Convocation de François Fillon devant les juges : Valérie Boyer se dit étonnée par le «calendrier»

Convocation de François Fillon devant les juges : Valérie Boyer se dit étonnée par le «calendrier»© JEAN-PHILIPPE KSIAZEK Source: AFP
François Fillon et Valérie Boyer lors d'un meeting du candidat en novembre 2016.

François Fillon ne renoncera pas à sa candidature. Pour sa porte-parole Valérie Boyer, il ne pouvait en être autrement. Perplexe face à «la rapidité de la procédure et son calendrier», la députée estime que l'enjeu est désormais de parler programme.

RT France : Suite à la conférence de presse de François Fillon, Bruno Le Maire a annoncé sa démission de ses fonctions de représentant pour els affaires européennes et internationales de votre campagne car François Fillon n'avait pas respecté sa promesse d'abandonner sa candidature en cas de mise en examen. Etes-vous étonnée de ce choix ?

Valérie Boyer (V. B.) : Bruno le Maire a fait ses choix, j'en fais d'autres. Je reste avec François Fillon dans l'épreuve qu'il traverse mais surtout parce que je le crois personnellement capable de porter un programme qui permettra de relever la France. C'est de cela dont on a besoin. Je trouve que ce qu'il se passe est totalement disproportionné face aux enjeux qui sont les nôtres. Je trouve François Fillon extrêmement courageux et combatif dans cette tempête.

RT France : Pensez-vous que les électeurs et militants pourraient également suivre son exemple en se sentant trahis par la rupture de sa promesse du 26 janvier ?

V. B. : Si j'en juge par les appels de soutiens que je reçois d'élus ou de militants, les électeurs sont toujours présents. Tout à l'heure dans la rue, un homme est sorti de sa voiture pour me dire : «Madame, je vous reconnais, vous soutenez François Fillon. Continuez, on est derrière lui !»

Il se présentera à la justice, il sera entendu par les juges et reprendra sa campagne

RT France : La presse s'est faite l'écho de nombreuses réunions et coups de téléphone passés dans votre famille politique avant cette conférence de presse. La décision de François Fillon est-elle une décision prise par conviction ou par l'absence d'un plan B ?

V. B. : La question n'est pas là. François Fillon est d'abord le choix des Français. le choix d'un programme pour redresser le pays. D'ailleurs, je crois que François Fillon a gagné un petit point dans les sondages - même si on ne croit pas trop aux sondages c'est tout de même un signe. Ce que subit François Fillon frise l'hystérie. Il est absolument nécessaire pour lui qu'il continue. Comment pourrait-il en être autrement ? Il se présentera à la justice, il sera entendu par la justice et reprendra sa campagne. Je rappelle qu'être mis en examen n'est pas une accusation. Il est quand même curieux que l'on reproche des choses à François Fillon mais pas aux autres. Quand on regarde la presse, on se rend compte qu'il y a des histoires qui ne sont pas très différentes. Dans un livre [Les mains propres de Corinne Lepage] on apprend par exemple que François Bayrou aurait rémunéré sa secrétaire personnelle sur l'enveloppe d'une députée européenne. On sait qu'un parlementaire sur trois emploie quelqu'un de sa famille. Il faut savoir raison garder.

Ce qui me surprend également est tout de même la rapidité et le calendrier de la procédure qui interrogent tout de même sur la possibilité d'une certaine malice dans cette affaire.

RT France : Cette rapidité dont vous parlez, n'est-elle pas liée aux nouvelles lois sur la prescription qui pousse justement la justice à accélérer le processus ?

V. B. : Je n'en sais rien. Je trouve curieux par exemple qu'on ne demande rien à Emmanuel Macron, qu'on n'ait rien demandé à Jean-Marie Le Guen. Ce qui m'étonne c'est surtout la rapidité. Des questions se posent sur la séparation des pouvoirs comme le fait que la salle de presse du parquet financier ait été installée directement dans le bureau du juge. Que la convocation tombe en pleine campagne de parrainages...

Je vous le redis, François Fillon se présentera le 15 mars prochain devant les juges et retournera sur le terrain pour parler de son programme et du fond. Il y a 6 millions de chômeurs. Le terrorisme a frappé plusieurs fois la France. Il y a des problèmes de sécurité et des insurrections dans les banlieues. Voilà l'enjeu désormais.

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