Aulnay-sous-bois : la situation risque de dégénerer

Aulnay-sous-bois : la situation risque de dégénerer
Voiture brulé à Aulnay-sous-bois

En France, on attend que la situation se dégrade, alors que la bonne décision consiste à intervenir avant, estime le délégué national de Debout la France Eric Stemmelen, en commentant les émeutes à Aulnay-sous-bois.

Manifestations et émeutes se succèdent à Aulnay-sous-Bois, depuis l'interpellation violente le 2 février d'un jeune homme de 22 ans. Un policier a été mis en examen pour viol et trois de ses collègues pour violences volontaires en réunion. Une dizaine de véhicules et deux restaurants ont été incendiés et 28 personnes interpellées.

«Comme les auteurs présumés de l’infraction de départ sont des policiers, c’est compliqué pour les policiers de réagir maintenant, comme ils sont pris à partie», estime le délégué national de Debout la France, commissaire divisionnaire honoraire de la police nationale Eric Stemmelen.

Ce n’est plus un état d’urgence, c’est une plaisanterie

Il souligne que l'état d'urgence sous lequel la France vit depuis plusieurs mois n'est pas, en réalité, une vraie mesure. «Ce que je vois, ce n’est plus un état d’urgence, c’est une plaisanterie», explique-t-il. Pour lui, la mesure, qui a été créée pendant la guerre d’Algérie dans les années 1950, voulait dire l’interdiction des manifestations en plus des perquisitions administratives. Alors qu'aujourd'hui, toutes les manifestations déclarées en France ont lieu, il n’y a pas de couvre-feu. «On n’est pas en état d’urgence, tout comme on n’est pas en état de guerre – nos tribunaux militaires ne sont pas réunis» explique-t-il en déplorant : «Je dis depuis longtemps qu’il serait bien d’attaquer les partisans de l’Etat islamique avec l’article du Code pénal qui punit de 30 ans de prison la coopération d'intelligence avec l’ennemi, mais aucun parquet français n’a repris cette proposition.» 

Pour Eric Stemmelen, il faudrait rétablir les dispositions de la loi anticasseur de 1970 qui permet, dans le cas d'émeutes, d’interpeller des gens, même si l’on ne peut pas prouver qu’ils ont commis telle infraction, mais peut-être simplement qu’ils participaient à une action violente, car démontrer que tel individu a commis telle infraction précise est impossible. «C’est pourquoi il y a une grosse difficulté de réprimer les émeutiers, parce qu’ils sont maintenant tous cagoulés», affirme le représentant de Debout la France.

Tous les gouvernements depuis vingt ans ont une peur bleue de ces émeutes raciales

Il regrette également qu'en France, le pouvoir politique, qu’il soit de gauche ou de droite, se permette d’intervenir dans les techniques et les tactiques de la police et de la gendarmerie. L'autre problème pour lui est que les autorités depuis vingt ans ont «une peur bleue» de ces émeutes raciales, des situations où il y a un ou deux morts et où, ensuite, la banlieue s’embrase. 

Quand c’est très politique, comme la conférence COP21 sur le climat, la police a interpellé 400 manifestants en préventif

La préfecture ayant confirmé le tir à balles réelles dans la nuit du 6 au 7 février, indiquerait que la situation à Aulnay-sous-Bois risque encore de se détériorer, juge Eric Stemmelen : «On attend qu’une situation dégénère, alors que la bonne décision consiste à intervenir avant.» Cependant, quand il s'agit d'événements très politiques, comme la conférence COP21 sur le climat, «la police a interpellé 400 manifestants en préventif alors qu'il n’y a pas eu vraiment d’infraction», rappelle Eric Stemmelen. Pour lui, quand il s'agit d’autres manifestations, on laisse les casseurs pendant deux ou trois heures, ce qui est très frustrant pour les policiers qui reçoivent des cailloux, des jets de pétards, etc. Et cela parce que ce n’est pas une décision de la police, mais du pouvoir politique. Dans toutes les manifestations en France, la décision vraiment normale, c’est au commissaire de police de disperser la manifestation après trois sommations. «En pratique, on dit aux policiers de ne rien faire», regrette Eric Stemmelen. Il y a l’impunité pour les délinquants qui continuent d’agir.  

«Tout ce qui se passe à Aulnay-sous-Bois, c’est la suite d’une infraction grave – puisqu’il y a un viol, violence en réunion, alors que la police dans un monde normal est chargée de protéger la population, mais dans ces quartiers, la police a énormément de mal à faire son travail de prévention», conclut Eric Stemmelen.    

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