Accusé de torture, le général émirati Al-Raisi élu président d'Interpol

Accusé de torture, le général émirati Al-Raisi élu président d'Interpol© OZAN KOSE Source: AFP
Le logo d'Interpol photographié à Istanbul le 23 novembre (image d'illustration).
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Sans surprise, le candidat émirati à la présidence honorifique d'Interpol a été élu lors de la 89e assemblée générale à Istanbul. Le général Al-Raisi des Emirats est cependant visé par plusieurs plaintes pour des faits de torture.

Le général émirati Ahmed Nasser Al-Raisi, visé par plusieurs plaintes pour torture en France et en Turquie, a été élu ce 25 novembre à Istanbul président d'Interpol, selon l'agence de coopération policière.

La fonction de président est essentiellement honorifique, le vrai patron de l'organisation étant son Secrétaire général. Mais des organisations de défense des droits de l’Homme et des élus européens s'étaient opposés à l'élection d'Al-Raisi, estimant qu'elle porterait atteinte à la mission d'Interpol.

Le président d'Interpol, désigné pour quatre ans, occupe ses fonctions à temps partiel et de façon bénévole et conserve ses fonctions dans son pays d'origine. 

C'est le secrétaire général Jürgen Stock, nommé pour un second mandat de cinq ans en 2019, qui assure la gestion des affaires courantes.

Pour autant, nombre d'observateurs s'inquiètent d'une arrivée d'Al-Raisi à la présidence de l'organisation.

«Nous sommes profondément convaincus que l'élection du général Al-Raisi porterait atteinte à la mission et à la réputation d'Interpol et affecterait lourdement la capacité de l'organisation à s'acquitter efficacement de sa mission», écrivaient mi-novembre, à la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, trois députés européens dont Marie Arena, présidente de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen.

Les Emirats viennent de faire un chèque de 50 millions d’euros à l’organisation. Le plus gros don jamais reçu par Interpol

En octobre 2020, 19 ONG, dont Human Rights Watch (HRW), s'inquiétaient déjà du choix possible du général émirati, «membre d'un appareil sécuritaire qui prend systématiquement pour cible l'opposition pacifique». Par ailleurs, BFMTV souligne que l'élection ne comportait en réalité que deux candidats et que l'émirati était le favori, avant d'ajouter : «Peut-être parce que les Emirats viennent de faire un chèque de 50 millions d’euros à l’organisation. Le plus gros don jamais reçu par Interpol.» En parallèle, plusieurs plaintes pour torture contre Al-Raisi ont été déposées ces derniers mois en France, où siège l'organisation, et en Turquie, pays hôte de l'Assemblée générale qui se tient à Istanbul depuis le 23 novembre.

L'ONG Gulf Centre for Human rights (GCHR) accuse dans l'une de ces plaintes le général émirati d'«actes de torture et de barbarie» contre l'opposant Ahmed Mansoor, détenu depuis 2017 dans une cellule de 4m2 «sans matelas ni protection contre le froid», ni «accès à un médecin, à l'hygiène, à l'eau et aux installations sanitaires». Ces procédures n'ont pas abouti jusqu'ici.

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