Vers un baril à 300 dollars ? Le vice-Premier ministre russe met en garde contre un embargo

Une torche brûle l'excès de gaz naturel dans un puits de pétrole le 26 août 2021 à Watford City, dans le Dakota du Nord aux Etats-Unis.© Matthew BROWN Source: AP
Une torche brûle l'excès de gaz naturel dans un puits de pétrole le 26 août 2021 à Watford City, dans le Dakota du Nord aux Etats-Unis. (illustration)
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Le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a averti le 7 mars sur les «conséquences catastrophiques» que provoquerait un embargo occidental sur les hydrocarbures russes. Selon lui, l'or noir pourrait ainsi atteindre les 300 dollars.

Alors que l'UE et les Etats-Unis, envisage de ne plus acheter de pétrole russe, le vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak, a estimé le 7 mars qu'une telle mesure entraînerait une explosion des prix du pétrole. 

«Il est tout à fait évident que le refus d'acheter le pétrole russe va aboutir à des conséquences catastrophiques pour le marché mondial», a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée à la télévision publique rapporte Reuters. L'abandon du pétrole russe pourrait selon lui propulser les cours du brut jusqu'à «300 dollars, voire plus».

Pour Alexandre Novak, il est tout bonnement impossible pour les pays européens de remplacer le pétrole russe. «Cela prendra plusieurs années et ce sera bien plus cher pour les consommateurs européens qui seront les victimes principales d'un tel scénario», a-t-il expliqué. «Les responsables politiques européens devraient alors honnêtement avertir leurs citoyens et consommateurs de ce à quoi ils doivent s'attendre et que les prix de l'essence, de l'électricité et du chauffage vont augmenter brusquement», a poursuivi Alexandre Novak.

Le vice Premier-ministre russe a aussi mis en garde les Européens contre des représailles russes en cas d'embargo occidental. «Nous avons tout à fait le droit de prendre une décision similaire et de mettre notre embargo sur les livraisons de gaz via le gazoduc Nord Stream I qui achemine du gaz russe vers l'Europe et qui est rempli actuellement "à 100%"», a-t-il expliqué. Il a néanmoins précisé que le gouvernement russe n'avait «pas pris une telle décision pour le moment [...] bien que les hommes politiques européens nous poussent à cela avec leurs déclarations et accusations».

Des sanctions directes contre les exportations d'hydrocarbures de Moscou ne sont plus un tabou

Les propos du vice-Premier ministre russe font suite aux déclarations de plusieurs hauts-responsables occidentaux confirmant qu'un embargo occidental sur les exportations d'hydrocarbures russes est bien à l'étude. Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a déclaré le 6 mars à ce propos que les Etats-Unis et l'Union européenne discutaient «très activement» de la possibilité d'interdire les importations de pétrole russe en réponse à l'opération militaire russe en Ukraine.

Comme le rapporte l'AFP, la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki a affirmé le 7 mars que le président américain Joe Biden n'avait «pas pris de décision à ce stade» sur un éventuel embargo sur les hydrocarbures russes. Elle a néanmoins précisé que le sujet avait été abordé le même jour lors d'une conversation du président américain avec les dirigeants allemand, français et britannique.

La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a de son côté confirmé que le Congrès étudiait un projet de loi visant à isoler davantage la Russie de l'économie mondiale, notamment en interdisant l'importation de son pétrole et de ses produits énergétiques aux Etats-Unis. Les Européens ne sont guère unanimes sur ce sujet. A l'image de l'Allemagne qui fait partie des pays de l'UE particulièrement dépendants des importations de gaz, pétrole et charbon russes.

De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé le 5 mars qu'une escalade du conflit en Ukraine aurait des conséquences économiques «dévastatrices» au niveau mondial. Outre le conflit lui-même, les sanctions imposées à la Russie «auront aussi un impact substantiel sur l'économie mondiale et les marchés financiers, avec des effets collatéraux pour d'autres pays», selon le FMI.

Au 6 mars, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a frôlé les 140 dollars vers 23h GMT, proche de son record absolu de 147,50 dollars atteint en juillet 2008. Les cours de l'or noir sont ensuite redescendus, avant de progresser à un rythme échevelé : après 6h20 GMT le baril de WTI américain bondissait de 9,04% à 126,14 dollars et celui du baril de Brent de la mer du Nord s'envolait de 10,12% à 130,06 dollars.

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