Les attaques incessantes des médias contre Trump prouvent que la démocratie américaine est une farce

Donald Trump© Aaron P. Bernstein Source: Reuters
Donald Trump

Le candidat Donald Trump a raison : «le système est truqué.» Le charge médiatique contre lui démontre irréfutablement que c’est le puissant establishment et non pas le peuple qui décide de qui siège à la Maison-Blanche, estime Finian Cunningham.

Trump est de plus en plus attaqué dans les médias américains, concernant de supposés traits de caractères. Le dernier coup en date présentait Trump comme quelqu’un de totalement imprévisible et qui pourrait déclencher la Troisième Guerre mondiale. Bref, un «fou de la bombe atomique».

Dans le journal Defense One, aligné sur Pentagone, le magnat de l’immobiler est décrit comme quelqu'un à qui on ne pourrait faire confiance s’il avait la main sur le bouton nucléaire. Pour Trump, donner l’ordre de lancer des frappes nucléaires équivalant à 20 000 bombardements d'Hiroshima serait aussi «simple que commander une pizza», affirme l’article d'opinion.

Si ce n'est pas un exemple de propagande basée sur la peur, qu’est-ce ?

Les principaux médias américains n’ont jamais aimé le milliardaire casse-cou Trump. Il fait de bons chiffres en termes d’audience, c’est sûr, mais leur couverture du candidat républicain a dès le départ été majoritairement négative.

Comme dans une immense procédure de filtrage, la candidature de Trump et ses partisans sont systématiquement marginalisés

La campagne de Trump a plutôt été soutenue par le vote populaire – et non par l'approbation de l'establishment, y compris la direction du Parti républicain et les médias. Maintenant que la course à la présidence se transforme en une compétition entre deux chevaux, entre la démocrate Hillary Clinton et Trump, l'antipathie des médias vis-à-vis de Trump se transforme en un concentré d’attaques sans pitié. Ces attaques, il faut le dire, sont proches de l'hystérie et seule une grande machine peut y procéder.

Comme dans une immense procédure de filtrage, la candidature de Trump et ses partisans sont systématiquement marginalisés. A ce rythme, au moment où l'élection aura lieu, en novembre, le résultat aura déjà été formellement décidé - par les puissances existantes, non par la volonté populaire.

La semaine dernière a donné un aperçu de l’intensification de la charge médiatique anti-Trump. Les médias américains majeurs ont procédés à de sérieuses accusations, affirmant que Trump était un fan de l'ancien dictateur irakien, le brutal Saddam Hussein. Ces accusations se fondaient sur une vague interprétation de ce qu’a dit Trump lors d'un rassemblement où il a fait référence à la poigne de fer de Saddam quant à l’anéantissement du terrorisme. Il n'a pas dit qu'il appréciait Saddam. En réalité, il l'a qualifié de «sale type». Mais Trump a dit que le dictateur irakien anéantissait efficacement les terroristes.

Un deuxième refrain médiatique émerge : «Trump antisémite.» Cela fait référence à une image tweetée par l’équipe de campagne de Trump et présentant Hillary Clinton comme la «candidate la plus corrompue de tous les temps». Ces mots étaient accompagnés d’une étoile rouge, à six branches. Et encore une fois, les médias traditionnels ont abondamment couvert la chose pour affirmer que l'image était antisémite car, il s’agissait soit-disant d’une «étoile de David».

Trump doit maintenant passer plus de temps à expliquer ce qu'il a dit ou ce qu’il n'a pas dit, au lieu d'être autorisé à formuler des critiques à l’encontre de sa rivale démocrate

Avec véhémence, Trump a critiqué ces accusations. Il a dit que c’était tout simplement une étoile, comme celle des marshalls américains. Lorsque son équipe de campagne a réagi à la fureur médiatique initiale en remplaçant l'étoile rouge par un cercle, cela n’a fait qu’alimenter les accusations contre Trump, car cela a été considéré comme une rétractation. Cependant, il a ensuite réprimandé son équipe de campagne, estimant qu’ils auraient dû garder l'image de l'étoile et le laisser défendre ce choix d'image comme une simple et inoffensive étoile.

Pour ce que ça vaut, le beau-fils de Trump, Jared Kushner, qui est Juif, s’est par la suite rallié à la défense du magnat et a expliqué que celui-ci n’était ni raciste ni antisémite et que la controverse était une tempête dans un verre d’eau provoquée par les médias.

Au cours de cette même semaine, alors que le présumé admirateur de dictateur et anti-sémite Trump faisait la une des journaux, nous prenions connaissance de l’amour de Donald pour la gâchette nucléaire.

Ca n’est pas tout. L'article, du style «Trump-risque-l’Armageddon», le place en compagnie du leader russe Vladimir Poutine et de Kim Jong-un, de Corée du Nord qui, nous dit-on, «tiennent aussi le doigt sur le bouton nucléaire».

Il s’agit là d’une tactique d’intimidation extrême, ajoutée pour le principe, en plus de la calomnie et la diabolisation

Sous le titre «Comment empêcher Donald Trump d’appuyer sur le bouton nucléaire», une image montre le candidat à la présidence avec un pouce levé dans un mouvement vers le bas. La réponse à la question est : ne pas voter pour ce type - sauf si vous voulez incinérer la planète !

Il s’agit là d’une tactique d’intimidation extrême, ajoutée pour le principe, en plus de la calomnie et la diabolisation. Le tout est gonflé au maximum par les médias traditionnels américains, tous détenus par six uniques conglomérats.

Trump doit maintenant passer plus de temps à expliquer ce qu'il a dit ou ce qu’il n'a pas dit, au lieu d'être autorisé à formuler des critiques à l’encontre de sa rivale démocrate ou d'avancer un programme politique quel qu’il soit, qu'il entendrait appliquer en tant que président.

L'accusation selon laquelle Trump est une menace pour la sécurité nationale des États-Unis est d'autant plus ironique, que, cette semaine, Hillary Clinton a été étiquetée comme «extrêmement négligente» par le chef du FBI concernant la diffusion de secrets d'Etat via son compte de messagerie privé insécurisé.

De nombreux experts en matière de droit et anciens fonctionnaires du gouvernement américain suggèrent que la fuite d'informations classées de Clinton mérite des poursuites pénales – une issue qui lui interdirait de participer à l'élection présidentielle.

La question de pourquoi le FBI aurait déterminé qu'il n'y aurait pas de poursuite, alors même que plus de 100 documents classés ont été diffusés par Clinton quand elle était secrétaire d'État (2009-2013), a conduit le public à évoquer le principe du «deux poids deux mesures».

La controverse a été aggravée par le procureur général des États-Unis Loretta Lynch, qui a aussi déclaré qu’aucune plainte ne serait déposée, que l’affaire était close – une semaine après qu'elle eut rencontré le mari de Hillary, Bill, à bord de son avion, pour une conversation archi-secrète.

Trump souligne à juste titre que la violation par Clinton du secret d'Etat- que ce soit intentionnellement ou par négligence - a, de fait, constitué une menace pour la sécurité nationale. Pourtant, l'attention des médias s’est décidément détournée de sa rivale démocrate. Elle s’est plutôt concentrée sur des vaines préoccupations concernant le riche promoteur de l’immobilier.

La politique américaine a depuis longtemps été tournée en dérision, devenant un show dans lequel les puissants lobbies achètent le résultat du concours

Trump a raison. Le système politique aux États-Unis est truqué. Non seulement en termes de deux poids deux mesures du système judiciaire, mais aussi dans un contexte plus large concernant la façon dont les candidats sont présélectionnés et sélectionnés - ici par le biais d’une diffamation injustifiée.

Les opinions réactionnaires de Trump concernant l'immigration, les relations raciales et la politique internationale sont certainement discutables. Sa crédibilité en tant que prochain président des États-Unis peut être douteuse. Mais sa crédibilité est-elle plus faible que celle de Hillary Clinton ? Elle qui mélange ses fonctions officielles avec l’intérêt des banques de Wall Street et des gouvernements étrangers qui agissent en tant que donateurs de sa Fondation Clinton, ce qui ressemble fort à la vente de la politique fédérale au nom du profit. Son penchant pour les opérations criminelles de changement de régime au Honduras, en Libye, en Syrie et en Ukraine dessine un portrait de parrain d’une mafia politique.

La course à la Maison-Blanche est soudoyée comme jamais auparavant

La politique américaine a depuis longtemps été tournée en dérision, devenant une farce, un show dans lequel les puissants lobbies achètent le résultat du concours. La participation indépendante de Trump aux élections est possible uniquement parce qu'il est multimilliardaire, donc en mesure de financer une campagne politique.

Cela étant dit, l'homme d'affaires de New York s’est attiré un nombre considérable de partisans grâce à ses attaques non-conformistes contre l'establishment pourri de Washington.

Mais ce à quoi nous assistons est la démonstration impudente de la façon dont les puissances existantes (Wall Street, les médias, le Pentagone, Washington, etc.) interviennent audacieusement dans ce cycle électoral pour priver la population de son vote.

Clinton a émergé en tant que candidate sélectionnée par l’establishment, et la course à la Maison-Blanche est truquée comme jamais auparavant.

La démocratie américaine est une course ? Plutôt un abattoir.

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