Diplomatie palestinienne : la reconnaissance d’un Etat palestinien serait positive pour la France

Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki© Mohamed Abd El Ghany Source: Reuters
Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki

L'initiative française de reconnaissance de la Palestine et l'implication de Barack Obama dans le conflit israëlo-palestinien vus par le ministre des Affaires étrangères palestinien, Riyad al-Maliki.

RT : La partie française a exprimé sa volonté d'assumer les risques politiques jusqu'à la reconnaissance d'un Etat palestinien en cas d'échec des négociations. Croyez-vous à ces promesses ? Est-il possible qu’un autre pays occidental reconnaisse la souveraineté de la Palestine ?

Riyad al-Maliki : De telles actions de la France ne représentent pas de risque politique. La reconnaissance d’un Etat palestinien renforcerait la position française sur la scène mondiale. Un tel mouvement est un atout pour le gouvernement dans ces pays, en particulier compte tenu du fait que l'opinion publique est en faveur de la reconnaissance de la Palestine.

Si la France nous reconnait, son exemple sera suivi par cinq ou six autres pays occidentaux

Le Parlement français a voté en faveur de la reconnaissance de l’Etat palestinien, et ce processus est retardé seulement au niveau des dirigeants politiques. En même temps, nous comprenons que dans cette proposition française la reconnaissance de l’Etat palestinien est fermement liée à la reprise des négociations, au début d'une conférence internationale pour la paix, etc. Et séparément de tout cela, cette perspective ne sera pas considérée.

C’est pour cette raison que nous avons immédiatement dit «oui» à l'initiative française. Nous croyons que cette initiative, que ce soit un succès ou un échec, conduira à ce que la France reconnaisse l’Etat palestinien. Et si la France nous reconnait, son exemple sera suivi par cinq ou six autres pays occidentaux. Par conséquent, pour la Palestine cette initiative est utile à tous les niveaux – alors, pourquoi nous y renoncerions ? Nous considérons cette initiative comme étant positive et nous essayons de convaincre de nombreux autres pays à s’y joindre. Des pays tels que le Japon, la Corée du Sud, l'Inde, le Brésil ou l'Afrique du Sud sont très favorables à l'idée de participer [à cette initiative]. Nous espérons que la position de la Russie sera semblable. La participation de tous ces pays, y compris la Russie, serait pour nous suffisante pour garantir la transparence et l’équité du processus, qu’il sera mené dans le sens qui est favorable.

Barack Obama avait huit ans pour parvenir à un règlement pacifique

RT : En mars, Barack Obama a déclaré que, même lorsqu’il quittera la Maison Blanche, il continuerait à chercher un règlement pacifique au conflit israélo-palestinien par la création d'un Etat palestinien indépendant. Que pensez-vous de cette déclaration du leader américain ?

Riyad al-Maliki : Barack Obama avait huit ans pour parvenir à un règlement pacifique. S'il n'a pas bénéficié de cette occasion en étant en situation d'autorité, pensez-vous qu'il en sera autrement quand il n’y sera plus ? Bien sûr, avec le statut d’ex-président et n’ayant rien d’autre à faire, il pourrait être plus intéressé par des résultats concrets. Mais il sera alors trop tard et ses actions n’auront pas l’influence nécessaire. Nous nous attendions à ce qu’il participe au processus de règlement dès le début, c’est ce qu’il nous a en fait promis à l'origine, en nommant George Mitchell [en tant que son envoyé spécial au Moyen-Orient] à ce propos.

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Lors de son discours à l'Université du Caire, Obama a même dit qu'il considérait illégale la construction des implantations israéliennes dans les territoires palestiniens, y compris dans le cadre de ce que l'on appelle l’accroissement naturel. Il a également dit que la création d'un Etat palestinien répondrait aux intérêts de la sécurité nationale des Etats-Unis. Cependant, avec le temps il s’est éloigné de plus en plus de cette position. Aujourd'hui Obama est probablement fier de ses succès, tels que la signature d'un accord sur le programme nucléaire iranien et la restauration des relations avec Cuba, mais en ce qui concerne la résolution de la question palestinienne et du règlement du conflit israélo-palestinien, son bilan s'est révèle être un échec total.

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