Boris Johnson pourrait rompre avec l’attachement de Londres à la politique étrangère de Washington

© Neil Hall Source: Reuters

Boris Johnson a été récemment nommé nouveau ministre britannique des Affaires étrangères. Si les critiques le traitent de clown, il a quand même résisté à la tendance générale de céder au néoconservatisme, estime le journaliste et écrivain Neil Clark

Theresa May, nouveau Premier ministre du Royaume-Uni, a récemment nommé l’ancien maire de Londres Boris Johnson ministre des affaires étrangères.

RT : A votre avis, quel est le sens de la nomination de Boris Johnson ?

Neil Clark (N. C.) : C’est intéressant, n’est-ce pas ? Il me semble qu’on a beaucoup parlé de Boris Johnson sur Twitter. Les gens le traitent de pitre, de bouffon, etc. Mais cela vaut la peine de se rappeler qu’en ce qui concerne la politique étrangère, il a résisté à la tendance. Il a écrit un article pour The Daily Telegraph, en avril, quand Palmyre a été libérée par l’armée syrienne grâce à l’aide de la Russie disant «Bravo, Assad», et ce n’est pas quelque chose que l’on entend très souvent des commentateurs de l’establishment britannique. Les néoconservateurs britanniques l’ont attaqué pour avoir écrit ça. En évoquant la Russie et le problème ukrainien, il a accusé l’UE d’avoir attisé les tensions en Ukraine il y a quelques années. Il n’est pas néoconservateur. C’est très important, il n’appartient pas au camp des faucons, si vous voulez. Cependant, maintenant qu’il a obtenu ce poste important, il pourrait en devenir un.

J’espère qu’il maintiendra le cap, gardera une position plus réaliste en politique étrangère et rompra avec le néoconservatisme agressif

RT :Croyez-vous que cela fasse partie de ce que Theresa May a en tête ? 

N. C. : J’ai travaillé avec Boris Johnson, j’ai écrit pour lui à The Spectator. Ce n’est pas un faucon néoconservateur. Il publiait mes articles quand j’y travaillais. Il ne vante pas les mérites d’une politique étrangère du style de la droite guerrière de Blair ou de celle de la politique étrangère néoconservatrice qui incite à agresser et provoquer la Russie, qui est très anti-Assad et anti-Syrie. Lui, il écrivait et disait que Daesh était pire que le gouvernement syrien. Encore une fois, c’est assez clair pour la majorité des gens, mais pas pour les néoconservateurs britanniques. J’espère donc qu’il maintiendra le cap, gardera une position plus réaliste en politique étrangère et rompra avec le néoconservatisme agressif, qui était typique du ministre des affaires étrangères Philip Hammond. Mais seul le temps nous dira s’il finira par se conformer et suivre la ligne agressive de Washington.

 

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