Poutine : l'OTAN infiltre la région Asie-Pacifique

Vladimir Poutine a mis en garde contre l'élargissement de la présence de l'OTAN dans la région Asie-Pacifique. Le président russe a estimé que cette évolution, conjuguée aux projets occidentaux de déploiement de nouveaux armements dans cette partie du monde, pourrait générer de nouveaux risques et menacer directement la sécurité de la Russie.
Lors de la phase finale des exercices de la flotte russe du Pacifique ce 12 août, le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré que l'OTAN s'infiltrait dans la région Asie-Pacifique, où le potentiel de conflit ne cessait de s'accroître.
« Nous constatons que, malheureusement, le risque de conflit s'accroît ici. L'OTAN s'infiltre dans la région, et de nouveaux blocs militaro-politiques se forment. On déploie ou l'on envisage de déployer de nouveaux systèmes d'armement, ce qui crée des menaces pour notre pays », a-t-il notamment affirmé.
Dans le même temps, le chef d'État russe a estimé que les tensions s'accentuaient également dans l'Arctique, notamment autour de l'utilisation de la route maritime du Nord. Il a rappelé que Moscou s'était toujours dit disposé à coopérer dans cette région et à développer cet axe maritime dans le respect du droit international de la mer.
Poutine dénonce le piratage européen et promet une riposte
Vladimir Poutine s'en est ensuite pris aux récentes décisions de l'Union européenne concernant les navires commerciaux russes. Selon lui, certains pays européens cherchent à restreindre leur circulation en violation du droit maritime international et envisagent désormais de saisir ces bâtiments avant d'en vendre les biens.
« Ils ont pensé qu'il était possible de saisir nos navires et de vendre les biens volés. Il s'agit, bien sûr, de piraterie et de vol. Et si cela se concrétise, nous serons contraints de répondre de façon symétrique. Et pas nécessairement dans les eaux où ils prévoient d'attaquer nos navires. Mais là où nous le jugerons approprié. N'importe où. Y compris dans la zone de responsabilité de la flotte du Pacifique », a-t-il fait savoir. Le maître du Kremlin a également souligné que la Russie répondrait de manière symétrique si des saisies de navires russes étaient effectivement menées.
Tokyo : Moscou rejette toute menace et rappelle le statut des Kouriles
Vladimir Poutine a également critiqué la politique du Japon à l'égard de la Russie. Il a reproché à Tokyo d'avoir imposé des sanctions à Moscou en invoquant le conflit en Ukraine, sans chercher à en examiner les causes : « Nous aimerions également comprendre la position du Japon mentionnée ici dans les rapports, notre voisin, un pays qui, sous prétexte des événements en Ukraine, sans avoir examiné les causes de ce conflit, a imposé des sanctions contre la Russie sans aucune provocation de notre côté ».
Le président russe a noté que les documents doctrinaux militaires japonais avaient pour la première fois, le 4 août, classé la Russie parmi les principales sources de menace. « Je voudrais souligner que nous ne menaçons pas le Japon, nous n'avons absolument aucune revendication territoriale à son encontre. Au contraire, c'est le Japon qui en a envers notre pays. Je fais référence à la question des îles Kouriles », a-t-il indiqué.
Face aux revendications de Tokyo, il a fait valoir que le sort de l'archipel avait été scellé à l'issue de la Seconde Guerre mondiale et inscrit depuis dans les textes internationaux.
En novembre 2023, Vladimir Poutine avait déjà fait part de ses préoccupations face à l'évolution de la présence de l'OTAN en Asie-Pacifique. Selon lui, les pays de l'Alliance atlantique cherchaient à étendre leur influence au-delà de « son périmètre géographique habituel », tandis que les États-Unis œuvraient à y renforcer les tensions et à favoriser l'émergence de nouvelles alliances politico-militaires. Le président russe avait alors expliqué que Moscou suivait attentivement ces évolutions aux côtés de Pékin, les deux pays renforçant parallèlement leurs capacités de défense, notamment à travers des exercices navals et aériens conjoints.