Dégel probable dans les relations russo-britanniques - un bénéfice mutuel

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La Russie, comme la Grande-Bretagne, doit lutter contre Daesh et la menace terroriste, il est temps de comprendre qu’il est mieux de le faire ensemble, estime le journaliste John Wight, commentant un possible dégel entre Moscou et Londres.

Le président russe Vladimir Poutine rencontrera le mois prochain le nouveau Premier ministre britannique Theresa May dans le cadre du sommet de G20. Au cours de leur première conversation téléphonique depuis l'arrivé de Theresa May au pouvoir, les deux dirigeants ont affirmé que la Russie et le Royaume-Uni avaient besoin de coopérer, ce qui implique un partenariat économique plus fort et un dialogue plus étroit entre les agences de sécurité des deux pays.

RT : Le président Poutine a rencontré ce mardi 9 août le président turc afin de rétablir des relations gravement endommagées. Désormais une rencontre avec Theresa May est en cours de préparation. Assistons-nous à un rétablissement des relations de la Russie avec les puissances clés ?

Theresa May n'aura pas d'illusion quant à ce que signifie ce nouveau rapprochement entre la Turquie et la Russi

John Wight (J. W.) : Cela en a certainement l'air. Le président Poutine peut en effet être fier de ses succès cette semaine en ce qui concerne le rapprochement avec la Turquie et sa rencontre avec Recep Tayyip Erdogan à Saint-Pétersbourg. Elle s'annonce prometteuse, et il semble qu'il puisse y avoir une amélioration des relations entre le Royaume-Uni et la Russie.

Il est très important que ce soit effectué. C'est très important pour la Grande-Bretagne, étant donné que Theresa May est devenue chef du gouvernement à Downing Street au moment d'une  profonde incertitude économique et politique qui s'est installée après le vote sur Brexit. Elle n'aura pas d'illusion quant à ce que signifie ce nouveau rapprochement entre la Turquie et la Russie, compte tenu de l'état dans lequel ont été ces relations pendant neuf mois après que l'avion russe a été abattu par les forces turques. L'enjeu est donc énorme.

Le président Poutine aspirera certainement à avoir des relations plus étroites avec la Grande-Bretagne, car, en novembre, les Etats-Unis vont avoir un nouveau président. Ce sera très probablement Hillary Clinton dont l'attitude envers la Russie, comme on le sait, est très très dure. Il y a donc beaucoup de volets, mais il est extrêmement important pour les deux pays qu'il y ait un nouveau départ dans les relations après l'arrivé au pouvoir de Theresa May.

Ce sont les événements et pas une sorte de changement idéologique qui sont derrière cette nouvelle attitude

RT : David Cameron critiquait souvent le président Poutine, surtout au regard de l'Ukraine. Croyez-vous que Theresa May ait une approche différente ? 

J. W. : Oui, elle est Premier ministre maintenant, c'est un rôle tout différent. Mais ce sont les événements et pas une sorte de changement idéologique qui sont derrière cette nouvelle attitude, notamment cette nouvelle étape qu’est la crise post-Brexit en Grande-Bretagne et le rapprochement entre la Turquie et la Russie. Les deux pays ont également des choses qu’ils peuvent résoudre ensemble. Par exemple, il faut faire face aux événements du Moyen-Orient, notamment continuer la lutte contre Daesh et la menace terroriste qui affecte les deux pays.

La Russie voudrait atteindre un changement d'attitude dans l’expansion et l'encerclement opéré par l'OTAN. De ce fait, les deux ont des problèmes très graves à régler et il est temps de comprendre que c'est mieux de travailler ensemble qu’isolés. Vladimir Poutine appelle depuis des d'années à assurer une telle unité pour de meilleures relations entre la Russie et les partenaires européens. Espérons que c'est le début de quelque chose qui ira dans ce sens. 

La levée des sanctions dépendra de l'attitude de l'Allemagne et de la France

RT : David Cameron a menacé l'année dernière de porter les sanctions anti-russes à un «niveau totalement différent». Maintenant qu’il est parti, vous attendez-vous à ce que la Grande-Bretagne lève les sanctions ?

J. W. : Je pense que cela dépendra de l'attitude de l'Allemagne et de la France, qui sont moins favorables aux sanctions. Ce sont les Etats-Unis qui prônaient ces sanctions. David Cameron a essayé de renforcer sa crédibilité auprès de Washington dans ce cas précis. C'est ce qui a motivé sa position. La mandat présidentiel de Barack Obama touche à sa fin. Tout va évidemment dépendre de... Hillary Clinton probablement. Sa position sera dure quand elle sera au pouvoir à la Maison Blanche. Ce sera la relation clé dont le président Poutine devra s'occuper. De ce point de vue, il lui sera profitable d'avoir en même temps de meilleures relations avec la Grande-Bretagne et d'autres voisins européens. Dans le cas de la Turquie il l'a déjà fait. Cela ne peut que l'aider à aller dans ce sens.

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