«Daesh saisit l'opportunité d’un attentat en Algérie pour marquer sa présence»

«Daesh saisit l'opportunité d’un attentat en Algérie pour marquer sa présence» © STRINGER / AFP
Une patrouille des services de sécurité algériens

La tentative d'attentat à Constantine serait l'opportunité pour Daesh de faire croire à sa présence en Algérie, présence totalement inexistante, affirme le journaliste algérien Akram Kharief.

RT France : Pourquoi l'Algérie fait-elle l’objet d’une tentative d'attentat terroriste revendiqué par Daesh ?

Akram Kharief (A. K.) : L’Algérie a subi plusieurs attaques terroristes ces dernières années. La menace terroriste est toujours présente, elle l’a toujours été, même si maintenant elle relève plutôt d’une simple menace que d’un risque majeur pour l’Algérie. Mais l’attentat d’il y a deux jours serait plutôt lié à la visite du chef de l’Etat-major de l’armée algérienne et le ministre de la Défense dans la ville de Constantine. Et le petit groupe qui a mené l’action terroriste dans cette ville a échoué.

RT France : Serait-ce lié à l’opération de Mossoul ou à un passage de terroristes de Syrie ou de Libye en Algérie ? 

A. K. : Pas du tout. La menace terroriste sur Constantine avait été identifiée il y a quelques semaines. Les autorités savaient qu’il y avait un groupe dans la ville. C’était un petit groupe au nord du pays. Et, pour eux, c’était l'opportunité de faire un coup d’éclat, essayer de marquer les esprits par cet attentat. Je ne vois pas de relation directe entre Mossoul et Constantine. Daesh revendique pour une deuxième fois un attentat fait par ce groupe – il y a quelques mois ce dernier a tué un policier dans un autre endroit de cette même ville. Tout laisse croire que Daesh saisit plutôt l'opportunité d’un attentat en Algérie pour marquer sa présence territoriale en Algérie – présence totalement inexistante. Il s’agit d’un petit groupe de cinq ou six personnes et ce n’est en aucun cas une menace pour la sécurité en Algérie.

Une pression est exercée sur les groupes terroristes déjà installés dans le nord algérien et qui sont de plus en plus isolés de leurs moyens logistiques

RT France : D’après les données du gouvernement algérien, en 2016, 125 terroristes ont été tués en Algérie, et 225 ont été arrêtés. A votre avis, ces individus sont-ils liés à Daesh ?

A. K. : On peut dire que la plupart des membres de ces groupes armés sont plutôt liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique. L’année passée, il y a eu le quasi-anéantissement du groupe terroriste Jound al-Khalifah qui s’était auto-proclamé partie intégrante de Daesh. Ils avaient perdu, au cours de deux opérations successives, une soixantaine de personnes – la quasi-totalité de leurs effectifs.

RT France : Les autorités algériennes font-elles suffisamment pour assurer la sécurité du pays ?

A. K. : Oui, il suffit de voir le déploiement autour des frontières. Il ne faut pas oublier que l’Algérie compte 7 500 kilomètres de frontières avec les pays riverains. On parle de sécuriser pratiquement 4 500 kilomètres en comptant les frontières libyennes, tunisiennes, nigériennes et maliennes. Ce sont des dizaines de milliers de troupes, des centaines de chars et d’avions déployés pour la sécurisation quotidienne des frontières. L’effort est donc là. Au même moment, une pression est exercée sur les groupes terroristes déjà installés dans le Nord algérien et qui sont de plus en plus isolés de leurs moyens logistiques, ce qui fait que le bilan de 2016 est aussi élevé.

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