Dossier tabou : on livre des musulmans qui se sentent français aux mains des islamistes

© Neil Hall Source: Reuters

L'émission contestée de M6, Dossier tabou, a montré la stratégie de conquête de l'islamisme politique et c'est pour cela que cela a fait peur, indique Fatiha Boudjahlat, secrétaire nationale du Mouvement républicain et citoyen (MRC) à l'Education.

RT : Pourquoi l'émission de Bernard de la Villardière Dossier tabou sur l'islam a-t-elle suscité une telle polémique ?

Fatiha Boudjahlat (F. B.) : Parce qu'en soi, c'est un sujet vraiment polémique, qui bénéficie en général d’un traitement institutionnel, traitement qui aseptise les choses. Alors que là, le journaliste a combiné plusieurs choses : l’islamisme conquérant dans le domaine scolaire, dans le domaine municipal, dans le domaine de l’hôpital. C’est-à-dire, dans le quotidien des Français. Je crois que cela a effrayé et c’est la peur que ce documentaire a suscitée, à raison, qui a suscité cette réaction. Parce qu'il a montré la stratégie de conquête de l’islamisme politique, mais dans le quotidien des Français, comme à l’hôpital ou à l'école.

Les mêmes personnes qui parlent d’islamophobie, ne s’étonnent pas des insultes raciales, des insultes antisémites, de l’agression, du meurtre de personne d’origine asiatique   

RT : Plusieurs commentateurs ont accusé l’auteur de Dossier tabou d’islamophobie. Pourquoi ?

F. B. : D’abord, pour moi, l’islamophobie est un crime imaginaire. On ne peut pas avoir une espèce de racisme antireligieux, puisque la religion – et j’aimerais bien qu’on insiste là-dessus – reste un choix. Ce sont les gens du camp d'en face qui veulent en faire un critère racial. Vous êtes Arabe, vous allez forcément être musulman et maintenant vous allez même être plus ou moins islamiste. Je récuse ce mot, il n’existe pas, c’est un crime imaginaire. Quant à ce reportage, c’est vraiment le court-circuit, l’insulte suprême pour pouvoir discréditer tous les adversaires. Les mêmes personnes qui parlent d’islamophobie, ne s’étonnent pas des insultes raciales, des insultes antisémites, de l’agression, du meurtre de personnes d’origine asiatique. Ils ont vraiment une moralité à géométrie variable. Ce qu’ils font est extrêmement dangereux. Ils livrent les gens, des quartiers, aux mains des islamistes. C’est exactement ce qu'a fait le maire de Sevran. Et ce pourquoi ce reportage a choqué.

Le maire de Sevran préfère livrer la ville aux barbus pour garder son pouvoir

RT France : Le maire de Sevran a cependant réagi en disant que l'auteur de l'émission avait fait «de la provoc»...

F. B. : Parce qu'il n’a vraiment rien pu répondre. C’est tout de même quelqu’un qui a, en 2011, réclamé l’intervention de l’armée dans sa ville pour lutter contre les trafiquants de drogue. Là, par contre, il joue le jeu en disant que le journaliste montre une mauvaise image de la ville. Mais il avait lui-même réclamé l’intervention de l’armée. Il avait lui-même montré une mauvaise image de sa ville. Ceci est typique des personnes qui, au lieu de lâcher le pouvoir parce qu’elles ne sont plus compétentes, préfèrent livrer la ville aux barbus pour garder leur pouvoir. Pour des villes comme ça, je demande une tutelle de la préfecture. Ces villes sont dirigées par les élus qui cherchent le pouvoir à tout prix. Quelles qu'en soient les conséquences !

L’islamisme politique est un sujet tabou en France

RT : Est-ce que l’islam est effectivement un sujet tabou en France ?

F. B. : L’islamisme politique est un sujet tabou en France. C’est-à-dire, un sujet dont on ne parle pas là où on devrait en parler, soit dans les institutions. On essaie absolument de préserver la paix sociale, les établissements hors contrat par exemple sont très peu contrôlés, et en général on ne les ferme jamais pour le contenu de l’enseignement qu’ils dispensent, mais pour des raisons administratives, l’absence d’extincteurs… Pas en raison de problèmes de sécurité. C’est un sujet tabou en ce sens où on s’empêche d’en parler. Et on s’empêche d’être lucide. Ils se stigmatisent tous seuls pour une pratique rétrograde, rigoriste. Moi-même je suis issue de la culture musulmane. Ils ont donc plus de mal à me traiter d’islamophobe. Ce ne sont plus les gens avec lesquels j’ai grandi. On ne voit plus l’islam que j’ai connu, qui était un islam culturel, mais c'est devenu un islam du prédicateur, un islam dominateur. Et le résultat : ils livrent tous le musulmans qui se comportent bien, qui vivent bien, qui se sentent Français, ils les livrent aux mains des islamistes. Voilà ce que font ses élus. C’est une grande trahison.     

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