Hollande ne se représentera pas : «Nous allons de surprise en surprise»

Hollande ne se représentera pas : «Nous allons de surprise en surprise»© POOL New Source: Reuters
François Hollande, Manuel Valls, Emmanuel Macron

«Tout le monde était persuadé que François Hollande allait se représenter», mais «jamais une campagne présidentielle n'a engendré autant de péripéties et de retournements», s'étonne le vice-président de Debout la France, Dominique Jamet.

RT France : Comment réagissez-vous au fait que François Hollande ne se représente pas à l’élection présidentielle de l'année prochaine ?

Dominique Jamet (D. J.) : C’est une décision raisonnable et logique, bien que François Hollande ait cherché à présenter son quinquennat  sous le jour le plus favorable. Son avis n’est pas partagé par la majorité des Français et il s'est rendu compte qu’il n’avait aucune chance ni d'être réelu, ni même de passer la primaire de la gauche. Mais c’est une surprise pour tout le monde, parce qu’un certain nombre d’événements donnaient à penser le contraire ; que François Hollande s’accrochait au pouvoir et qu’il avait l’intention de se représenter. Il y a renoncé et les cartes sont donc redistribuées dans son propre camp. Autant on peut saluer la dignité, élégance et le bon sens dont François Hollande a fait preuve en prenant cette décision, autant on peut constater qu’il laisse son propre camp dans un triste état, puisqu’il a bloqué pendant longtemps toutes les tentatives sérieuses d’organiser la primaire dans de bonnes conditions. Il n’a rien fait pour faciliter sa succession. Ce qui est certain, c’est que quelques jours après la première surprise qu’a représenté à droite la victoire de François Fillon, c’est une deuxième surprise.

On a la quasi-certitude que le Premier ministre en fonction va se présenter. Il paraît difficile de le voir continuer à diriger le gouvernement pendant qu'il fera campagne. Emmanuel Macron qui était accusé d’avoir trahi François Hollande, de l’avoir poignardé, cela l’a partiellement réhabilité, parce que dans ce cas là, il n’aura pas à affronter celui qui a fait sa carrière politique. Les socialistes vont donc devoir choisir entre Arnaud Montebourg qui a fait partie du gouvernement mais a désapprouvé sa politique et Manuel Valls. Nous ne savons pas si le candidat que va finalement désigner le parti socialiste sera populaire, aura les moindres chances de l’emporter ou s’il arrivera à être un candidat accepté par toutes les forces qui constituent la majorité.

La gauche, à l'heure actuelle est divisée et discréditée

Nous sommes dans une situation particulière, parce que toutes les forces qui en France se réclament de la gauche, si elles étaient unies constitueraient une masse suffisante pour accéder au deuxième tour. Mais elles ne le sont pas... Jean-Luc Mélenchon de son côté, Arnaud Montebourg et Manuel Valls de l’autre n’ont aucune chance de parvenir au second tour s’ils restent divisés et se présentent les uns contre les autres.

RT France : Vous estimez que, pour les élections, les chances de la gauche ne remontent pas avec le départ de François Hollande ?

D. J. : Exactement. On peut assurer sans risque que le président sortant François Hollande n'avait aucune chance d'être réélu, mais celui ou ceux qui vont se substituer à lui, comme candidat du parti socialiste ou de la gauche ne semblent pas avoir plus de chances que lui.

La gauche, à l'heure actuelle divisée et discréditée, va devoir passer son tour lors des prochaines élections présidentielles.

C'est certainement une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron

RT France : Mais qui aura le plus de chances dans ces nouvelles conditions ? Cela donne-t-il un avantage à un candidat quelconque ?

D. J. : C'est certainement une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron, mais de toutes façons nous constatons en France, comme nous avons pu le constater dans d'autres pays voisins ou un peu plus éloignés, ces derniers temps, que nous allons de surprise en surprise, que jamais une campagne pré-présidentielle puis présidentielle n'a engendré autant de péripéties, de retournements et de bouleversements. Il faut bien le dire : tout le monde était persuadé avec pas mal d'arguments que François Hollande allait se représenter. Maintenant la tendance générale, au moment où nous parlons, c'est qu'en somme, François Fillon est débarrassé de tout obstacle sérieux et qu'il peut aller tranquillement vers sa propre élection grâce à la victoire qui lui est garantie contre Marine Le Pen.

La France est dans une période d'agitation. La mer n'est pas calme

Mais nous sommes au début de décembre et l'élection présidentielle aura lieu au mois d'avril. La campagne a déjà été longue et a apporté toutes sortes de surprises. Je pense qu'elle peut en apporter encore beaucoup, car François Fillon, qui est le favori après la victoire massive qu'il a remportée dans son propre camp, doit maintenant encore tenir la distance sur cinq ou six mois et continuer à convaincre son propre camp qu'il est le meilleur, qu'il est indiscutable. Rien n'est moins sûr. Je me garderais bien de tout pronostic. La France est dans une période d'agitation. La mer n'est pas calme.

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