Conséquence logique du Brexit : l’anglais ne devrait plus être une langue officielle de l'UE

© Pascal Guyot Source: AFP

La Grande-Bretagne quittant l'Union européenne, l'anglais ne doit plus figurer parmi les langues officielles de l'Union des 27, au profit du français et de l'allemand, estime le maire de Béziers Robert Ménard.

RT : Pourquoi pensez-vous que l’anglais ne doit plus être l’une des langues officielles de l’Union européenne ?

Robert Ménard (R. M.) : L’anglais n’est la langue officielle que de la Grande-Bretagne et d’aucun autre pays de l’Union européenne. La Grande-Bretagne quittant l’Union européenne il semble logique, naturel, évident que l’anglais ne sera plus l’une des langues officielles de l’Union européenne. N’étant plus une langue officielle je vois mal comment cela pourrait être une langue de travail. On utiliserait une langue qui ne représente plus, qui n’est plus demandée par aucun pays comme langue de travail ou comme langue de communication ? C’est invraisemblable et je pense que l’évidence demain est qu’on revienne aux seules langues de travail, qui seront par ailleurs encore des langues officielles, le français et l’allemand.

C'est une chance historique pour que le français retrouve toute sa place

RT : Allez-vous retirer tout ce qui est écrit en anglais dans les rues de votre ville ?

R. M. : Il existe une loi en France qui oblige chaque fois que vous utilisez sur une enseigne, dans une publicité, dans un film, ce que vous voulez, en anglais de le traduire en français. C’est une loi qui est très convenable, utile, qui préserve le français. Il faut préserver le français mais je n’irai évidemment pas à la chasse à l’anglais dans ma ville.

RT : Quelle langue peut remplacer l’anglais ?

R. M. : La Grande-Bretagne ne faisant plus partie de l’Union européenne, il reste deux langues, le français et l’allemand. Le français pendant des siècles a été la langue des relations internationales. A la cour de Russie on parlait le français, les diplomates parlaient le français. D’une certaine façon c’est une chance historique pour que le français retrouve toute sa place, en particulier en Europe.

RT : Que pensez-vous du Brexit ? Est-il possible que d’autres pays européens décident de quitter l’Union européenne ?

Quitter l’Union européenne ce n’est pas quitter l’Europe

R. M. : C’est un événement colossal, important et même historique parce que ce que l’on nous présentait jusqu’ici comme impossible, comme le chaos assuré, comme la fin du monde, en nous disant «personne ne peut quitter l’Union européenne», on vient de voir qu’un peuple le demande et va l’obtenir. Cela veut dire que ceux qui nous disaient qu’il est impossible de quitter l’Union européenne ont eu tort. Cela va peut-être pousser ou inciter un certain nombre d’autres peuples à se poser cette question.

La situation en France n’est pas la même que celle en Grande-Bretagne. La France est un des pays qui a créé l’Union européenne, mais c’est un des pays où cette question maintenant va se poser. Il faut bien expliquer, et un certain nombre de gens sont particulièrement de mauvaise foi en ce moment, que quitter l’Union européenne ce n’est pas quitter l’Europe. Quitter l’Union européenne c’est quitter une bureaucratie européenne, c’est quitter une administration supplémentaire, c’est quitter des eurocrates qui imposent leurs lois aux simples citoyens. La Grande-Bretagne reste un pays européen et comme le disait un grand homme français «de la France à l’Oural c’est l’Europe». C’est peut-être cette Europe-là, cette Europe des nations qu’il faut construire.

La frontière de l’Union européenne va changer mais la question essentielle est de dire non à l’immigration

RT : Qui va s’occuper des migrants de Calais désormais ?

R. M. : Le problème n’est pas de se renvoyer la balle entre la France et la Grande-Bretagne sur les réfugiés à Calais. Il s’agit de dire aujourd’hui qu’on ne veut plus recevoir dans l’Union européenne des réfugiés qui ne soient pas des demandeurs d’asile avérés, des gens qui sont effectivement en danger pour leur opinion ou leur religion. Il faut arrêter le reste de l’immigration  à toutes les frontières. Or il est vrai qu’aujourd’hui il y a un vrai problème parce que la frontière de l’Union européenne va changer mais la question essentielle aujourd’hui est de dire non à l’immigration, d’assurer autour de l’Europe des frontières hermétiques qui empêchent les immigrés de rentrer. Si l’Europe ne se dote pas de ces moyens, que chaque Etat, et en particulier mon pays la France, se dote à nouveau de frontières où il y a des gens qui soient capables de dire non à des vagues d’immigration qui déstabilisent nos pays.

On est habitué en France à une classe politique de droite comme de gauche qui aime la démocratie quand cela va dans son sens

RT : Le référendum garantit-il que la volonté du peuple va être respectée ?

R. M. : Evidemment, le référendum est la meilleure manière qui soit de demander son avis au peuple. Je vous rappelle qu’en 2005 les Français se sont déjà prononcés sur l’Union européenne en disant qu’il fallait arrêter un certain nombre de dérives de l’Union européenne et que trois ans plus tard un gouvernement de droite décidait de faire adopter par les parlementaires ce que le peuple français avait refusé. Cela veut dire qu’on est habitué dans ce pays à une classe politique de droite comme de gauche qui aime la démocratie quand cela va dans son sens. Quand le peuple n’est pas d’accord avec eux, la droite comme la gauche, ils n’aiment plus la démocratie et ils n’aiment plus le référendum. 

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