Soutenue par la France, l'Algérie et les Etats-Unis, la Cédéao met la pression sur le Mali

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Les dirigeants de la Cédéao ont placé le Mali sous embargo. «Des décisions très dures» pour notre expert en relations internationales Claude Blanchemaison, qui livre à RT France son analyse de la situation.

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) ont pris le 9 janvier à Accra, au Ghana, une batterie de mesures économiques et diplomatiques vigoureuses à l'encontre du Mali pour sanctionner les autorités maliennes qui souhaitent prolonger la période de transition qui s'achèverait avec l'organisation d'une présidentielle en 2026. L’éditorialiste Claude Blanchemaison, expert en relations internationales, décrypte la situation. 

«La Cédéao a pris des décisions très dures», déclare Claude Blanchemaison, en référence à la mise sous embargo du pays souhaitée par la Cédéao. L'expert en relations internationales souligne que cela s'expliquerait par «l'attitude du colonel Goïta». Il affirme que la Cédéao avait été «compréhensive» lors du coup d'Etat en août 2020, «discutant avec la junte» et fixant une date en 2022 pour des élections et «un retour à un gouvernement civil».

Sauf que depuis, un deuxième coup d'Etat est survenu en mai 2021. Le colonel Goïta demandant alors cinq ans de plus pour des élections, soit «un retour à la vie civile [pas] avant fin février 2026». Les 15 chefs d'Etats de la Cédéao ont en conséquence estimé que le colonel s'était «un peu moqué d'eux».

Selon Claude Blanchemaison, si le colonel Goïta se dit toujours ouvert à discuter avec la Cédéao, celle-ci «ne se laissera pas faire» et exigera probablement des élections dans un délai très court auquel cas des sanctions seront appliquées. Claude Blanchemaison pense d'ailleurs que la situation sécuritaire au Mali va «encore se dégrader». En ce sens, il constate que les difficultés politiques, sécuritaires ou économiques «se sont accrues du fait de l'entêtement de la junte qui dit vouloir faire des réformes mais qui n'en fait pas».

Au niveau international, la France et les Etats-Unis soutiennent les sanctions

Le 11 janvier, la France, l'Algérie et les Etats-Unis ont en outre soutenu la pression exercée par les Etats ouest-africains sur les autorités maliennes pour qu'elle se plient à l'exigence d'un retour rapide des civils au pouvoir. Le président Emmanuel Macron a assuré que la France et l'Union européenne soutenaient la «position très claire et ferme» de la Cédéao face aux «dérives de la junte». Les Européens se préparent à renforcer à leur tour leurs sanctions, a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis soutiennent également les sanctions ouest-africaines, a annoncé leur ambassadrice à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.

Le voisin algérien, autre allié primordial, a encouragé les militaires maliens à «une attitude responsable et constructive». Le président algérien Abdelmadjid Tebboune juge «raisonnable et justifiable une période de transition d’une durée ferme de 12 à 16 mois», ont exprimé ses services dans un communiqué.

Dans le même temps, la Russie et la Chine ont bloqué, selon des diplomates, l'adoption d'un texte du Conseil de sécurité de l'ONU soutenant les sanctions décidées par la Cédéao.

Proposé par la France, ce texte visait à obtenir une position unie du Conseil à l'égard des militaires à la tête du Mali qui ne prévoient plus d'élections le 27 février comme ils s'y étaient initialement engagés.

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