Jacques Cheminade sur la présidentielle : «On rentre dans un temps de troubles»

Jacques Cheminade sur la présidentielle : «On rentre dans un temps de troubles»
Jacques Cheminade

Le candidat à la présidence Jacques Cheminade appelle ses électeurs à voter «en leur âme et conscience» au second tour et livre son analyse du scrutin du 23 avril.

RT France : Comment expliquez-vous que les deux partis majeurs, Les Républicains et le Parti socialiste, aient échoué au premier tour de la présidentielle ?

Jacques Cheminade (J. C.) : C’est la victoire de la Bourse et des méga-banques qui ont inondé les candidats de moyens financiers. La Bourse de Paris a affiché une hausse de plus de 4% le lendemain du vote. C’est révélateur.

Mais cette victoire n’est que temporaire, parce que reste le système constitué et restent les vrais intérêts des Français. C’est la victoire de «mes amis», du monde de la finance. Elle est temporaire parce qu’on rentre dans le temps des troubles, parce que d’un côté on a le repli national, qui est la spécialité de la famille Le Pen, et de l'autre côté, on a l’empire financier qui sponsorise Emmanuel Macron. Les partis politiques traditionnels ont été écartés. Mais on verra aux législatives ce qui se passera. Personne ne peut le dire. La chose qu'on peut dire, c’est que le président de la République n’aura pas de majorité au Parlement. C’est pour cette raison que je parle d'un temps de troubles.

On est dans une situation où les Français rejettent l’entre-soi politique tel qu'on l'a connu jusqu’à aujourd’hui

RT France : Envisagez-vous des alliances entre la droite et la gauche ?

J. C. : C'est leur problème, ce n'est pas le mien. Moi, ma mission c’est d’être un catalyseur qui peut organiser une vaste alliance en France contre ce monde de l’argent. A l’international, il faut aussi une alliance de la France avec le groupe des BRICS [Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud]. Avec la vision qu’a le président Xi Jinping et que partage Vladimir Poutine, d’un système dans le monde gagnant-gagnant. Je crois cependant que les pays qui font partie de ce système ne doivent pas soutenir un tel ou tel candidat en France.

RT France : Pensez-vous que le candidat qui sera élu, pourra constituer une telle alliance avec les BRICS ? Pourra-t-il changer le cap de la politique étrangère française ?

J. C. : Marine Le Pen le ferait peut-être, mais elle n’a pas la base en France pour le faire. Emmanuel Macron a une base, mais il ne le fera pas. C’est ailleurs, dans un autre esprit que se développera quelque chose en France. On est dans une situation où les Français rejettent l’entre-soi politique tel qu’on l'a connu jusqu’à aujourd’hui. Mais ils ont choisi comme candidats antisystème des candidats qui sont l’émanation du système. Le pas en avant reste à faire et j’espère que ce pas sera fait en France avant 2022, pour arriver à quelque chose de beaucoup plus stable et beaucoup plus dans l’intérêt de la France, qui n’est pas géopolitique, qui était du développement économique mutuel. Dans ce sens-là, en dehors de telle ou telle adhésion politique, je suis pour qu’on lève les sanctions contre la Russie et que la Russie lève ses sanctions contre nous et achète notre viande et nos produits laitiers.

Je ne peux pas voter pour Marine Le Pen, dans les circonstances actuelles je ne peux pas non plus voter pour Emmanuel Macron

RT France : Plusieurs partis politiques ont déjà appelé à voter Emmanuel Macron. Qu'en pensez-vous ?

J. C. : Ils croient qu’ils sont en avril 2002, mais ils sont en avril 2017. Quinze ans après. La France a toujours des réflexes traditionnels conservateurs. Le peuple non. Dans le peuple, il y a une colère sourde qui gronde et qui se manifestera d’une façon ou d’une autre ? Moi, je veux être l’accoucheur positif de cette colère sourde.

RT France : Quel consigne de vote donneriez-vous à vos électeurs pour le second tour ?

J. C. : Je dirai qu’ils doivent voter en leur âme et conscience. Je ne suis pas propriétaire de mes électeurs. Moi, je dis que je ne peux pas voter pour Marine Le Pen, et dans les circonstances actuelles je ne peux pas non plus voter pour Emmanuel Macron. Pour ceux qui ont voté pour moi, je dis : «Pensez à après, pour qu’on ait un cœur qui puisse rétablir le destin de notre pays.»

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