Sécurité à Berlin : la police «muselée» et «le public chloroformé sous Angela Merkel»

Sécurité à Berlin : la police «muselée» et «le public chloroformé sous Angela Merkel»© Hannibal Hanschke Source: Reuters
Le maire de Berlin Michael Mueller, la chancelière allemande Angela Merkel, le ministre de l'Intérieur Thomas de Maiziere, le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier et d'autres responsables sur les lieux de l'attentat, Berlin, le 20 décembre 2016.

Le manque de sécurité en Allemagne provoquant des tragédies est dû à la censure d’Etat et à la politique d'Angela Merkel qui ne défend que ses propres intérêts, selon l'analyste américain Gilbert Doctorow.

RT France : Pourquoi les autorités ont-elles tant tardé à admettre que c’était un attentat terroriste, surtout étant donné le caractère similaire à l’attentat de Nice ?

Gilbert Doctorow (G. D.) : Je crois que leur retard en dit long, parce que cela met en lumière ce qui rend difficile l’assurance de la sécurité en Allemagne : c’est la censure d’Etat et une position assez particulière d’Angela Merkel qui utilise tout l’appareil d’Etat pour le mettre au service de sa propre politique et rester au pouvoir. La police n’a pas la permission de dévoiler au public les détails importants sur divers attentats terroristes ou des activités suspectes qui se déroulent en Allemagne, des viols commis par les migrants. Tout cela a été nié et passé sous silence par les médias sous la pression d’Angela Merkel et de ses plus proches collègues. La police a vraiment du mal à fonctionner et à être efficace, quand elle est muselée, quand la communauté n’est pas au courant de la menace à laquelle elle est confrontée. C’est ça, la situation actuelle en Allemagne aujourd’hui.

La communauté n’est pas au courant de la menace à laquelle elle est confrontée

J'ai quitté Berlin depuis l’aéroport Tegel et je peux dire que la situation correspond à celle que nous avions à Bruxelles. Le niveau de sécurité à Bruxelles était extrêmement bas, les voitures et toutes sortes de véhicules avaient la permission de passer tout près du hall de départ, les contrôles à certaines portes qui donnaient accès au hall des départs étaient faible. En ce qui concerne Tegel, le risque est encore amplifié, parce que l'aéroport est en demi-cercle et certaines portes mènent directement aux portes d’embarquement, à quelques mètres des pavés où peuvent accéder les chauffeurs, tout près des personnes qui attendent leur vol. S’il des personnes herchaient à causer des dommages à l’aéroport Tegel, dans les conditions actuelles, ils n’auraient pas de difficultés.

Comme j’ai pris le métro dans la ville, je peux dire qu’il n’y a pas de présence policière dans le métro berlinois. Les seules personnes qui y sont, ce sont ceux qui achètent des tickets et les contrôleurs. On a le sentiment que la sécurité est nulle. C’est comme à Bruxelles avant les attentats.

Tant que les bureaux des élus sont au Bundestag, ils seront en sécurité. S’ils vont à l’aéroport Tegel, ils peuvent exploser comme tout le monde

Je suis aussi allé à une session du Bundestag. Et je peux dire que le niveau de sécurité y était extrême. Il y en a plusieurs niveaux, un hélicoptère pour contrôler ce qui se passe sur le territoire du bâtiment, c’était fantastique. Tant que les bureaux des élus seront au Bundestag, ils seront en sécurité. S’ils vont à l’aéroport Tegel, ils peuvent exploser comme tout le monde. C’est ça, le bilan de la sécurité à Berlin aujourd’hui.

RT : En parlant des médias que vous avez évoqué plus tôt, ils considèrent souvent la Russie comme un ennemi. Partagez-vous cet avis ?

Tout l’appareil étatique a été configuré pour servir l’intérêt politique d’une seule personne

G. D. : En ce qui concerne le piratage, le contrôle et l’ingérence russe dans la politique européenne et américaine, ma position est très clairement exprimée dans mes écrits et mes interventions : je considère que c’est largement exagéré et fait pour servir l’idéologie de l’hégémonie américaine. C’est fait pour servir les propos de nos néoconservateurs et de nos interventionnistes libéraux.

Au cours de la campagne politique d'Hillary Clinton, cela a été largement essayé, mais a été un échec. Le public a compris que c’était une déformation politique. Tout cela est manipulé par une censure centralisée. Nous pensons l’Allemagne comme une grande démocratie, mais en réalité, quand on observe la presse, la tragédie d’hier rend parfaitement clair la façon dont la presse est gérée. Tout l’appareil de l'Etat a été configuré pour servir l’intérêt politique pas d’un seul parti, mais d’une seule personne. C’est un abus du pouvoir terrible.

La sécurité absolue est impossible

RT : Pensez-vous qu’un effort supplémentaire aurait pu être fait pour éviter cette attaque d'un loup solitaire ?

G. D. : La sécurité absolue n'existe pas, c’est certain. Ayant dit cela, on peut faire des choses et on peut en dire encore plus. On ne peut pas compter uniquement sur la police pour assurer notre sécurité. La participation active des citoyens est essentielle. Mais la participation des citoyens n'est possible que quand ces citoyens sont informés. Ce n'est pas le cas si le public a été chloroformé sous Angela Merkel. Tant que personne ne fait le lien entre sa politique migratoire et la violence dans les rues, le niveau de menace contre les citoyens restera élevé, quel que soit le nombre des policiers.

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