L'Iran invité aux discussions de Vienne sur l'avenir de la Syrie

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammed Javad Zarif et son homologue russe, Sergueï Lavrov.© Maxim Zmeyev Source: Reuters
Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammed Javad Zarif et son homologue russe, Sergueï Lavrov.

Tandis que, pour la 1ère fois, l'Iran est invité aux négociations sur l'avenir de la Syrie, les responsables américains ont déclaré mardi, un changement de stratégie pour mettre fin à la guerre et chasser Bachar el-Assad du pouvoir.

Washington avait déjà évoqué la possibilité que l'Iran rejoigne la table des discussions à l'avenir, mais c'est ce n'est que maintenant qu'elle offre un siège à Téhéran après des jours de négociations tumultueuses avec notamment le grand rival de l'Iran, l'Arabie saoudite. 

Dans une conversation téléphonique mardi, le président américain Barack Obama et le roi saoudien Salmane ont parlé d'une coopération étroite pour lutter contre l'Etat islamique et la création de conditions d'une transition politique en Syrie, selon un communiqué de la Maison Blanche. Ils se sont ainsi engagés à poursuivre les récents efforts diplomatiques.

Le porte-parole du département d'Etat américain John Kirby a ainsi fait savoir que les modalités de Vienne étaient encore «en cours de finalisation», tout en assurant qu'il est «prévu que l'Iran sera invité à assister à la prochaine réunion à venir».

Car si les États-Unis n'approuvent pas les «actions de déstabilisation» de l'Iran en Syrie, Kirby a assuré que les fonctionnaires «ont toujours reconnu que, à un certain point de la discussion, se déplaçant vers une transition politique, nous devons avoir une conversation et un dialogue sérieux avec l'Iran».

Cette décision de la part des Etats-Unis et de leurs alliés d'élargir les pourparlers sur la question syrienne intervient quelques jours seulement après que le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, ait affirmé à Vienne la nécessité d'intégrer d'autres facteurs régionaux aux négociations.

Le ministre russe avait alors estimé, lors de cette rencontre, que «le quartet actuel [Russie, Etats-Unis, Arabie saoudite et Turquie] ne s’approprie pas tous les efforts», estimant qu’il faut «encore attirer d’autres pays dans le processus», évoquant notamment l’Iran et l’Egypte «qui peuvent beaucoup influencer la situation», ainsi que le Qatar, la Jordanie et les Emirats arabes unis.

Il n'est néanmoins pas dit que l'Iran accepte cette invitation. Son chef suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a exclu de nouvelles négociations avec les Etats-Unis depuis l'accord sur le nucléaire à long terme signé en Juillet avec cinq autres pays.

Les États-Unis, la Russie, l'Arabie saoudite et la Turquie se sont rencontrés la semaine dernière à Vienne, en mettant en avant de nouvelles idées pour relancer les espoirs diplomatiques. Cependant, ils sont restés profondément divisés sur l'avenir de Bachar el-Assad. 

Les États-Unis et leurs partenaires affirment que Assad peut participer à une «transition politique», mais devra quitter le pouvoir à la fin du processus. La Russie et l'Iran quant à eux, rejettent ce projet. Des désaccords subsistent également sur des points comme la durée de la transition, la rédaction d'une nouvelle constitution et de futures élections futures.

Le prochain rendez vous des pourparlers diplomatiques débuteront jeudi et vendredi à Vienne. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ainsi que plusieurs diplomates européens et arabes y seront présents. 

En plus de l'Iran, la réunion de cette semaine sera élargie pour inclure des pays comme la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, la Jordanie et les Emirats arabes unis.

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