Opposant biélorusse interpellé après un atterrissage d'urgence : l'UE hausse le ton

Opposant biélorusse interpellé après un atterrissage d'urgence : l'UE hausse le ton© Vasily Fedosenko Source: Reuters
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Cliché pris à Minsk le 7 novembre 2019 (image d'illustration).
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Un ex collaborateur de la chaîne d'opposition biélorusse Nexta a été interpellé à l'aéroport de Minsk, après que son vol Athènes-Vilnius s'y soit posé à la suite d'une «alerte à la bombe». A l'international, les réactions se multiplient.

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  • Le Hamas a nié toute implication dans l'affaire du détournement d'avion. La Biélorussie avait accusé le groupe palestinien d’être derrière l’alerte à la bombe à l'origine de son atterrissage en urgence à Minsk le 23 mai.

  • L'ONG Reporters sans frontières (RSF)  a annoncé avoir déposé plainte en Lituanie contre le président bélarusse Alexandre Loukachenko pour «détournement à des fins terroristes».

  • Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra le 26 mai en milieu de journée une réunion informelle d'urgence à huis clos sur la Biélorussie. 

  • Lors d'une conférence de presse ce 25 mai à Bruxelles, Emmanuel Macron a évoqué le possible durcissement des sanctions contre Minsk. Alors qu'un journaliste de France TV notait que les multiples sanctions économiques prises contre la Biélorussie, mais également la Russie, n'avaient pas pour effet d'infléchir la politique de ces pays, Emmanuel Macron a reconnu : «Nous sommes à la limite des politiques de sanctions.»

    Auteur: RT France

    Réagissant aux propos du journalistes, qui l'interrogeait sur la nécessité de prendre des sanctions plus fortes, le dirigeant français a poursuivi en retournant la question : «Dans ces cas là on lance un conflit armé ? On rompt simplement les relations ?»

    Evoquant la relation de la France avec la Russie, Emmanuel Macron a affirmé : «la politique des sanctions progressives sur des situations gelées n'est plus une politique efficace». «Nous sommes à un moment de vérité dans notre relation avec la Russie qui doit nous conduire à repenser les termes de la tension qu'on décide d'installer», a-t-il poursuivi.

  • Les Etats membres de l'UE se sont mis d'accord pour se pencher sur des sanctions contre la Biélorussie, annonce Angela Merkel. Loukachenko doit «payer le prix fort» pour «un acte infâme» a, de son côté, ajouté le chef de la diplomatie allemande.

  • Minsk a invité plusieurs organisations, dont l'Association internationale du transport aérien et l'Organisation de l'aviation civile internationale, afin d'établir les «circonstances» de l'atterrissage forcé d'un avion de ligne en Biélorussie.

  • «On ne peut qu'exprimer nos regrets. Contourner l'espace aérien d'un assez grand pays, situé au centre de l'Europe, est très coûteux pour n'importe quelle compagnie aérienne», a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, au sujet de la fermeture de l'espace aérien de l'UE aux avions biélorusses.

  • Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a demandé la libération immédiate du journaliste d'opposition Roman Protassevitch et de sa compagne «qui devraient tous deux être autorisés à se rejoindre leur destination prévue en Lituanie».

  • Marine Le Pen a estimé ce 25 mai que le détournement d'un avion de ligne européen par le Bélarus était «un acte de piraterie» constituant «une violation grave du droit international», qui nécessitait des sanctions à l'encontre des responsables politiques biélorusses : «Il est tout à fait légitime que les condamnations pleuvent sur cet acte qui n'est pas admissible», a déclaré la présidente du Rassemblement national sur BFMTV.

    Et de préconiser : «Qu'il y ait des sanctions qui puissent toucher des responsables politiques biélorusses pour leur faire comprendre qu'on ne peut pas se comporter ainsi, oui, mais sanctionner les peuples n'est jamais la bonne solution.»

  • Le chef de l'opposition biélorusse en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, a appelé les Etats-Unis et le G7 à l'action contre le chef de l'Etat Alexandre Loukachenko, accusé d'avoir détourné un avion de ligne pour arrêter un opposant à bord.
    Après un entretien avec le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan, elle a appelé sur Twitter «les Etats-Unis à isoler le régime et à faire pression avec des sanctions» puis sur Telegram à «la participation des forces démocratiques biélorusses au G7» prévu en juin au Royaume-Uni.

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La chaîne d'opposition biélorusse Nexta a annoncé le 23 mai que l'un de ses anciens collaborateur, Roman Protassevitch, avait été interpellé à l'aéroport de Minsk après un atterrissage d'urgence de son vol en provenance d'Athènes vers Vilnius.

Selon les autorités, l'avion a dévié de sa trajectoire à cause d'une «alerte à la bombe». Nexta a affirmé que l'atterrissage d'urgence avait été suscité par une «bagarre» déclenchée par des agents des services de sécurité biélorusses, présents à bord, et qui affirmaient qu'un engin explosif se trouvait dans l'appareil.

L'aéroport de Minsk, cité par l'agence de presse officielle Belta, a affirmé que l'alerte à la bombe s'était révélée «erronée» après une fouille du Boeing. Le président Alexandre Loukachenko a quant à lui donné l'ordre personnellement à un avion de chasse MiG-29 d'intercepter l'avion après cette alerte, a déclaré son service de presse.  

Paris dénonce un acte «inacceptable», appelle à une «réponse ferme et unie» des Européens

L'incident a immédiatement suscité des réactions de plusieurs chancelleries européennes. Le président lituanien Gitanas Nausėda a dénoncé un acte «abject», exigeant que Minsk libère Roman Protassevitch. 

La France a dénoncé le «détournement» par les autorités biélorusses d'un avion transportant un opposant biélorusse et réclamé une réponse «ferme et unie» des 27 Etats membres de l'UE. «Le détournement par les autorités biélorusses d’un vol de @Ryanair est inacceptable. Une réponse ferme et unie des Européens est indispensable», a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian sur Twitter.

L'Allemagne a de son côté demandé une «explication immédiate» à la suite du déroutage de l'avion. «Le Royaume-Uni est alarmé par les informations faisant état de l'arrestation du journaliste de @nexta_tv Roman Protassevitch et des circonstances qui ont conduit son avion à atterrir à Minsk. Nous nous coordonnons avec nos alliés. Cette action extravagante de Loukachenko aura de graves conséquences», a tweeté le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab. Le Premier ministre polonais a quant à lui estimé qu'il s'agissait de «terrorisme d'Etat». 

«C'est totalement inadmissible. Nous tenons le gouvernement du Bélarus pour responsable de la sécurité de tous les passagers et de l'appareil», a également réagi sur Twitter le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell.

En novembre dernier, les autorités biélorusses avaient placé Roman Protassevitch sur la liste des «individus impliqués dans des activités terroristes». Le jeune homme est un ancien collaborateur de Nexta, un média ayant joué un rôle de premier plan dans la vague de contestation de la réélection en 2020 du président Alexandre Loukachenko, qui occupe cette fonction depuis 1994.

La Biélorussie a en effet connu un important mouvement de contestation après la réélection du président Alexandre Loukachenko avec environ 80% des voix (et plus de 10% pour sa principale rivale, Svetlana Tikhanovskaïa). La police a réagi en procédant à des milliers d'arrestations de manifestants après le scrutin ce qui a valu à Minsk la condamnation par de nombreux pays occidentaux ainsi que des sanctions économiques.

Alexandre Loukachenko avait quant à lui rapidement dénoncé les mobilisations antigouvernementales en évoquant, «des appels à téléguider» les protestataires depuis l'étranger.

Le 11 février, Alexandre Loukachenko a déclaré que son pays avait «subi une attaque des plus cruelles de l'extérieur» mais que ce «blitzkrieg» avait échoué. Selon le chef de l'Etat, un projet de nouvelle constitution sera soumis à un référendum en 2022.

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