«Beaucoup de députés français souhaitent qu’on commence à discuter avec Assad», selon Jacques Myard

Bachar el-Assad rencontre Vladimir Poutine à Moscou le 20 octobre 2015© Alexeï Drouzhinine Source: RIA NOVOSTI
Bachar el-Assad rencontre Vladimir Poutine à Moscou le 20 octobre 2015

Jacques Myard, membre de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale, explique comment la rencontre de Bachar el-Assad avec Vladimir Poutine à Moscou peut aider à trouver une solution politique à la crise syrienne.

RT France : Qu’est-ce que signifie la visite de Bachar el-Assad à Moscou ?

Jacques Myard (J.M.) : Pour moi, la visite de Bachar el-Assad à Moscou rentre dans le processus d’un règlement politique, car je suis intimement convaincu qu’il faut tenir compte d’une réalité, à savoir qu’il y a un gouvernement et un régime à Damas. Pour trouver une solution politique, il faut que toutes les parties aux conflit soient présentes et à ce titre, bien sûr, le gouvernement de Bachar el-Assad, en fait partie. Cela signifie aussi qu’un certain nombre d’Etats de la région doivent cesser d’armer al-Nosra ou Daesh.

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RT France : La dernière visite de Bachar el-Assad à l'étranger depuis 2011, et à Moscou depuis 2006. Alors pourquoi elle a eu lieu maintenant ?

J.M. : A l’évidence, l’engagement de la Russie sur le terrain et notamment ses frappes aériennes contre al-Nosra et Daesh montrent que la situation évolue. Que Moscou souhaite aussi avoir une solution politique. Moscou a toujours dit que, bien évidemment, il fallait trouver une solution politique, et que cela passera aussi par Bachar el-Assad. Cela ne signifie pas que le régime actuel de Damas soit éternel. Il est clair que les choses peuvent évoluer. Mais cette visite, à mon avis, s’inscrit dans la nécessité de trouver une solution politique. C'est pourquoi je crois que c'est une bonne chose.

Je pense aujourd'hui que personne ne peut regretter ce contact entre Bachar el-Assad et Vladimir Poutine.

RT France : Mais quelle pourrait être en général la réaction des Etats occidentaux par rapport à cette visite ?

J.M. : Premièrement, je ne vais pas parler des Etats occidentaux dans leur globalité. Il y a des différences entre ce que pensent les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne. Donc il faut faire la différence entre ces Etats. Tous les Etats européens – y compris la France – et, sans doute, les Etats Unis souhaitent voir une solution politique. Mais ce sont sur ses modalités qu'on diverge. Je pense aujourd'hui que personne ne peut regretter ce contact entre Bachar el-Assad et Vladimir Poutine.

Il faudra de toute façon compter avec Bachar el-Assad pour trouver une solution politique

RT France : Les dirigeants de certains pays occidentaux, notamment la France, avaient déclaré qu'aucun contact avec Bachar el-Assad n’était possible. D’autres ont récemment changé d'avis et souhaitent maintenant impliquer Bachar el-Assad dans la résolution du conflit syrien. Alors serait-il possible qu’un jour l’Occident entre en dialogue direct avec Bachar el-Assad ?

J.M. : Je ne pense pas qu’on puisse envisager à ce stade, par exemple, une rencontre entre François Hollande et Bachar el-Assad. En revanche, de plus en plus, on se rend compte qu'il faudra de toute façon compter avec Bachar el-Assad pour trouver une solution politique. Et il est vrai qu’aujourd’hui la position de la France est assez réticente par rapport à la proposition que j’exprime avec de très nombreux députés français, qu’ils soient de droite ou de gauche. Je peux vous dire qu'effectivement, il y a au Parlement français beaucoup de députés qui souhaitent que l’on regarde la réalité en France et qu’on commence à discuter avec le gouvernement actuel de Damas.

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