Julian Assange qualifie la décision de l’ONU de «victoire indéniable»

Selon la déclaration publiée sur le site officiel du groupe de travail de l'ONU, la détention du lanceur d'alerte Julian Assange a été reconnue illégale.

  • L’évolution de Julian Assange lors de son «séjour» à l’ambassade d’Equateur.

  • Lors de son discours depuis le balcon de l’ambassade d’Equateur, Julian Assange a salué la décision des Nations unies, la qualifiant de «victoire indéniable». Dans le même temps, il a souligné que le Royaume-Uni et la Suède ont perdu au plus haut niveau.

    «Que c’est adorable ! », a proclamé Assange devant la foule brandissant une copie la décision rendue par le comité de l'ONU, qui appelle «les autorités suédoises et britanniques» à «mettre fin à sa détention». Selon lui, le jugement est «historique» non seulement pour lui et sa famille mais aussi pour l’indépendance de l’ONU.

    «C’est une décision selon le droit international humanitaire qui combat le Royaume-Uni, la Suède et surtout les Etat-Unis», a-t-il précisé.

    Le fondateur de WikiLeaks a signalé que l’ONU avait souligné que la décision du groupe spécial était «juridiquement contraignante», ce qui signifie que les tentatives de nier ce jugement par le secrétaire britannique des Affaires étrangères Philip Hammond n’étaient que des «mots».

    Assange a aussi prévenu que si sa «détention illégale et immorale» continue malgré la décision, les responsables de cela en Grande-Bretagne et en Suède feront face à des poursuites criminelles.

    Evoquant ses enfants, il dénoncé le fait qu’il n’a pas eu le droit pendant cinq années de les voir et a ajouté qu’«il est temps qu'ils retrouvent leur père. Cela arrivera, d'une manière ou d'une autre».

    Julian Assange a terminé son discours en remerciant tout le monde à l’ONU, le peuple et le gouvernement de l’Equateur, tous ses partisans à travers le monde, ainsi que les «bonnes personnes» dans les gouvernements britannique, suédois et américain.

  • «La Suède et le Royaume-Uni sont obligés d’accepter cette décision. C'est une honte que ces deux pays défient l’autorité des Nations unies», a estimé Kristinn Hrafnsson, le porte-parole de WikiLeaks, dans une interview à RT.

    «La Suède en particulier fait actuellement campagne pour obtenir un siège au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, tout en attaquant en même temps de manière aussi flagrante les droits de l’Homme. Je crois qu’elle ne mérite tout simplement pas ce siège», a dit le responsable.

    «L’un des objectifs internationaux auxquels la Suède aspire est la lutte contre la détention arbitraire. Et pourtant elle participe à l’exercice de la détention arbitraire contre Julian Assange. C’est une hypocrisie à laquelle il faut mettre fin», a conclu Kristinn Hrafnsson.

    Kristinn Hrafnsson© RT
    Kristinn Hrafnsson

  • «Il est temps que les deux gouvernements (britannique et suédois) corrigent leur erreur, qu'ils remettent en liberté Julian Assange, qu'ils cessent cette détention arbitraire et qu'en outre, ils réparent les dommages causés à cet homme», a déclaré le ministre équatorien des Affaires étrangères Ricardo Patiño lors d’une conférence de presse.

    Ricardo Patino Source: Reuters
    Ricardo Patino

  • La question de l’illégalité de la «détention» de Julian Assange est maintenant «prescrite en droit», a déclaré le journaliste lui-même devant les médias. Les commentaires de Philip Hammond qualifiant de «ridicule» la décision de l’ONU sur cette affaire ne sont pas dignes d’un ministre et visent la «consommation domestique», a-t-il estimé.

    Julian Assange Source: Reuters
    Julian Assange

  • «Cela [les déclarations de Londres et Stockholm sur la décision de l’ONU sur Assange] ouvre la voie à ce que les dictatures rejettent les verdicts de l’ONU. Un précédent dangereux de la part du Royaume-Uni et de la Suède», a écrit Edward Snowden vendredi sur son compte Twitter.

  • «Le Royaume-Uni et la Suède avaient deux mois pour faire appel de la décision du groupe de l’ONU, mais ne l’ont pas fait», a souligné Julian Assange dans une conférence de presse.

    «La juridiction qui a pris la décision a été créée avec la participation du Royaume-Uni et de la Suède au sein de l’ONU. On ne peut pas décider de reconnaitre une organisation, participer à ses procédures, répondre à ses demandes, et à la fin, lorsqu’il se trouve qu’ils ont violé la loi, déclarer ne pas reconnaître les résultats de leur enquête», a expliqué le journaliste.

«Le groupe de travail sur la détention arbitraire a conclu que M. Julian Assange avait été détenu arbitrairement par les gouvernements de Suède et du Royaume-Uni», lit-on dans la déclaration diffusée ce vendredi.

Les enquêteurs ont conclu que le fondateur de WikiLeaks était «en droit de profiter de sa liberté de déplacement et de percevoir des compensations».

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Le fondateur du site WikiLeaks qui diffuse pour le grand public des documents officiels à caractère confidentiel, vit réfugié dans l’ambassade d’Equateur à Londres depuis juin 2012, après que Quito lui ait octroyé le droit d’asile. Un moyen d’éviter de répondre d’accusations de viol devant la justice suédoise, qu'il a pourtant toujours refutés.

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Julian Assange redoute que Stockholm ne profite de sa présence sur le territoire suédois pour l’extrader aux Etats-Unis où il pourrait écoper d’une peine de prison à perpétuité à cause de la publication de documents classifiés par WikiLeaks.

Malgré ses problèmes de santé (une lésion à l'épaule droite, une forte douleur au cœur et aux poumons), le gouvernement britannique ne lui garantit non plus l’immunité s’il quitte son asile pour se rendre chez un médecin.

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