Géorgie, Ukraine: le chef du Pentagone en tournée autour de la mer Noire avant une réunion de l'OTAN

Géorgie, Ukraine: le chef du Pentagone en tournée autour de la mer Noire avant une réunion de l'OTAN© IRAKLI GEDENIDZE Source: Reuters
Lloyd Austin lors de son arrivée à Tbilissi en Géorgie le 18 octobre.
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Si aucune adhésion imminente de l'Ukraine à l'OTAN n'est au programme malgré l'insistance de Kiev, le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin continue à afficher son soutien aux pays entourant la mer Noire, agitant une prétendue menace russe.

Le secrétaire d'Etat américain à la Défense Lloyd Austin a débuté le 17 octobre une tournée sur le pourtour de la mer Noire, au centre de tensions récurrentes entre l'OTAN et la Russie. Le chef du Pentagone a prévu un passage en Géorgie, en Roumanie et en Ukraine avant de participer au sommet des ministres de la Défense de l'Alliance atlantique, qui se tiendra en présentiel à Bruxelles les 21 et 22 octobre.

«Nous réaffirmons et renforçons la souveraineté des pays qui sont en première ligne de l'agression russe», a déclaré à la presse avant le voyage un haut responsable de la Défense américaine cité par le Washington Times. À l'horizon, la perspective d'un élargissement de l'OTAN, dont la Géorgie et l'Ukraine ne sont pas membres. 

En Géorgie, Lloyd Austin, qui est le premier chef du Pentagone à retourner dans le pays depuis 2014, a prévu de rencontrer le Premier ministre Irakli Garibashvili et le ministre de la Défense Juansher Burchuladze, avec pour objectif principal de poursuivre la coopération en matière de défense alors qu'un programme de formation de trois ans de l'armée américaine arrive à échéance cette année. En Ukraine, le ministre américain s'entretiendra avec le président Volodymyr Zelensky et le ministre de la Défense Andriy Taran. Enfin, en Roumanie, il rencontrera le président Klaus Iohannis et le ministre de la Défense nationale Nicolae-Ionel Ciuca, dans un contexte de nouvelle crise politique dans le pays. 

L'Ukraine, prétendant gênant ? 

Cette tournée intervient alors que Joe Biden a récemment exprimé des réserves sur la question de l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN. En juin, quelques minutes après un tweet enthousiaste du président ukrainien laissant présager une adhésion imminente de son pays à l'alliance, Joe Biden avait déclaré que le pays avait «plus à faire», notamment en termes de lutte contre la corruption.

«En attendant, nous ferons tout notre possible pour que l'Ukraine soit en mesure de continuer à résister à l'agression physique de la Russie. Cela ne dépendra pas uniquement de moi [...], cela dépendra de l'Alliance dans son ensemble. Il va falloir que les Ukrainiens convainquent et ce n'est pas une chose aisée», avait-il par ailleurs déclaré.

Joe Biden a réitéré ce positionnement en septembre à l'occasion de la visite du président Zelensky à Washington, en lui promettant de l'aider de nouveau contre «l'agression» russe, en lui fournissant en particulier des équipements militaires.

Autre poids lourd de l'OTAN, l'Allemagne avait elle aussi confessé récemment ne pas envisager dans l'immédiat d'adhésion de l'Ukraine, comme l'avait fait savoir Ulrike Demmer, une porte-parole du gouvernement allemand citée par DW en avril.

«L'Ukraine a le droit de choisir librement et a ses propres besoins politiques. Néanmoins, aucune étape supplémentaire en vue de son adhésion n'est envisagée en ce moment», avait-elle commenté, tout en soulignant que la porte de l'organisation militaire restait «ouverte».

Outre la problématique de la corruption des autorités, l'Ukraine est particulièrement instable sur le plan politique. Les tensions militaires se cristallisent autour de la région du Donbass, dans l'Est du pays, où deux républiques autoproclamées ont fait sécession après le coup d'Etat de 2014 qui a renversé le président Viktor Ianoukovitch, et le rattachement de la Crimée à la Russie.

D'une manière générale, malgré le discours de soutien affiché par Washington et ses alliés européens, Kiev s'impatiente. «Nous ne pouvons pas rester indéfiniment dans la salle d'attente de l'UE et de l'OTAN», résumait ainsi le dirigeant ukrainien dans une interview au Figaro le 15 avril, alors que la tension entre Moscou et Kiev était montée d'un cran.

La mer Noire, zone sous haute tension

Autre dossier sensible qu'emporte avec lui Lloyd Austin : celui d'un possible élargissement de l'Alliance à la Géorgie.

Les Etats-Unis mènent des programmes militaires depuis des années avec l'armée géorgienne. Le programme actuel prend fin en décembre. «Nous nous attendons à ce que les réunions soient axées sur l'approfondissement de notre coopération, les questions de sécurité régionale et le processus d'intégration de la Géorgie à l'OTAN», a déclaré David Zalkaliani, le chef de la diplomatie géorgienne, en amont de la visite du secrétaire américain à la Défense.

Mais la situation du pays est loin d'être stable et les tensions perdurent avec la Russie. Moscou reconnaît en effet depuis 2008 l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud (prononcée au terme d'un conflit sanglant), deux régions que la Géorgie considère comme son territoire. 

La mer Noire est par ailleurs le théâtre d'incidents récurrents comme en juin dernier, lorsque la Russie a accusé un destroyer britannique d'avoir violé ses eaux territoriales en Crimée.

Si les pays de l'OTAN pointent du doigt Moscou, la Russie, elle, se dit inquiète de la multiplication des manœuvres de l'alliance militaire à ses frontières. 

«L’échelle [des activités russes à la frontière ukrainienne] ne dépasse pas celle des années précédentes et semble beaucoup plus modeste que l’envergure des exercices des forces armées ukrainiennes et des pays de l’OTAN qui se déroulent près des frontières de l’Ukraine et directement sur le sol ukrainien», soulignait ainsi la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova en mars.

Enfin, la visite de Lloyd Austin à Bruxelles au siège de l'OTAN comportera un autre point de tension : le différend entre la France d'une part et les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie d'autre part. Il s'agira en effet du premier sommet rassemblant les diplomaties françaises et américaines depuis l'annulation du «contrat du siècle», portant sur la vente de sous-marins, et qui avait été vue comme une véritable «humiliation» par certains observateurs.

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