Présidentielles 2017 : ceux étiquetés «gauche» ont très peu de chances d’être au second tour

Emmanuel Macron et François Hollande© Philippe Wojazer Source: Reuters
Emmanuel Macron et François Hollande

Dans les conditions où seuls 9% de la population fait confiance aux partis politiques, les candidats «hors-système» peuvent avoir de réelles chances de gagner, estime le fondateur du site «L'important» Claude Posternak.

RT France : Un nouveau sondage donne François Hollande perdant des primaires de la gauche face à Arnaud Montbourg. Cependant, à en croire les dires de son entourage, il a quand même l'ambition de se présenter à ce scrutin. Quelle est l’utilité pour lui de se présenter dans ces conditions ?

Claude Posternak (C. P.) : Aujourd’hui il a besoin de rassurer ses propres troupes, qui sont déjà extrêmement fragilisées et commencent à se poser des questions. Simplement, rien n’est moins sûr si demain les sondages en restent à ce qu’ils sont, avec François Hollande coincé entre Jean-Luc Mélenchon à sa gauche et Emmanuel Macron à sa droite qui lui prennent tout son espace. Si c’est pour aller faire une primaire qu’il n’est pas sûr de gagner, et derrière faire une présidentielle où il risque de faire moins de 10% - il n’est pas sûr qu’il y aille. Mais aujourd’hui on est plutôt dans une période où il doit rassurer ses troupes. Il se met donc dans l'attitude d'y aller, mais comme il a annoncé il y a déjà un temps, il prendra sa décision en décembre. Jusqu’en décembre il va faire croire qu’il y va, en espérant que les sondages changent, mais je ne vois pas de raison objective pour que les sondages s’améliorent pour lui.

RT France : Emmanuel Macron a démissionné du gouvernement. Cela augmente-t-il ses chances dans la campagne présidentielle s’il se présente hors des partis ?

C. P. : Bien sûr. C’est un atout. Il y a tout à fait une possibilité qu’on retrouve au deuxième tour ceux qui seront les deux candidats «antisystème», Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Il y a un tel rejet des partis traditionnels… Je vous rappelle que le sondage CEVIPOF dit aujourd’hui que seuls 9% des Français ont confiance dans les partis politiques. Neuf ! Donc cela laisse une place pour toutes les personnes qui sont hors des partis politiques au pouvoir ou qui ont déjà été au pouvoir. Et donc Emmanuel Macron a tout intérêt à se montrer en dehors des partis et à s’appuyer sur ce qu’on appelle la société civile.

Celui qui a l’étiquette «gauche» a très peu de chances d’être au second tour

RT France : Jean-Luc Mélenchon refuse de participer à la primaire de gauche et selon les sondages il est également devant François Hollande. Pourrait-il être un candidat de la gauche plus rassembleur qu’un Arnaud Montebourg ?

C. P. : Jean-Luc Mélenchon ne peut pas prétendre à rassembler la gauche s’il ne joue pas la carte de la primaire de la gauche. Il a une volonté, un espoir politique et une ambition importante qui fait qu’il reste sourd aux appels de la gauche et du Parti socialiste qui lui propose d'entrer dans la même compétition qu’eux. Jean-Luc Mélenchon restera sur ce qui est le poids de la gauche dite radicale en France depuis 15 ans maintenant, et qui tourne autour de 10%. Il fera peut-être un peu mieux là parce que le PS est tellement faible sur sa gauche qu’il peut lui prendre 2-3%. Il peut aller jusqu’à 15%, mais il n’est pas dans la capacité d’aller plus loin. Et avec 15% on n’est pas au deuxième tour.

Le vrai enjeu de la primaire à gauche c’est de savoir qui reprendra le Parti socialiste dans l’opposition

RT France : En ce qui concerne la gauche en général, pensez-vous qu’après ce quinquennat un candidat de gauche puisse encore passer au deuxième tour de la présidentielle ?

C. P. : Non. En l’état actuel des choses celui qui a l’étiquette «gauche» – je mets Emmanuel Macron de côté, il n'a rien à voir – a très peu de chances d’être au second tour. Tel est le rejet du Parti socialiste. Le vrai enjeu de la primaire à gauche c’est de savoir qui gagnera le Parti socialiste et le reprendra dans l’opposition. C’est le vrai enjeu de cette primaire, et il n’y en a pas d’autres aujourd’hui.

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