Un cas d'infection au virus Ebola confirmé à Abidjan en Côte d'Ivoire

- Avec AFP

Un cas d'infection au virus Ebola confirmé à Abidjan en Côte d'Ivoire© Luc GNAGO
Un affiche met en garde contre Ebola, à Abidjan, le 10 septembre 2014 (image d'illustration)
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Dans la capitale économique ivoirienne, une jeune fille âgée de 18 ans de nationalité guinéenne a été détectée positive à cette maladie grave souvent mortelle. Une situation qui a fait réagir le gouvernement du pays et qui inquiète l'OMS.

Un cas d'Ebola a été confirmé en Côte d'Ivoire pour la première fois depuis 1994. Détecté à Abidjan, il survient près de deux mois après l'annonce de la fin de l'épidémie de 2021 en Guinée voisine, ce qui est «extrêmement préoccupant», selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Sur la chaîne de télévision nationale RTI, le ministre ivoirien de la Santé Pierre Dimba s'est exprimé en ces termes : «[Les autorités] ont été informées ce jour [14 août] par l'Institut Pasteur d'un cas positif de maladie à virus Ebola après examen d'un échantillon prélevé [le 13 août] sur une jeune fille âgée de 18 ans de nationalité guinéenne». Le ministre a précisé que cette jeune femme avait quitté la ville de Labé en Guinée par la route et était arrivée en Côte d'Ivoire le 11 août.

«Il s'agit d'un cas isolé et importé», a-t-il assuré, ajoutant que la patiente était «actuellement en isolement et prise en charge au centre de traitement des maladies hautement épidémiques du CHU de Treichville», à Abidjan.

Réactivation du système de riposte face au virus 

Selon le ministre, la Côte d'Ivoire dispose de vaccins contre Ebola et «procèdera à la vaccination des groupes cibles, personnel de santé de première ligne, contacts immédiats de la patiente, forces de sécurité à nos frontières».

L'OMS a précisé dans un communiqué que «5 000 doses de vaccin anti-Ebola» obtenues «pour combattre l’épidémie en Guinée» devaient être acheminées en Côte d'Ivoire.

Une réunion interministérielle d'urgence s'est tenue le 14 août en fin d'après-midi à Abidjan sous la présidence du Premier ministre ivoirien Patrick Achi.

Parmi les mesures prises figurent la réactivation du système de surveillance et de riposte au virus Ebola mis en place pendant la dernière épidémie en Guinée, l'organisation «du suivi de tous les contacts identifiés, la poursuite du strict respect des mesures barrières édictées contre le Covid-19 qui restent valables pour la maladie à virus Ebola» et une «collaboration transfrontalière intense avec la Guinée».

Le dispositif sanitaire pour le contrôle de la maladie existe et a été éprouvé avec succès par le passé

«Le gouvernement rassure les populations et les invite à la sérénité», a déclaré Pierre Dimba. «Toutes les dispositions sont prises pour faire face à cette situation ; le dispositif sanitaire pour le contrôle de la maladie existe et a été éprouvé avec succès par le passé», a-t-il assuré.

Bien que la Côte d’Ivoire ait des frontières communes avec la Guinée et le Libéria – deux pays durement frappés par Ebola entre 2014 et 2016 –, elle n’avait enregistré aucun cas confirmé de la maladie à virus Ebola depuis 1994, «l’année où un scientifique avait été infecté durant une épidémie chez les chimpanzés», précise l'OMS.

Un taux de létalité de 25 à 90%

«Il est extrêmement préoccupant que cette épidémie ait été déclarée à Abidjan, une métropole de plus de quatre millions d’habitants», a estimé la directrice régionale de l’OMS pour l'Afrique, Matshidiso Moeti. «Cependant, l’essentiel de l’expertise mondiale en matière de lutte contre la maladie à virus Ebola se trouve ici, sur le continent, et la Côte d’Ivoire peut tirer parti de cette expérience pour accélérer la riposte», a-t-elle tempéré.

La Guinée et l'OMS ont officiellement annoncé le 19 juin dernier la fin de la deuxième épidémie d'Ebola dans ce pays, quelques mois après la réapparition de cette maladie rapidement vaincue grâce à l'expérience accumulée entre fin 2013 et 2016, période où elle avait fait des milliers de morts.

Il s'agissait alors de la pire épidémie au monde depuis l'identification du virus en 1976. Elle s'était soldée par la mort de plus de 11 300 personnes, principalement en Guinée (2 500 morts), au Liberia et en Sierra Leone – trois pays qui figurent parmi les plus pauvres au monde. De l'aveu même de l'OMS, le bilan serait cependant sous-évalué.

En 2021, un total de 16 cas confirmés et sept cas probables ont été recensés lors de cette dernière épidémie en Guinée. Selon l'OMS, 11 patients ont survécu et 12 sont décédés. Après la déclaration de fin d'épidémie d'Ebola, la Guinée devait entrer dans une période de surveillance épidémiologique renforcée de trois mois.

«Aucun élément n’indique que le cas détecté en Côte d’Ivoire soit lié à la récente flambée épidémique qui a touché la Guinée», estime l'OMS, qui précise qu'une «enquête plus approfondie et un séquençage génomique permettront d’identifier la souche du virus et de déterminer s’il existe un lien».

Ebola est une maladie à virus fréquemment mortelle, entraînant des fièvres souvent hémorragiques chez les êtres humains et d’autres primates. «Les taux de létalité ont varié de 25 à 90% lors des épidémies précédentes», indique l'OMS, qui précise toutefois qu'il existe désormais un traitement efficace. «Si les patients sont pris en charge à un stade précoce de la maladie, avec en parallèle des soins de soutien, leurs chances de survie s’améliorent considérablement», explique l'organisation.

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