Joint Viking : l’exercice militaire norvégien le plus important depuis la fin de la Guerre froide

Le comté de Finnmark
Le comté de Finnmark

Des manoeuvres militaires sans précédent, mobilisant 5 000 soldats et 400 véhicules norvégiens, ont commencé dans la province la plus septentrionale de la Norvège, qui partage une partie de sa frontière avec la Russie.

Joint Viking, l’exercice militaire norvégien le plus important depuis presque 50 ans, a lieu dans l’extrême Nord-Est du pays, dans le comté de Finnmark, au-delà du cercle polaire. La région est limitrophe de la péninsule russe de Kola.

L’exercice, qui est organisé alors que les tensions ne cessent de croître entre la Russie et , doit durer une semaine. Il faut remonter à 1967 pour retrouver la trace de manœuvres aussi importantes dans cette province.

«Aujourd’hui, l’armée va transporter ses véhicules et ses effectifs à Finnmark et entamer l’exercice Joint Viking. C’est un exercice opérationnel qui mobilise tous les types des armes et de troupes», a déclaré le porte-parole de l’armée norvégienne, le lieutenant-colonel Aleksander Jankov. «Pour mieux illustrer l’ampleur de cet événement, je peux dire que si on mettait tous les véhicules l’un derrière l’autre, ils s’étendraient sur six kilomètres», a poursuivi l’intéressé.

En plus des troupes terrestres norvégiennes, les sous-marins et les navires des forces navales croisent au large du comté de Finnmark. Les avions de combat des forces aériennes ont également été mises en état d'alerte dans le cadre de cet exercice qui doit durer jusqu’au 18 mars.

La hausse de l’activité militaire près des frontières russes ne contribue pas au rétablissement de la confiance dans la région, a noté le ministre russe des Affaires étrangères  après une rencontre avec son homologue espagnol.

«Nous croyons que les problèmes doivent être résolus par un dialogue fondé sur l’égalité et le respect mutuel», a déclaré le ministre russe, tout en soulignant que Moscou se réservait le droit de «répondre d’une manière adéquate» aux exercices norvégiens.

Les forces aériennes russes ont, elles aussi, organisé des exercices la semaine dernière, lors desquels les avions de la base aérienne de Monchegorsk sur la péninsule de Kola se sont entraînés à intercepter des missiles de croisière et des avions de l’ennemi.

La Norvège prévoit d’effecteur un important exercice aérien conjoint au mois de mai. Le programme de l’Arctic Challenge Exercise qui se déroulera au large de la mer de Barents prévoit la participation de plus de 100 avions venant de huit pays membres de l’OTAN. La force opérationnelle interarmées effectuera des raids d’entraînement depuis des terrains d’aviation à Luleå (Suède), Rovaniemi (Finlande) et Bodø (Norvège).

En octobre dernier, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou avait déclaré qu’en 2015, après la mise en place d’un réseau de stations radar en Arctique, la Russie serait prête à «accueillir des hôtes indésirables» venant de n’importe quelle direction.

En décembre 2014, il a été annoncé que la Flotte du Nord russe serait la colonne vertébrale du nouveau Commandement arctique, pouvant être engagée aux latitudes élevées de l’océan Arctique et du Pôle Nord

En février 2015, Sergueï Choïgou a confirmé que la Russie envisageait la protection de ses intérêts nationaux dans l’Arctique, si nécessaire par des moyens militaires, en soulignant la montée de l’intérêt pour les ressources naturelles de l’Arctique venant des pays qui n’ont pas d’accès direct à cet océan.

«Une présence militaire permanente dans l’Arctique et la possibilité de protéger les intérêts de l’Etat par des moyens militaires font partie intégrante de notre politique générale pour assurer la sécurité nationale», a répété le ministre russe de la Défense lors d’une rencontre au ministère.

Il y a quelques années, la  et la Russie, qui ont toutes les deux accès à la mer de Barents et partagent 200 km de frontière, organisaient des exercices militaires conjoints. Le dernier en date, baptisé «Pomor», a eu lieu en 2013. Il a permis aux navires de combat norvégiens de rendre visite au port russe de Severomorsk et à la flotte russe, de mouiller au port de Tromsø au Nord de la Norvège.

Après l’escalade due à la crise en Ukraine et le rattachement de la République de Crimée à la Russie, Oslo a suspendu toute coopération militaire avec Moscou, privilégiant dans le même temps une coopération plus étroite avec les autres pays scandinaves et les membres de l’OTAN.

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