Un gestionnaire de fonds américain prédit la faillite de Tesla dans quelques mois

Un gestionnaire de fonds américain prédit la faillite de Tesla dans quelques mois Source: Reuters
Voitures électriques de la marque Tesla dans leur hall d'exposition à New York (illustration).

Lourdement endettée et peinant à produire, l’entreprise de voitures électriques haut de gamme du milliardaire californien Elon Musk semble mal engagée. Vilas capital prévoit même sa faillite avant la fin de l’été 2018.

John Thompson, gestionnaire du hegde fund (fonds spéculatif) Vilas Capital Management a fait sensation, le 26 mars dernier, en affirmant qu’«à moins qu’Elon Musk ne sorte un lapin de son chapeau», Tesla serait en faillite d’ici quatre mois, c’est-à-dire fin juillet. 

«A un moment ou un autre, les entreprises doivent faire des bénéfices et je ne vois pas cela se produire un jour», a-t-il déclaré au site d’informations financières américain Market Watch, filiale de Dow Jones, précisant : «C’est le pire compte de résultats que j’aie jamais vu et entre les discours et la finance, c’est la finance qui l’emportera dans ce cas précis.»

John Thomson est connu pour n’avoir jamais cru au pari de Tesla qui développe des véhicules électriques haut de gamme. Son fonds spéculatif a ainsi misé sur la baisse du cours des actions de la marque californienne au moyen de ventes à découvert. Appelées «short sale» en anglais, elles consistent à proposer à l’avance des titres (ou devises, ou matières premières) que l’on ne possède pas en anticipant leur baisse. Si à l’échéance du contrat de vente, l’action s’est effectivement repliée, alors le spéculateur gagne la différence entre le prix de l’action au moment où il a émis son contrat et au moment où il doit la fournir au souscripteur de son contrat et donc l’acheter.

En avril, Elon Musk triomphait et raillait dans un tweet les pessimistes en écrivant : «Mauvais temps sur shortville» en référence aux adeptes des fameuses short sales. Le 3 avril 2017, jour de publication de ce tweet, l’action Tesla battait un record historique à 298,25 dollars depuis son introduction en Bourse en 2010. Une simple étape dans une hausse qui devait se prolonger jusqu’en septembre pour atteindre un record absolu à 385 dollars et se maintenir toute l’année au-dessus de 300 dollars.

En Bourse, Tesla vaut autant que Ford en produisant 60 fois moins de véhicules

Pourtant, les propos de John Thompson reposent sur des observations concrètes. Ainsi, il souligne que la valorisation actuelle de Tesla (environ 43 milliards de dollars) est à peu près la même que celle du constructeur automobile Ford. Mais ce dernier a produit six millions de véhicules en 2017 et a réalisé 7,6 milliards de dollars de bénéfices tout en bénéficiant d’une trésorerie solide alors que Tesla n’a vendu que 100 000 voitures et a fini l’année 2017 avec près de 2 milliards de dollars de pertes. Un solde négatif pour la quatrième année consécutive.

Et c'est sans parler des difficultés de Tesla à livrer ses clients, sur le modèle le plus demandé, la Tesla 3, alors que l’attraction intialement exercée par les autres modèles à baissé. C’est en partie pour ces raisons que l’agence Moody’s a annoncé le 27 mars avoir réduit les notes de Tesla dans ses trois catégories de notations. En effet, l’agence estime que le groupe aura de grandes difficultés à lever les fonds nécessaires pour son développement. L'agence de notation a estimé que Tesla aura besoin de plus de deux milliards de dollars d’ici 2019. Enfin, l’accident mortel ayant impliqué la fonction pilote automatique d'une Tesla en Californie, le 23 mars dernier, s’est ajouté à un autre accident mortel datant de 2016. Il a de nouveau attiré l’attention de la National Transportation Safety Board, l’autorité américaine de sécurité routière, qui a annoncé par un tweet, le 27 mars, l’ouverture d’une enquête, entraînant une baisse instantanée de 8% de l’action de Tesla en raison des doutes planant sur les technologies utilisées dans les véhicules sans pilote.

Le 28 mars, Tesla enregistrait un cours de clôture de moins de 288 dollars, effaçant les gains boursiers d’une année entière. Mais la marque de Palo Alto a toujours de fervents défenseurs, notamment dans la Silicon Valley. Le 27 mars, interviewé sur CNBC, Jason Calacanis, un pionnier de la Silicon Valley et fondateur du réseau de blogs weblogs, affirmait que Tesla allait bientôt «revenir en rugissant». Et si Elon Musk avait seulement eu raison trop tôt ?

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