Accord UE-Turquie sur les réfugiés : «du marchandage digne d'un souk !»

© Kai Pfaffenbach Source: Reuters

François Hollande en Mister Magot et la Commission européenne aux commandes des «bisounours» – le sénateur de la Côte-d'Or Alain Houpert s'exprime à propos d'une possible introduction du régime sans visas entre l'Union européenne et la Turquie.

RT : Que pensez-vous du régime sans visas entre l’Union européenne et la Turquie ?

Alain Houpert (A. H.) : La possibilité pour les citoyens turcs de venir en France sans visa, c’était le chantage d’Erdogan pour pouvoir signer le contrat : accueillir les réfugiés chez lui en contrepartie de six milliards d’euros donnés par la Communauté européenne. Il y a eu une négociation la semaine dernière avec Angela Merkel et le Président de l’Europe et, au mois de juin, on va proposer à divers gouvernements d'accueillir sur leur sol les citoyens turcs sans visa.

Cela est un peu difficile à accepter, la Turquie n'ayant pas la même expérience de la démocratie que la France ou l’Allemagne. Quand on a une carte d’identité en France, elle peut être vérifiée, mais un passeport turc, je ne pense pas. On essaye de cantonner les réfugiés près de leur lieu de résidence pour qu’ils puissent revenir quand il y aura la paix et on va transformer la Turquie en passoire pour Daesh.

RT : Pensez-vous que le financement de l’Europe et l’accord sur le régime sans visa avec la Turquie vont régler le problème de la crise des réfugiés ?

J’ai l’impression que François Hollande c’est Mister Magot, un personnage de bande dessinée des années 1940 qui ne voyait pas les catastrophes arriver et qui arrivait à s’en sortir on ne sait pas comment

A. H. : Non, c’est du marchandage digne d’un souk ! C’est du chantage. La Turquie s’est engagée à faire la même chose avec les Chypriotes, mais d’un autre côté ne reconnait pas l’Etat chypriote. Je me souviens de la Turquie qui a fait un blocus contre des produits français, en particulier la viande française, lorsque la loi pour la reconnaissance du génocide arménien a été votée en France. Je n’ai pas confiance en Erdogan. C’est quelqu’un qui est contre la liberté de la presse, qui emprisonne les journalistes, qui massacre les Kurdes - et puis, il y a encore quelques problèmes avec le peu d’Arméniens qu’il reste. Pour nous les Républicains, la Turquie c’est l’Asie, c’est un cheval de Troie, c’est l’entrée masquée en Europe.

Les citoyens turcs ? Très bien. [Quant à] Monsieur Erdogan, vous vous souvenez du discours qu’il a fait à Strasbourg l’an passé, lorsqu’il est venu pour [évoquer] son programme électoral ? C’était avant les attentats et il prônait pratiquement le djihad. Donc non, ce n’est pas possible. François Hollande se laisse complètement avoir. La négociation a eu lieu entre Madame Merkel et le Premier ministre hollandais, qui est le Président de l’Europe en exercice pendant six mois. Donc c’est quand même dommage d’imposer ça et on ne peut pas reculer. Il y a 15 jours, on nous disait que les 72 conditions pour que ce contrat puisse se faire avec la Turquie étaient loin d’être réalisées, et, maintenant, on nous dit qu’elles le sont toutes – on se fout de nous ! Je ne sais où on va et j’ai l’impression que François Hollande c’est Mister Magot, un personnage de bande dessinée des années 1940 avec des grosses lunettes, qui était myope et qui ne voyait pas les catastrophes arriver et qui arrivait à s’en sortir on ne sait pas comment. Il y a eu un sondage fait par SupRadio : les Français sont à 96% contre.

Il faut donner à chaque pays la possibilité de contrôler, de protéger ses citoyens, et c’est le premier devoir d’un gouvernement.

A. H. : J’ai peur des conséquences des divers électorats des pays européens. Vous voyez la haine en Hongrie, vous voyez le Front national qui monte en France. A force d’être trop bisounours, à force de ne plus avoir d’autorité, alors que Monsieur Erdogan fait dans l’autoritarisme, les Français ne croient plus en l’Europe, les Français ne croient plus en leur démocratie, les Français ne croient plus en leur représentation nationale. Donc c’est à nous, députés et sénateurs, de dire : «Non Monsieur Hollande. Non, ce n’est pas possible.»

RT : La Commission européenne a mis sur la table une proposition selon laquelle les Etats membres de l'UE doivent payer 250 000 d'euros pour chaque réfugié rejeté...

A. H. : Cela signifie que la Commission européenne commande ! Les frontières de Schengen sont à l’orient de l’Europe. Il faut donner à chaque pays la possibilité de contrôler, en fonction de ses moyens, de protéger ses citoyens. Ce qui reste le premier devoir d’un gouvernement.

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