«L’affaire Assange est un challenge pour l’humanité et la société»

Julian Assange Source: Reuters
Julian Assange

Alors que le groupe de travail de l’ONU a publié son verdict sur l’affaire de Julian Assange, dont la détention a été jugée arbitraire, la lanceuse d’alerte de LeisureNet Wendy Addison a présenté pour RT son point de vue sur la situation.

RT : Est-ce que le verdict annoncé aujourd’hui a de plus vastes implications pour les lanceurs d’alerte en général ?

W.A. : Je pense que oui. Je pense que nous devons nous préoccuper des droits des lanceurs d'alerte. Les lanceurs d’alerte sont des personnes qui s’expriment pour l’intérêt général. Nous devons garder à l’esprit que l’intention des lanceurs d’alerte est d’attirer l’attention du public sur des agissements illégitimes ou illégaux. Et nous savons de par mon expérience personnelle, mais aussi de toutes les autres que le refoulement et les attaques subies prennent de l’ampleur jusqu’à atteindre un abus des droits de l’Homme, tels que de devoir vivre isolé ou d’être obligé d’abandonner sa carrière, ou de vivre dans la rue. 

RT : Nous avons entendu plusieurs voix qui remettent en question l’enquête de l’ONU, ainsi que des menaces vis-à-vis d’Assange, allant jusqu’à des menaces de morts…

W.A. : Oui, cela nous enseigne bien des choses sur la société, comme quoi nous ne sommes pas encore prêts à apprendre ces vérités ainsi révélées et comme quoi nous devons réellement nous ressaisir sur ce point. Parce que nous ne pouvons pas construire quoi que ce soit sur la base du mensonge ou de la malhonnêteté. Donc c’est un challenge pour l’humanité et pour la société. 

RT : Quant au traitement de Julian Assange, est-ce que cela a découragé d’autres lanceurs d’alerte à présenter leurs découvertes et comment la décision de l’ONU pourrait influencer cette situation ?

W.A. : Je pense que c’est encore trop tôt pour dire si réellement le sujet des lanceurs d’alerte sera abordé par les groupes de travail des Nations unies ni comment il sera abordé. Je crois que les lanceurs d’alerte sont toujours dans une situation de découragement après les exemples de Manning, de Snowden et d’Assange. Cependant, je crois que nous devons également être reconnaissants qu’un grand travail est mené en coulisses pour assurer la sécurité des lanceurs d’alerte. Et, nous devons également garder à l’esprit que tous les lanceurs d’alerte ne sont pas Snowden ou Assange. D’autres mécanismes existent en effet pour ceux dont le sujet qu’ils dénoncent ne touche pas au domaine public.

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RT : Que croyez-vous qu’il arrivera maintenant à Julian Assange ?

W.A. : Je crois que cela ouvrira certainement des canaux de discussions et comme je le dis, c’est un véritable test pour le droit, c’est un véritable test pour notre habilité à faire un pas en avant vers nos propres standards en termes de droits de l’Homme. Il faut que cela soit examiné en fonction des résultats pour Julian et pour les futurs lanceurs d’alerte, ainsi que pour la démocratie et pour les droits de l’Homme dans la société. 

RT : La Grande-Bretagne et la Suède entendent contester la décision de l’ONU. Comment le groupe de travail de l’ONU qui a prononcé le verdict pourrait répondre à ces actions, à votre avis ?

W.A. : Vous savez, on en revient à la loi au final. D’après ce que je comprends, à l’heure actuelle, la décision prise par les Nations unies n’est pas juridiquement contraignante, mais, je crois qu’il faut voir dans cela quelque chose de plus grand, quelque chose de plus large. Vous évoquez la supériorité morale et je crois que c’est important, c’est primordial, au-delà de la loi. Donc, savoir si c’est un droit légal pour Assange ou un droit moral, cela sera déterminé par comment nous nous positionnons en termes de droits de l’Homme.

RT : Quelle a été l’importance des révélations de WikiLeaks, en quoi ont-elles influencé la société ?

W.A. : Cela a attiré l’attention, l’intérêt du public, sur le fait que les agences gouvernementales doivent être tenues de la même façon que tous les autres. Je crois que par le passé, on acceptait que les organisations d’un certain niveau pouvaient se permettre certaines choses, mais les agences gouvernementales sont allées un petit peu trop loin. Et à mon avis, ce qu’a fait Assange suivi de Snowden était de porter à l’attention du public que les agences gouvernementales ont également besoin de s’en tenir aux mêmes obligations face à l’opinion publique. 

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