macron avait jugé jugé «étrange» une mobilisation contre une réforme «dont on ne connaît pas les termes exacts». 

 

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