Jacques Myard : l'élection de François Fillon est une grande victoire pour la démocratie

Jacques Myard : l'élection de François Fillon est une grande victoire pour la démocratie© Christian Hartmann Source: Reuters
François Fillon

François Fillon propose au peuple une façon de gouverner à laquelle le peuple aspire et Alain Juppé n’était pas suffisamment engagé - le député Jacques Myard s'exprime à propos de l'issue du second tour de la primaire de la droite et du centre.

RT : François Fillon est le vainqueur de la primaire de la droite et du centre. Vous y attendiez-vous ?

Jacques Myard (J. M.) : Je vous dirai franchement que ce second tour [de la primaire] ne m’étonne pas, car il est la suite logique du premier. Le premier tour était remarquable, car François Fillon a rassemblé plus de 44% des votes. Nicolas Sarkozy a été éliminé et Alain Juppé est arrivé deuxième avec 28%. Il y a trois ou quatre ans François Fillon était bien derrière, et, moi-même, je pensais qu’il n'y arriverait jamais. Mais il l’a fait. Je pense que les électeurs français ont confiance en lui, car c’est un homme calme, qui fait preuve de sérénité et qui a un projet.

RT : Avant le premier tour de la primaire, les médias et les sondages considéraient François Fillon comme un outsider. Pour quelle raison ?

J. M. : Au début il avait du mal à s’imposer. Alain Juppé a commencé beaucoup plus tôt à défier Nicolas Sarkozy et était considéré comme son véritable rival à cause de son score dans les sondages – près de 68-70% des votes. Cependant, peu à peu, il descendait car il n’était pas suffisamment engagé. Ca n’était pas assez. François Fillon voyageait à travers la France, a fait beaucoup de meetings, et dans le dernier débat télévisé, était meilleur que n’importe qui d’autre. C’est pour cette raison que peu à peu il a rattrapé [Alain Juppé]. Cela montre que dans un Etat démocratique, comme la France, il ne faut jamais faire confiance aux sondages. Ce n’est pas la première fois qu’ils donnaient gagnant un candidat qui, au final, est battu. C’est une question de campagne électorale, et aucune campagne ne ressemble à une autre. Cela ne veut pas dire que François Fillon gagnera facilement au mois de mai, car la lutte sera dure et la campagne le sera également.

François Fillon a aussi battu les médias, les ainsi nommés intellectuels, les bobos. Ils ne représentent pas l’opinion publique, même s'ils le croient

RT : Le Brexit, la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis et maintenant la remarquable percée de François Fillon. Pour vous, s’agit-il d’une tendance nouvelle ?

J. M. : Je ne vois aucun lien entre le Brexit et la victoire de François Fillon, mais je peux vous dire qu’aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France le peuple n’est pas stupide. Il agit comme il veut agir et ce n’est pas uniquement une grande victoire pour la démocratie, mais aussi pour la nation, pour les peuples et les citoyens. C’est pour cette raison que je suis en faveur de François Fillon, car il propose au peuple la façon de gouverner que le peuple veut. [De manière à ce qu'on] retrouve une politique internationale indépendante, si vous voyez ce que je veux dire...

La victoire de Donald Trump a été présentée comme un évènement antisystème. Quant au Brexit, on sait que depuis longtemps les Britanniques n’avaient pas beaucoup de confiance en l'Europe. François Fillon, lui, est dans le système. On ne peut pas vraiment comparer. Mais comme on le voit au regard des sondages, on ne peut pas nous dicter quoi vouloir. Et c’est très bien ainsi.

RT : Les médias traditionnels se sont acharnés sur François Fillon pour ses «vues radicales». Qu'en est-il vraiment ?

J. M. : C’était purement de la polémique. D’abord il a été attaqué par la gauche ou par l’équipe d’Alain Juppé au sujet de questions sociétales. Les électeurs au second tour n’ont pas suivi toutes ces critiques. Donc il ne faut pas croire au petit nombre de ceux qui croient qu’ils forment l’opinion publique. François Fillon a aussi battu les médias, les journalistes, les ainsi nommés intellectuels, les bobos. Ils ne représentent pas l’opinion publique française, même s'ils le croient. C’est la raison pour laquelle ils se sont trompés.

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