Un rapport confidentiel d’EDF anticipe une explosion des coûts de l’électricité en France
© Wiki commonsUn document interne d’EDF, révélé récemment, alerte sur les surcoûts et les risques accrus liés à la modulation du parc nucléaire pour intégrer les énergies renouvelables intermittentes. Cette flexibilité pourrait entraîner une hausse massive des factures électriques, alors que la PPE3 est imminente.
Un rapport interne d’EDF, révélé par Le Point et La Tribune, met en lumière les défis techniques et économiques posés par l’adaptation du nucléaire aux variations du solaire et de l’éolien. Le document met en exergue des implications directes sur la stabilité du réseau et sur les coûts pour les consommateurs.
Daté de fin 2025 mais non publié, le rapport interne d’EDF analyse les conséquences d’une modulation accrue des 57 réacteurs nucléaires français. Conçus pour un fonctionnement stable, ces installations doivent désormais ajuster leur puissance plus fréquemment pour compenser l’intermittence des renouvelables.
Géraldine Woessner, rédactrice en chef au service Société du Point, a dénoncé les annonces gouvernementales en matière énergétique : « Personne n’y croit, et cela n’arrivera pas. »
Je rêve d’un dirigeant qui, un jour, fixerait des objectifs réalistes, et donc réalisables…
— Géraldine Woessner (@GeWoessner) February 8, 2026
En 46 ans, nous avons réduit notre dépendance aux fossiles de 22%.
Et nous la réduirions de 30% supplémentaires, en seulement 4 ans ?
Personne n’y croit, et cela n’arrivera pas. https://t.co/7FrRHFx43ipic.twitter.com/kdEJ2ReXQT
EDF anticipe un vieillissement prématuré des composants, comme les circuits primaires et les machines tournantes, soumis à des cycles thermiques répétés.
Économiquement, le document évoque des « risques économiques majeurs pour la collectivité », avec une stagnation de la consommation à 450 TWh d’ici 2030. Les surcoûts incluent un amortissement moins efficace des coûts fixes, des renforcements de réseaux et des pertes d’efficacité lors des baisses de charge. La CRE a fixé le coût du nucléaire historique à 60,3 euros/MWh pour 2026-2028, mais EDF craint une explosion des tarifs après l’Arenh.
Ces alertes interviennent alors que Sébastien Lecornu annonce la signature de la PPE3 « en fin de semaine prochaine », avec six EPR et un développement des renouvelables sans moratoire. Le syndicat d’EDF s’inquiète de la stabilité du système, et la Fédération Environnement Durable pointe une « incompatibilité majeure » entre nucléaire modulé et ENR massives.
COMMUNIQUÉ DE LA Fédération Environnement Durable
— vosgeshorizondurable (@88_ASPP88) February 6, 2026
« PPE 3 : le rapport EDF révèle une incompatibilité majeure entre nucléaire et renouvelables. » pic.twitter.com/8Gau4uEZ9F
Sur le plan industriel, les retards de redémarrage après arrêt, pouvant aller jusqu’à plusieurs heures, compliquent la gestion des pointes de consommation. L’UFC-Que Choisir redoute une « explosion des tarifs » pour les ménages, dans un contexte d’investissements colossaux estimés à 460 milliards d’euros d’ici 2040 pour le grand carénage et les nouveaux réacteurs.
Fabien Bouglé, expert en énergie, alerte même sur X : « En continuant dans la folle politique des énergies intermittentes, on accélère ce qui fait fermer nos usines… »
#PPE3 = ACCÉLÉRATION DE NOTRE DÉCLIN INDUSTRIEL
— Fabien Bouglé (@FabienBougle) February 8, 2026
En continuant dans la folle politique des énergies intermittentes on accélére ce qui fait fermer nos usines...#Resistanceenergetique
"La hausse des prix de l’énergie lui a été fatale"https://t.co/DXrzITKutW
Les révélations du rapport interne d’EDF nourrissent un débat sensible sur le financement de la transition, entre maîtrise des risques et acceptabilité des prix, alors que le gouvernement vise une électrification accrue des usages à 60 % d’ici 2030.