«Il m'a enfoncé sa matraque volontairement» : le témoignage de Théo, victime présumée de la police

- Avec AFP

«Il m'a enfoncé sa matraque volontairement» : le témoignage de Théo, victime présumée de la police © FRANCOIS GUILLOT Source: AFP
Plusieurs centaines d'habitants ont marché pacifiquement à Aulnay-sous-Bois

«Il me l'a enfoncée dans les fesses, volontairement» : le jeune homme de 22 ans blessé à coups de matraque lors de son interpellation, le 2 février, à Aulnay-sous-Bois, a donné sa version des faits enregistrée par son avocat.

Théo, victime d'un viol et d'une agression présumés lors d'une interpellation par la police, a livré son témoignage par le biais de son avocat, qui a remis la bande à BFM TV. Il livre dans ce document des détails crus sur les circonstances de l'incident. 

Le 2 février, vers 17h, Théo traverse «la place du Cap», au cœur de la cité des 3 000, quand il «croise des jeunes du quartier». «Les policiers arrivent à ma hauteur et disent : "Tous contre le mur"», raconte-t-il dans cet enregistrement audio diffusé par la chaîne d'information.

«J'ai mes écouteurs, je ne comprends pas ce qui se passe. A leur façon de parler, je me dis : "Ils sont pas là pour rigoler." Je me mets contre le mur, tranquillement, et là, un des policiers vient et m'assène un coup», affirme-t-il. 

«J'étais de trois quarts, je voyais ce qu'il faisait derrière moi. Je l'ai vu avec sa matraque : il me l'a enfoncée dans les fesses, volontairement. Je suis tombé sur le ventre, j'avais plus de force, on dirait que mon corps m'avait laissé», décrit-il. 

Ensuite, «ils m'ont mis les menottes et m'ont dit : "Assieds-toi maintenant.". Je leur ai dit : "Je peux pas m'asseoir, je sens plus mes fesses."»

«Quand ils m'ont mis dans la voiture, ils m'ont mis plein de coups, des patates, m'ont matraqué les parties intimes, m'ont craché dessus, traité de "négro", "bamboula", "salope"», ajoute-t-il.

«Arrivé au commissariat, un policier m'a dit : "Assieds-toi." Je lui ai dit : "Monsieur, je n'arrive pas à m'asseoir." Il m'a dit : "Allonge-toi, on va quand même t'attacher au banc parce que c'est la procédure." Là, le policier qui était au commissariat, il a vu que j'étais vraiment mal, il a vu que je saignais beaucoup. Il a dit : "Je pense qu'il faut l'amener se faire opérer, c'est grave"».

Gravement blessé au niveau de la zone rectale, le jeune homme, qui a dû être opéré, était toujours hospitalisé le 6 février. Il s'est vu prescrire par un médecin de l'hôpital 60 jours d'incapacité totale de travail (ITT).

Le 5 février, un policier a été mis en examen pour viol et trois de ses collègues pour violences volontaires en réunion. Les quatre fonctionnaires ont été suspendus de leurs fonctions.

Lire aussi : Interpellation à Aulnay-sous-Bois : information judiciaire pour violences volontaires

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