Medvedev fustige les «idiots» qui dirigent l’Europe et dénonce une implication directe de l’Occident
Source: SputnikLe vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a vivement critiqué les élites européennes, les accusant de détruire des décennies de construction diplomatique. Il affirme que l'Occident ne mène plus une guerre hybride mais participe «directement» au conflit, tout en prédisant une méfiance mutuelle qui durera des générations.
Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a fait part de sa vision de la situation sur la scène internationale, en particulier en ce qui concerne les relations entre la Russie et l’Europe. Selon lui, il semblait encore très récemment que la Russie et l’Europe se trouvaient sur une « même ligne de compréhension des problèmes du monde », mais « tout a changé ».
« Maintenant, l’Europe et l’Union européenne sont dirigées par des idiots. Tout simplement des idiots qui détruisent tout ce qui a été fait depuis des décennies, de la Communauté du charbon et de l’acier jusqu’à l’Union européenne d’aujourd’hui », a souligné Medvedev. Il a toutefois ajouté qu’aujourd’hui, l’adversaire de la Russie n’est pas seulement « l’Ukraine bandériste », mais aussi « les dizaines de pays occidentaux qui participent directement à la guerre contre notre pays ».
« Et j’insiste sur la part directe. Ils ne prennent pas une part hybride, mais directe quand ils fixent des objectifs de frappes, quand ils livrent divers types d’armements et quand ils dirigent de fait les actions de notre ennemi », a ajouté le vice-président du Conseil de sécurité russe.
La Russie n'a aucune intention agressive envers l'Europe
Dmitri Medvedev a assuré que la Russie n'avait aucune intention agressive envers les pays européens. « Cependant, ce rouage continue de tourner. On produit des armes en quantité, et pratiquement tous les dirigeants européens, parmi lesquels ceux des pays les plus importants, disent : "nous comprenons que nous devons nous préparer à faire face à une agression et que la guerre est inévitable". Vous comprenez où cela nous mène ? Aussi triste que cela puisse paraître », a-t-il souligné.
Le vice-président du Conseil de sécurité russe a ajouté que si l'on répète chaque jour que la guerre est inévitable, elle finira par éclater. À cet égard, il a appelé les responsables politiques d'aujourd'hui à « se calmer » et à s'efforcer d'engager un dialogue constructif. Selon lui, certains en Europe comprennent cela, tandis que les Américains l'entendent « beaucoup mieux », précisément parce qu’ils sont plus pragmatiques que les Européens.
Medvedev a toutefois déploré que le conflit entre la Russie et les pays européens ne puisse s’achever du vivant de la génération actuelle, estimant qu’il revêt un caractère existentiel. Selon lui, des responsables politiques plus avisés pourraient émerger et permettre de reconstruire une architecture de relations, mais il est d’ores et déjà évident que le degré de méfiance mutuelle sera colossal.
Alexeï Chevtsov, secrétaire adjoint du Conseil de sécurité russe, a dénoncé les tentatives de provocation de l'Occident visant la Russie et ses alliés. Selon lui, les pays occidentaux cherchent à maintenir leur domination mondiale en provoquant des conflits et des crises économiques, tout en imposant des sanctions qu'il qualifie d’« illégales ».
De telles tendances sont notamment visibles dans le conflit ukrainien, alors que les pays occidentaux continuent d'intensifier leur soutien militaire à Kiev, malgré les avertissements de Moscou, se permettant même des déclarations fracassantes, comme celle qualifiant la Russie de « tigre de papier ». Néanmoins, selon le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, la Russie possède « cette qualité qu'on appelle la patience ». « Comme on dit : Dieu a fait preuve de patience, et nous devons en faire autant. Mais la patience a ses limites. Et je pense même que c’est une bonne chose que personne ne sache où se situe cette ligne rouge », a-t-il toutefois averti.